‹ OEuvres. Vec une notice biographiqueChapitre 197 sur 402 · ID., XLV, S3. G · texte numérisé non relu

ID., XLV, S3. G

(3) ARRIE5, VI, 19, et DIODORE M SiOLE, XVII, 104, SOOt IM

seuls bistorieos d'Alexandre qui parient des votes d'or jetés dans rocéan, mais ils ne diceot rien de la boucherie d'hommes. G.

(4) Enée saisit quatre jeunes goerriers, fils de Sulœofie, el quatre, nourris sur les tH>rds de rcfcns, pour les immoler vivants aux mânes de Pailas. viRC, Eneid.^ X, 517.

(5) IIU0D0T.,1V,94. J. V. L.

ESSAIS DE MONTAIGNE

qui l'assistent, trois tiennent debout autant de javelines, sur lesquelles les aultres le lancent à force de bras. S'il vient à s'enferrer en lieu mortel et qu'il trespasse soubdain, ce leur est certain argument de faveur divine : s'il en eschappe, ils Testiment meschant et exsecrable, et en députent encores un aultre de mesme. AmestrisS mère de Xerxès, devenue vieille, feit, pour une fois, ensepvelir touts vifs quatorze jouvenceaux des meilleures maisons de Perse, suyvant la religion du païs, pour gratifier à quelque dieu soubterrain. Encores aujourd'buy les idoles deTbemixtitan se cimentent du sang des petits enfants : et n'aiment sacrifice que de ces puériles et pures âmes : justice affamée du sang de l'innocence !

Tantum relliyio poiuil suadere malorum ' .'

Les Carthaginois^ immoloient leurs propres enfants à Saturne, et qui n'en avoit point en achetoit, estant cependant le pereetlamcre tenus d'assister à cest office avecques contenance gaye et contente.

C'esîoit une estrange fantasie de vouloir payer la bonté divine de nostre affliction; comme les Lacedemoniens*, qui mignardoient leur Diane par le bourrellement des jeunes garsons qu'ils faisoient fouetter en sa faveur souvent jusques à la mort : c'estoit une humeur farouche de vouloir gratifier l'architecte de la subversion de son bastiment et de vouloir garantir la peine due aux coulpables par la punition des non coulpables; et que la pauvre Iphigenia, au port d'Aulide, par sa mort et par son immolation, deschargeast envers Dieu l'armée des Grecs des offenses qu'ils avoient commises;

F.t ca.ita inceste, nubendi tempore in ipso, Hosiia concideret mactatu mœsla parentis^ :

et ces deux belles et généreuses âmes des deux Decius, père et fils, pour propitier la faveur des dieux envers les afiaires romaines, s'allassent jecter à corps perdu à travers le plus espais

(1) Plvt., aela Superstition, clZ; et Hérodot.jVII. H4 Ames- Iris élail femme de Xerxès. G.

(2) Tnnl la religion a pu conseiller de crimes ! Lccr., 1, 102. (7-, PiXT., de la Superstition, c. 13. C.

fi) lu., Apophtheqiiies de^ iMcedt'tnoniens, vers la li.i. C.

(.'•) Que celle \ierge inforlmiee, au mcmcnl desilné à son hiiiiLii , o\i)ii'c ^yiis les (Oiip-i impiioyaidcs U'nii pore. içcp.. ,99.

des ennemis : Quœ fuit tanta deorum iniquitas, ut placari populo romano non passent nisi taies viri oct'idissent '? Joinct que ce n'est pas au criminel de se faire fouetter à sa mesure et à son heure; c'est au juge, qui ne met en compte de chastiment que la peine qu'il ordonne et ne peult attribuer à punition ce qui vient à gré à celuy qui le souffre : la vengeance divine présuppose nostre dissentiment entier pour sa justice et pour nostre peine. Et feut ridicule Thumeur de Polycrates^, tyran de Samos, lequel, pour interrompre le cours de son continuel bonheur et le compenser, alla jecter en mer le plus cher et précieux joyau qu'il eust, estimant que par ce malheur aposté il satisfaisoit à la révolution et vicissitude de la fortune : et elle, pour se mocquer de son ineptie, feit que ce mesme joyau reveinst encores en ses mains, trouvé au ventre d'un poissoii. Et puis, à quel usage les deschirements et desmembrementsdes Corybantes, des Menades, et, en nos temps, des Mahumetans qui se balafrent le visage, l'estomach, les membres pour gratifier leur prophète: veuque l'offense consiste en la volonté, non en la poictrine, aux yeulx, aux genitoires, en l'embonpoinct, aux espaules et au gosier? Tantus est perturbâtes mentis, et sedibus suis pulsœ furor, ut sic dii placentur, quemadmodum ne homines quidem sœviunt s. Geste contexture naturelle regarde, par son usage, non seulement nous, mais aussi le service de Dieu et des aultres hommes; c'est injustice de l'affoler à nostre escient, comme de nous tuer pour quelque prétexte que ce soit : ce semble estre grande lascheté et trahison de masîiner et corrompre les functions du corps, stupides et serves, pour espargner à l'ame la solicitude de les conduire selon raison: Ubi iratos deos timent, qui sic propitios habere merentur?...ln regiœ libidinis voluptalem castrati sunt quidam; sed nemo sibi, ne tir esset,jubente domino, manus intulil *. Ainsi remphssoient ils leur religion de plusieurs mauvais effects :

(1) Comment les dieux élaient-ils si irrités contre le peui)!c romain qu'ils ne pussent être satisfaits qu'au prix d'un sang si généreux? Cic, de Hat. deor , III, 6.

(2) HÉR., m, 4! et 42. J. V. L.

(3) Tel est leur délire, telle est leur fureur, qu'ils pensent apaiser les dieux en surpassant toutes les cruautés des hommes, S. Alglstin, de Civil. Del, VI, 10

(4) De quelles actions pensenHIs que les s'«ex»*'»'vvuUVi

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