‹ OEuvres. Vec une notice biographiqueChapitre 196 sur 402 · LIVRE H, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIVRE H, CHAP. XII

.„^miamiccia est WMI pnM, tastqné Wmrrmnmt passhn moiut ëè HoMtu «mttt* > ;

nous ne disons pas que riiomme souffre quand les vers luy rongent ses membres de quoy il vivoit, et que la terre les consomme ;

S4 nihil hoc ad uo$, qui cOltu conjugioqae Corporit atque animœ coiuisiimus uniter apli '.

Davantage, sur quel fondement de leur justice peuvent les dieux recognoislre et recompenser à riiojnme après sa mort ses actions bonnes et vertueuses, puisque ce sont eulx mesmes qui les ont acheminées et produictes en luy ? Et pourquoy s'offensent ils et vengent sur luy les vicieuses, puisqu'ils l'ont eulx mesmes produict en ceste condition fauUiere, et que d'un seul clin de leur volonté ils le peuvent empescher de faillir? Epicurus opposeroit il pas cela à Platon , avecques grand' apparence de l'humaine raison, s'il ne se couvroit souvent par ceste sentence : « Qu'il est impossible d'estabUr quelque chose de certain de i'immortetle nature par la mortelle? » Elle ne îaict que fourvoyer partout , mais spécialement quand elle se mesle des choses divines. Qui 'e sent plus évidemment que nous? car encore» que nous luy ayons donné des principes eer tains et infaillibles, encores que nous esclairions ses pas par la saincte lampe de la vérité qu'il a pieu à Dieu nous communiquer, nousveoyons pourtant journellement, pour peu qu'elle se desiourne ou escarte de la voye trassée et battue par l'Eglise, comme tout aussitost elle se perd, s'embarrasse et s'entrave, tournoyant et flottant dans ceste mer vaste, trouble et ondoyante des opinions humaines, sans bride et sans but : aussitost qu'elle perd ce grand et commun chemin, elle se va divisant et dissipant en mille routes diverses.

LTiomme ne peult estre que ce qu'il est, ny imaginer que selon sa portée. C'est plus grande presumption, dict Plutarque^ à ceulx qui ne sont qu'hommes, d'entreprendre de parler et discourir des dieux et des demy dieux, que ce

(1) Eu effet, dès que le cours de la vie, esl inlerrompu, le rtMMivement abandonne tous les seus et se dUsipe. Llcb., IU, 87i.

(J) Ceb De nous louche pas, puisque nous somnies un tout rorn)é du mariage du corps et de l'imc. Uca., Ill, 837.

(3) Dans le traité. Pourquoi la justice divine diffire quelquefois la pitniUon des maiefices.c. 4 de la version d'Amyoï. G.

n'est à un homme ignorant de musique vouloir juger de ceulx qui chantent, ou à un homme qui ne feut jamais au camp vouloir disputer des armes et de la guerre, en présumant comprendre par quelque legiere conjecture les effects d'un art qui est hors de sa cognoissance. L'anc ienneté pensa, ce crois je, faire quelque chose pour la grandeur divine, de l'apparier à l'homme, la vestir de ses facultés et estrener de ses belles humeurs et plus honteuses nécessités, luy offrant de nos viandes à manger, de nos danses, mommeries et farces à la resjouïr, de nos vestements à se couvrir, et maisons à loger, la caressant par l'odeur des encens et sons delà musique, festons et bouquets, et, pour l'accommoder à nos vicieuses passions, flattant sa justice d'une inhumaine vengeance, l'esjoaïssant de la ruyne et dissipation des choses par elle créées et conservées : comme Tiberius Sempronius * qui feit brusler , pour sacrifice à Vulcan, les riches despouilles et armes qu'il avoit gaigné sur les ennemis en la Sardaigne; et Paiil EmWe^ celles de Macédoine, à Mars et à Minerve ; et Alexandre ', arrivé à l'océan Indique, jecta en mer, en faveur de Thetis , plusieurs grands vases d'or ; remplissant en oultre ses autels d'une boucherie, non de bestes innocentes seulement, mais d'hommes aussi , ainsi que plusieurs nations, et entre aultres la nostre, avoient en usage ordinaire ; et crois qu'il n'en est aulcune exempte d'en avoir faict essay.

Siûmane (reaias Quatuor hic juven^s, toiidan, quos educat Ifent, rivenles rapit, inferias quos itnmolet umbrls 4.

LesGetesS se tiennent immortels; et leur mourir n'est que s'acheminer vers leur dieu ZamoU xis. De cinq en cinq ans, ils despeschent vers luy quelqu'un d'entre eulx pour le requérir des choses nécessaires. Ce député est choisi au sort; et la forme de le despescher , après l'avoir de bouche informé de sa (îharge, est que, de ceuLx

(1) TiTE LivE, XU, 16.

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