ID., VU, 175. C
(5) lo., VU, 178.C.,
(6) Effrontée au dernier point, et plus semblable à des courtisanes infâmes tju'à des dieiut, dit Dioc. LttRCt, TU, 181, 188. C.
(7) Mm réditioB de 1588, foi. 37», cette (>lira9iB suit immédiatemeut celle où Ton trouve quelques lignes plus haut, que Zenon, par ses lois, réijlail les escarqwllements et Us secousses du dépucetaje. L'addition que Montaigne a faite depuis à rompu la liaison des idées, et l'on ne voit pas d'aix>rd à quoi se rapportent ces mots : A cet office. A. p.
(8) Babylone, Hér., I, 199; St!Ub.,XVÎ, p. lÔRl; JtX..,ap. Èaruch, S\, 42, i5 —Cypre, ttfA., ibid.; ATfltstE, Xll, p. S16. — Uéliopotis en Pbénicie, Ecsèbe, Vie de ComUmtin, Jn, 88; SocRATE, Bisl. ecckslùst., 1, 18. Siica Venerid, tju.. lUxiu, U, 6, 13, etc. i. V. L.
(9) Parœ que l'incontiiience est nécessaire pour là cOBtinence, et que Huceudic s'éteint par le feu.
ESSAIS DE MONTAIGNE
ie plus sacre magistrat estoit révéré et recogneu par ces parties là; et, en plusieurs cerimonies, l'effigie en estoit portée en pompe, à l'honneur de diverses divinités; les dames œgyptiennes,enla feste des Bacchanales, en portoient au col un de bois, exquisement formé, grand et poisant, chascune selon sa force; oultre ce que la statue de leur dieu en representoit un qui surpassoit en mesure le reste du corps'. Les femmes mariées icy près en forgent, de leur couvrechef, une figure sur leur front, pour se glorifier de la jouissance qu'elles en ont; et venant à estre veufves, le couchent en arrière et ensepvelissent soubs leur coeffure. Les plus sages matrones, à Rome, estoienthonnoréesd'ofîrir des fleurs et des couronnes au dieu Priapus ; et sur ces parties moins honnestes faisoit on seoir les vierges au temps de leurs nopces^. Encores ne sçais je si i'ay veu en mes jours quelque air de pareille dévotion. Que vouloit dire ceste ridicule pièce* de la chaussure de nos pères, qui se veoid encore en nos Souysses?à quoy faire la montre que nous faisons à ceste heure, de nos pièces en forme soubs nos gregues ; et , souvent, qui pis est, oultre leur grandeur naturelle, par fauiseté et imposture? Il me prend envie de croire que ceste sorte de vestement feut inventée aux meilleurs et plus consciencieux siècles, pour ne piper le monde, pour que chascon rendist en public compte de son faict ; les nations plus simples l'ont encores àulcunement rapportant au vray : lors, on instruisoit la science de l'ouvrier, comme il se faict de la mesure du bras ou du pied. Ce bon homme qui, en ma jeunesse, chastra tant de belles et antiques statues en sa grande ville, pour netîorrompre laveue^, suyvant l'advis de cest aultre ancien bon homme ,
Flagitii principiim est, nudare inter cives corpora *:
se debvoit adviser, comme aux mystères de la bonne déesse tonte apparence masculine en estoit fort close, que ce n'estoit rien advancer, s'il ne faisoit encores chastrer et chevaulx et asnes, et nature enfin :
(1) Herod., II, 48, dit seulement : Où itoXXâ te» tXowaov ih'i ro'j âXXou ffûjjLoeTOçI C.
(2) Lactance, Divin. InstU.,l, 20; S. aogustin, de Civit. Det, VI, 9, etc. J. V. L.
(3) Edit. de 1588, fol. 375 verso: « La veue des dames du pais. )» ,
(4) C'est une cause de dérèglements que d'étaler en public des nudités. Erwics, apttd C\c., Tusc. quasst, IV, 53.
■Omne adeo-genus in terris, hominumque, ferarumque. Et geiius œquoreum, pecudes, pictœque volucres, lu furias ignemque ruunl ••
Les dieux, dict Platon 2, nous ont fourni d'un membre inobedient et tyrannique, qui, comme un animal furieux, entreprend, par la violence de son appétit, de soubmettre tout à soy : de mesme aux femmes le leur, comme un animal glouton et avide, auquel si on refuse aliments en sa saison, ilforcene, impatient de delay;et, soufflant sa rage en leur corps, empesche les conduicts, arreste la respiration , causant mille sortes de maulx,jusques à ce qu'ayant humé le fruict de la soif commune, il en ayt largement arrousé et ensemencé le fond de leur matrice.
Or, se debvoit adviser aussi mon législateur^, qu'à l'adventure est ce un plus chaste et fructueux usage de leur faire de bonne heure cognoistre le vif, que de le leur laisser deviner selon la liberté et chaleur de leur fantasie : au lieu des parties vrayes, elles en substituent, par désir et par espérance, d'aultres extravagantes au triple, et tel de ma cognoissance s'est perdu pour avoir faict la descouverte des siennes enj lieu où il n'estoit encores au propre de les met-1 tre en possession de leur plus sérieux usage. Quel dommage ne font ces énormes pourtraicts que les enfants vont semant aux passages et escalliers des maisons royales? de là leur vient un cruel mespris de nostre portée naturelle. Que sçaiton, si Platon ordonnant, après d'aultres republicques bien instituées , que les hommes et femmes, vieux , jeunes, se présentent nuds à la vue les uns des aultres, en ses gymnastiques, n'a pas regardé à cela? Les Indiennes, qui veoyent les hommes à crud, ont au moins refroidy le sens de la vue; et, quoy que dient les femmes de ce grand royaume du Pégu, qui, au dessoubs de la ceinture , n'ont à se couvrir qu'un drap fendu par le devant, et si estroict que, quelque cerimonieuse décence qu'elles y cherchent, à chasque pas on les veoid toutes
(1) Amour, tout sent les feux, tout se livre à ta rage, Tout, et l'homme qui pense, et la brute sauvage, Et le peuple des eaux, et l'habitant des airs. ^
ViRC, Géorg., IH, 244, trad. deDelilIe.
(2) Vers la fin du Timée, d'où aélé pris tout ce que Montaigne dit ici jusqu'au paragraphe suivant. C.
(3) Le bon homme, c'est-à-dire le pape dont il a précédera- ) ment parlé. Le passage que Montaigne a intercalé depuis l'édition de 1588 a fait disparaître la liaison des deux phrases.
LlVRi: III,
qae c'est une invention trouvée aux fins d'atti- i rer le* hommes à elles et les retirer des maslcs, à quuy eesie nation est du tout abandonnée , Il j se pnurroit dire qu'elles y perdent plus qu'elles Ti'advancent, et qu'une faim entière est plus aspre que t-elle qu'on a rassasiée au moins par les yeux : aussi disoit Livia « qu'à une femme de bien, un homme nud n'est non plus qu'une image'.» Les Laredemonienncs, plus vierges femmes que ne sont nos filles, veoyoient touts les jours les jeunes hommes de leur ville despouilles en leurs exercices ; peu exactes elles mesmes à couvrir leurs cuisses en marchant , s'estimants, comme dici Platon 2, assez couvertes de leur vertu sans vertugade. Mais ceulx là, desquels parle sainct Augustin^, ont donné un merveilleux effort de tentation à la nudité, qui ont mis en doubte si les femmes, au jugement universel, ressusciteront en leur sexe, et non plustost au nostre, pour ne nous tenter encores en ci sainct estât. On les leurre, en somme, et acharne, par touts moyens ; nous eschauffonsetincitonsleurimaginaiionsanscesse:
et puis nous crions au ventre. Confessons le vray, il n'en est gueres d'entre nous qui ne craigne plus la honte qui luy vient des vices de sa femme que des siens; qui ne se soigne plus (charité esmerveillable! ) de la conscience de sa bonne espouse que de la sienne propre ; qui n'aimast mieulx estre voleur et sacrilège, et que sa femme feust meurtrière et hérétique, que si elle n'estoit plus chaste que son mary : inique estimation de vices! Nous et elles sommes eapables de mille corruptions plus dominajeables ?t dcsnaturées, que n'e.st la lascifveté : mais n.^s faisons et poisons les vices, non selon nature, mais selon nostre interest ; par où ils prennent tant de formes ineguales.
(1) Dio>, Tùi-re, p. 112, «r-dit. de r.obprt E«lionDe. C— « Li- Tia, selon l'opinion des sages, pnrioil eu grande et sufbsaiiK^ dame, comiue elle estoit, disant qu'à une rcinme chaste un homme nud u'esl non' plus qu'uueiiuago... x'eusl-elle pas aussi TOlomier? dîcl, que les fcmiues qui crt<'nt qu'on les \iole par les aureilles ou par les yiulx, le feissent à desseiug, à lin de pn-leiidn! cause d'ignorance de se mal garder par ;.illeurs? La plus k-giiime considération qu'elles y puiss«'ul apporter, c'est de craindre qu'on ne les lenle jor là : ma s elles doivent atoir graixle lionle de confesser ne se sentir de bon or que jiisques à la rouppelle, eic. » Mademoiselle de Goluat, Préface de fMUion de I5»5
(4) Plainn ne parle fias des femmes lacêdémonienDes, mais des (puimesesj geiural. République, V, p. 4o7. G.
Cj De Ciiil. Dri, \Xli, n. c.
^^OSTAIGJÎB.