CHAR V
tre la nature! Cest grand' simplesse d'along(T et anticiper, comme chascun faict, les incommodités humaines : j'aime mieaix estre moins longtemps vieil que d'estre vieil avant que df l'estre* : jnsqnes aux moindres occasions de plaisir que je puis rencontrerije les empoigne. Je cognois bien, par ouï dire, plusieurs espèces de voluptés prudentes, fortes et glorieuses : mais l'opinion ne peult pas assez sur moy pour m'en mettre en appétit ; je ne les veulx pas tant magnanimes, magnifiques et fastueuses comme je les veulx doulcereuses, faciles et prestes : A naiura discedimus ; populo nos damus, nullitis rei bono auctori^. Ma philosophie est en action, en usage naturel et présent, peu en fantasie : prinsse je plaisir à jouer aux noisettes et à la toupie!
iVon ponebat enim rumores ante salutem ^.
La volupté est qualité peu ambitieuse : elle s'estime assez riche de soy, sans y mesler le prix de la réputation ; et s'aime mieulx à l'umbre. Il fauldroit donner le fouet à un jeune homme qui s'amuseroit à choisir le goust du vin et des saulces : il n'est rien que j'aye moins sceu, et moins prisé ; à ceste heure je l'apprends, j'en ay grand' honte, mais qu'y ferois je? j'ay encores plus de honte et de despit des occasions qui m'y poulsent. C'est à nous à resver et à baguenauder : et à la jeunesse à se tenir sur la réputation et sur le bon bout : elle va vers le monde, vers le crédit; nous en venons: Sihi arma, sihi equos, sibi hastas, sibi clavam, sibi pilam, sibi natationes et cursus habeant;nobis senibus, ex lusionibus multis , taîos relinquant et tesseras ^ : les loix mesmes nous envovent
(1) c'est mol pour mot ce que dit Cicéron dans son traité de ta Vieillesse, c. 19 : Ego vero me minus diii senem esse inatlem, qutun esse senem antequum essem. Ici Montaigne copie celte pensée ; et ailleurs, il oiiiique la manière dont Cicéron l'a exprimée. Voy. 1. II, c. 10, t. II, p. 4Sa. C.
(2) Nous abandonnons la nature; et nous prenons poor guide le peuple, qui ne sait que nous égarer. Sen. , Episl. 99.
(3) A tous les vains caquets préférant mou plaisir.
C'est une application au style plaisant d'un vers grave d'Ennius, cité par Cicéron, de OflicOs, I, 24, où ce poète, parlant de Fabius Haximus, dit qu'il travaillait au bien public sans se mettre en peine de tout ce qu'on publiait à Rome pour décrier sa conduite. C.
(4) Qu'ils gardent pour eux les armes, les cbevan, les javelots, la massue, la paume, la nage et la course ; qu'ils nous laissent, à nous autres vieillards, les des ei les osselets. Cic, de Senect., c. 16.
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ESSAIS DE MONTAIGNE
au logis ^ Je ne pais moins, en faveur de ceste chestifve condition où mon aago me poulse, que de luy fournir de jouets et d'armusoires, comme à l'enfance ; aussi y relumbons nous : et la sagesse et la folie auront proa à faire à m'estayer et secourir par oHices alternatifs, en ceste calamité d'aage ;
Misce sinllitiam con/tilii-i brevem ',
Je fuys de inesme les plus legieres poinctures ; et celles qui ne m'eussent jias aultrefois esgratigné me transpercent à ceste heure : mon habitude commence de s'appliquer si volontiers au mal ! In fragili corpore odiosa omnis offensio est^;
Uemqtie pati iurum sustinetœgra nlhil*.
J'ay esté tousjours chatouilleux et délicat a«x iffenses; j'y suis plus tendre à ceste heure, et tuvert par tout :
El minimce vires frangere quassa valent *.
Mon jugement m'empesche bien de regimber et gronder contre les inconvénients que nature m'ordonne de souffrir, mais non p;is de les sentir : je courrois d'un bout du monde à l'aullre chercher un bon an de tranquillité plaisante et enjouée, moy qui n'ay aultre iin que vivre et me resjouïr, La tranquillité sombre et stupide se treuve assez pour moy ; mais elle m'endort et enteste : je ne m'en contente pas. S'il y a quelque personne, quelque bonne compaignie aux champs, en la ville, en France, ou ailleurs, resseante^, ou voyagere', à qui mes humeurs soyent bonnes, de qui les humeurs me soyent bonnes, il n'est que de siffler en paulme, je leur iray fournir des Essays en chair et en os.
Puisque c'est le privilège de l'esprit, de se r'avoir de la vieillesse*, je luy conseille, autant que je puis, dé le faire, qu'il verdisse, qu'il fleurisse ce pendant, s'il peult, comme le guy sur
(1) Cic, de Senecl., c. 11. J. V. L.
(8^ Môle à ta sagesse un grain de folie. HOR., Oc(,,IV, 12,87.
(3) Pour un corps débile, la moindre secousse est insup. portable. Cic, de Smieoi., c. 18.-^Ce p.i3.-ago montre que, dans Montaigne, le mot de mal, qui procède, veul dire peine, doutextr. C.
(4) Et un fstprii malade ne paut rien souffrir d'incommode, Ovide, de Ponto, I, S, 18.
(5) Ce qui est déjà ébranlé se brise au moindre effort- Or,, Trist., in. Il, «3
16) Casanière.
(7) Qui aime à voyager. C.
(8) D'échapper (i Lv vieilless o.
I un arbre mort. Je crainds que c'est un traistre; il s'est si estroictrmentaffrelté^ au corps, pour le suy vre en sa nécessité : je le flatta à part, je le practique, pour néant ; j'ay beau essayer de le destourner de ceste colligeance*, et luy présenter et Seneque et Catulle, et les dames et les danses royales ; si son compaignon a la chollque, il semble qu'il l'ayt aussi : les puissances mesmes qui luy sont particulières et propres ne se peuvent lors souhlever; elles sentent évidemment le morfondu; il n'y a point d'alaigresse en ses productions s'il n'en y a quand et quand au corps.
]Nos maistres ont tort de quoy, cherchants les causes des eslanceinents extraordinaires de nostre esprit, oullre ce qu'ils en attribuent à un ravissement divin, à l'amour, à l'aspreté guerrière, à la poésie, au vin, ils n'en ont donné sa part à. la santé ; une santé bouillante, vigoreuse , pleine, oysifve , telle qu'auU refois la verdeur des ans et la sécurité me la fournissoient par venues ^ : ce feu de gayeté suscite en l'esprit des eclistres * vifves et claires , oultre nostre clairté naturelle, et entre les enthousiasmes, les plus gaillards, sinon les plus esper» dus''. Or bien , ce n'est pas merveille , si un contraire estât affaisse mon esprit, le cloue, et en tire un effect contraire :
Ad nullum consurgit opu$, eum corpore languet * ;
et veult encores que je luy sois tenu de quoy il preste, commeil dict, beaucoup moins à ce consentement, que ne porte l'usage ordinaire des hommes. Au moins pendant que nous avons trefve, chassons les maulx et difficultés de nostre commerce ;
Dum licet, ohdiicta solvatur fronte senectus :
tetrica sunt amœnanda jocularibus *. J'aime une sagesse gaye et civile, et fuys l'aspreté des
(1) Attaché. C.
(2) Étroite liaison, de coUigare, joindre, lier, nouer ensem ble. C.
(3) D'une venue, en usaje familier , sans interruption, (l) Eclairi- C.
(5) Extravagants.
(6) Languissant avec le corps, il ne se porte sur aucun objet, Pseudo-Gallus, 1, 125.
(7) Que la vieillesse se déride, lorsqu'elle le peut encore, HOR., Epod.,XIII,7,
(8) Il est bon d'adoucir par l'enjouement les noirs chagrins de la vie. Sidoine Apollinaire, Epist., I. 9.
LIVRf: m, (JI\P. V.
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mœurs et l'austérité; ayant pour suspecte toute mine rebarbatifve,
fritiemque vnltus felriii arroganiinm ' ; t:i k^bel trUtit quoque turba cinœdoi * .
Je crois Platon de bon cœur, qui dict les humeurs faciles ou difficiles estre un grand préjudice à la bonté ou mauvaislié de l'ame. Socrates eut un visage constant, mais serein et riant; non faseheusement constant comnie le vieil Crassus, qu'on ne veil jamais rire ^. La vertu est qualité plaisante et gaye.
Je sçais bien que fort peu de gents rechigneront à la licence de mes escripis, qui n'ayent plus à rechigner à la licence de leur pensée : je me conforme bien à leur courage, mais j'offense leurs yeulx. Cest une humeur bien ordonnée, de pincer* les escripts de Platon, et couler ses négociations prétendues avecques Phedon , Dion, Stella* , Archeanassa ! Non pudeat dicere quod non pudet sentire^. Je hajs un esprit hargneux et triste, qui glisse par dessus les plaisirs de sa vie, et s'empoigne et paist aux malheurs ; comme les mouches qui ne peuvent tenir contre un corps bien poly çt bien lissé, et s'attachent et reposent aux lieux scabreux et raboteux ; et comme les ventouses qui ne hument et appetent que le mauvais sang.
Au reste, je me suis ordonné d'oser dire tout ce que j'ose faire ; et me desplais des pensées mesmes impubliables : la pire de mes actions et conditions ne me semble pas si laide, comme je treuve laid et lasche de ne l'oser advouei:^ Chaseun est discret en la confession, on le debvroit estre en l'action : la hardiesse de faillir est aulcunement compensée et bridée par la hardiesse de le confesser : qui s'obligeroit à tout dire s'ohligeroit à ne rien faire de ce qu'on est con- Irainct de taire. Dieu veuille que eest excès de ma licence attire nos hommes jusques à la li-
(1) Et.la tristesse arrogante cTud visage refh^né. — Je ne sais d'où Montaigne a pris ce vers iarubique. C-
(i) Parmi ces gens au maintien sévère, il y a des débaqcbés. Martial, VII, 58. 9.
(S) Fertmt Crassum, aaan Crassi in Parthiê hueretnpti, ntohqfuan riàsse; ob id Agelasiwn vocautni. Pu^t, .Vol. Uisf., VII, 19.
(4) De critiquer les ieriU de Ptaion et de glisser l/gtremetU sur ses, etc. £. J.
(5) Slelia est le mot de la traduction latine; c'est Asler qu'il fellait dire. Voy. DioG. Uebce, Vie de Platon, y V. l„
(6) X'ayez pas honte de dire tout haut ce que tous n'avez pas boute d'approuver tout bas.
berté, par detsm «es vertus eoaardes et mineures ' , Dàt>s de 1MM imperfections ; qu'aux despen» de mon immoderation, je les attire jusques au poinct delà raison! Il fault veoir son vice et l'est udier pour le redire : ceulx qui le cèlent à auhi-uy le cèlent ordinairement à «ilx mesmes ; et ne le tiennent pas pour assez couvert, s'ils le veoyent; ils le soubstrayent et déguisent à leur propre conscience : quare vitia sua nemo confiletur ? quia etiam nunc in mis est; somnium narrare vigilantis est^. Les manix du corps s'esclaircissent en augmentant; nous trouvons que c'est goutte, ce que nous nommions rheume ou fouleure : les maulx de l'ame s'obscurcissent en leur force, le plus malade les sent le moins ; voyià pourquoy il les fault souvent remanier, au jour, d'une main impitease, les ouvrir et arracher du creux de nostre poictrine. Comme en matière de bienfaicts', de mesme en matière de mesfaicts, c'est, par fois, satisfaction que la seule confession. Est il quelque laideur au faillir, qui nous dispense de nous en debvolr confesser ? Je souffre peiqe à me feindre ; si que j'évite de prendre les secrets d'aultruy en garde, n'ayant pas bien le Cijeur de desadvouer ma science : je puis la taire ; mais la nier, je ne puis sans effort et desplaisir : pour estre bien secret, il le fault estre par nature, non par obligation. Cest peu, au service des princes, d'estre secret, si on n'est menteur encore». Celuy qui s*enquestoft à Thaïes Milesius s'il debvolt solemnellement nier d'avoir paillarde, s'il se feust addressé à moy, je luy eusse respondu qu'il ne le debvoit pas faire ; car le mentir me semble encores pire que la pailbrdise. Thaïes luy conseilla tout aultrement*. et qu'il jurast, pour garantir le plus, par le moins i toutesfois ce conseil n'est oit pas tant eslection de vice que muhipUcalion. Sur quoy disons ce mot en passant, qu'on faict bon
(1) mnaudi&res.
(*) D'où vient que personne ne confesse ses vfces? c'est Qu'il en est encore escUve. a fout être éveplé pour raconter ffs songes, s». , ppisl. 53,
.0) Bonnes actions.
(4) Montaigne (ait dire à Thaïes de Miiet tout le contraire de ce qu'il a dit ; et cela, faute d'avoir entendu Diogène Laérce (I, S6). d'où il doit avoir tiré la réponse qu'il attribue à ce sage : « Cn homme qui avait comoais adultère, dit Diogène « Laérce, ayant demandé k Tbalès gll devait le nier par ser- « ment. Thaïes lui répondit: MaiM le parjure ifest-â pas père « qi-e t'adultère ? »C.
ESSAIS DE MONTAIGNE
marché à un homme de conscience, qaand on luy propose quelque difficulté au contrepoids du vice ; mais quand on l'enferme entre deux vices, on le met à un rude chois, comme on feit Origene ^ , ou qu'il idolastrast, ou qu'il se souflrist jouir charnellement à un grand vilain ^Ethiopien qu'on luy présenta : il subit la première condition ; et vicieusement dict on. Pourtant ne seroient pas sans goust, selon leur erreur, celles qui nous protestent, en ce temps, qu'elles aimeroient mieulx charger leur conscience de dix hommes que d'une messe
Si c'est indiscrétion de publier ainsi ses erreurs, il n'y a pas grand danger qu'elle passe on exemple et usage; car Ariston disoit^que les vents que les hommes craignent le plus sont ceulx qui les descouvrent. Il fauU rebrasser^ ce sot haillon qui cache nos mœurs : ils envoyent leur conscience au bordel et tiennent leur contenance en règle; jusques aux traistres et assassins, ils espousent les loix de la cerimonie , et attachent là leur debvoir. Si n'est ce ny à l'injustice de se plaindre de l'incivilité, ny àla malice de l'indiscrétion. C'est dommage qu'un meschant homme ne soit encores un sot, et que la décence pallie son vice : ces incrustations n'appartiennent qu'à une bonne et saine paroy , qui mérite d'estre conservée , d'estre blanchie. En faveur des huguenots qui accusent nostre confession auriculaire et privée, je me confesse en public, religieusement et purement : sainct Augustin, Origene et Hippocrates ont publié les erreurs de leurs opinions ; moy encores, de mes mœurs. Je suis affamé de me faire cognoistre -, et ne me chault à combien, pourveu que ce soit véritablement; ou, pour mieulx dire, je n'ay faim de rien: mais je fuis mortellement d'estre prins en eschange-* par ceulx à qui il arrive de cognoistre mon nom. Celuy qui faict tout pour l'honneur et pour la gloire, qne pense il gaigner en se produisant au monde en masque, desrobbant son vray estre à la cognoissance du peuple? Louez un bossu de sa belle taille, il le doibt recevoir à injure : si vous estes couard, et qu'on vous honnore pour un vaillant homme , est ce de vous qu'on parle? on vous prend pour un
(1) Comme on en itsa avec Origene, en le réduisant au choix ou (f idolâtrer, ou de se souffrir, etc. G.
(2) Daus Plut., traité de la Curiosité, c. 5. G. (?) Retrousser.
C4t D'être pris pour autre que je ne suis. C.
aultre ; j'aimerois aussi cher que celuy là se gratitiast des bonnetades qu'on luy faict, pensant qu'il soit maistre de la troupe, luy qui est des moindres de la suitte. Archelaus, roy de Macédoine, passant par la rue, quelqu'un versa de l'eau sur luy : les assistants disoient qu'il debvoit le punir. « Ouy ; mais , dict-il*, il n'a pas versé l'eau sur moy, mais sur celuy qu'il pensoit que je fusse. » Socrates^, à celuy qui î'advertissoit qu'on mesdisoit de luy : « Point , dict il ; il n'y a rien en moy de ce qu'ils disent.» Pour moy, qui me loueroit d'estre bon pilote , d'estre bien modeste, ou d'estre bien chaste, je ne luy en debvrois nul grammercy ; et pareillement, qui m'appelleroit traistre, voleur, ou yvrongne, je me tiendrois aussi peu offensé. Ceulx qui se mescognoissent se peuvent paistre de faulses approbations ; non pas moy, qui me veois, et qui me recherche juSques aux en- . trailles , qui sçais bien ce qui m'appartient : il me plaist d'estre moins loué, pourveu que jesois mieulx cogneu •,on me pourroit tenir pour sage, en telle condition de sagesse que je tiens pour sottise. Je m'ennuye que mes Essais servent les dames de meuble commun seulement et de meuble de sale : ce chapitre me fera du cabinet ; j'aime leur commerce un peu privé; le publicque est sans faveur et saveur. Aux adieux, nous eschauffons, oultre l'ordinaire, l'affection envers les choses que nous abandonnons ; je prends l'extrême congé des jeux du monde; voicy nos dernières accolades 3,
Mais venons à mon thème. Qu'a faict l'action -génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour n'en oser parler sans vergongne, et pour l'exclure des propos sérieux et re-
(1) PUT., Apophthegmes des rois. C.
(2) DIOG. lAERCE, II, Ô6. G.
(5) « On le reprend de la licence de ses paroles, contre la cerimonie, dont il s'est si bien revengé luy mesme qu'il a descliargé chascun d'eu prendre la peine... Nous leur accorderons qu'il soit mescliaut, exsccrable et damnable, d'oser prester la langue oul'aureilleà l'expression de ce subject ; mais qu'il soii impudique, on Teur nye : car, oultre que ce livre prouve fort bien le macquerellage que les loix de la cerimonie prestenl à Venus, quels auteurs de pudicité sont ceulx cy, je vous prie, qui vont enchérissant si hault la force et la grâce des effects de Cupidon que de faire accroire à la jeunesse qu'on n'en peult pas ouïr seulement parler sans transport? S'ils le content à des femmes, n'ont elles pas raison de mettre leur abstinence en garde contre un prescheur qui soustieiit qu'on ne peult ouïr seulement parler de la table sans rompre son jeusne? « Jladenioisellc '"'' Gournay, préface de l'édition de 15^.