‹ OEuvresChapitre 62 sur 286 · GONTBE LA MÉDIOCRITÉ · texte numérisé non relu

GONTBE LA MÉDIOCRITÉ

Si l'on pouvait dans la médiocrité n'être ni glorieux, ni timide, ni envieux, ni flatteur, ni préoccupé des besoins et des soins de son étàtl Lorsque le dédain et les manières de tout ce qui nous environne concourent à nous abaisser, si l'on savait alors s'élever, se sentir, résister à la multitude !... Mais qui peut soutenir son esprit et son cœur audessus de sa condition ' 7 Qui peut se sauver des faiblesses que la médiocrité traîne avec soi 7

Dans les conditions éminentes, la fortune au moins nous dispense de fléchir devant ses idoles; elle nous dispense de nous déguiser, de quitter notre caractère, de nous absorber dans les riens ; elle nous élève sans peine au-dessus de la vanité, et nous met au niveau du grand; et si nous sommes nés avec quelques vertus, les moyens et les occasions de les employer sont en nous. Enfin, de même qu'on ne peut jouir d'une grande fortune avec une âme basse et un petit génie, on ne saurait jouir d'un grand génie ni d'une grande âme, dans une fortune médiocre ^

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