ET RAISONNER
••t ril d'une nién»e chose, 118. — Il y a plus de disiance'de tel à tel homme, que de tel homme à telle bêle, 141.— chaque homme iie devrait t^lre estime que par ce qui e>t -it-u , ib. — Tome action est propre à le faire couitaitre, tt3. — Il est plus vil que misérable, 164. — Toute sa contexlun- ot bâtie de pièces (aibles et déraillâmes , 167. — Son ap(M-iit est irrésolu et incertain, ibkl. — Les contradictions qui .-e r» marquent en lui ont fait penser aux uns qu'il a deux âmes , aux autres qu'il*st alternativement dirigé par deux puissances eiincmtes, 17'J. — Il ne doit pas être juge seulement sur ses actions; il doit l'être encore sur leurs motifs, l«l. — DéjwurNU de secours étrai^rs et de la grâce divine, il n'a aucune supériorité sur les autres créatures, m'. — Il est le plus misérable, le plus frêle et le plus orgueilleux des êtres, 342. — C'est injustement que , ma^ré son orgueil , U se plaint de la nature, 844. — Son sort n'est ni meilleur ni pire que celui des autres animaux, 246. — Dieu l'a fait semblable à l'ombre , 270. — La plus grande part de ce qu'il sait est la moindre de celio qu'il ignore, 27f. — Le deitier est le comble de la démence, 281. — il rapporte tout à lui dans l'univers, 291. — Il prend mille soins pour allonger son être, 303. — Opinions diverses sur son origine et sur sa formation, 3œ. — Sa nature parfois s'épure momeulauément dans le délire ou dans le sommeil , 315. — Il ne saurait, sans Fassistance divine, s'élever au-dessus de l'humanité, 355. — Xul ne pense assez n'être qu'im, ib. — L'homme, en tout et partout, n'est que rapiècement et bigarrure, 374. — Chacun fuit à le voir naître, chacun court à le voir mourir, 491. — Il n'est si homme de bfen qui, à juger d'après les lois toutes ses actions et toutes ses pensées, ne soit pendable dix fois en sa vie, 657.
'.lormeur. Ses lois, chez les Français, se trouvent sur plusieurs points en contradiction avec celles de la justice, 50. — C'a été une heureuse invention que celle des récompenses d'honneur, qui, sans charger i'État , ont un excellent effet sur les particuliers, et sont plus recherchées que les récompenses lucratives, 205.
Ignorance. 11 y eu a une abécédaire et une doctorale, 168. — Llgnorauce nous est recoaunandée par notre religion comme propre à la foi, 264. — Nous rend plus capables que la science de supporter courageusement les manx de la vie, 265. — C'est un doux et mou chevet que Fignorance et l'incuriosité, à reposer une tête bien faite, 606.
Imagination. Sa puissance, 38. — Chez les femmes enceintes, elle agit sur le fœtus, 43.
Immodération, vers le bien même, est blâmable, 99.
Immortalité serait insupportable à Ihomme, 123. — L'immortalité de l'âme est le point sur lequel les anciens se sont exprimés avec le plus de réserve et de doute, 305 ; c'est un dogme favorable à l'amour de la gloire, utile , mais difficile à prouver, ibid.
Imposture. Son vrai champ et sujet sont les choses inconnues,
Inconstance est naturelle à l'homme, 177.
Incrédulité est souvent présomption, 85.
Instituteur doit avoir plutôt la tête bien faite que bien pifnoe, C8. — Doit faire trotter devant lui son élève pour juger de son train, Uiid.; et savoir condescendre à ses allures eu les guidant, ibid. — Doit lui demander compte , non pas seulement des mots, mais encore du sens et de la substance de sa leçon; et prendre tous les moyens de lui rendre propres et siennes les connaissances qu'il lui donne, 69. — Doit lui faire tout passer par l'étamine, et ue lui rien faire admettre sur Fantorité d'autrui , ibid. — Doit , dans certains cas , le laisser douter, ibid. — Doit viser avant tout à lui former Feniendement, Urid. moins par doctrine que par exerdce, 70. — Doit lui raidir à la fois et Fâme et les muscles, ibid.
Inlempérance est peste de la volupté , 629.
Intention juge nos actions. 13. — Bonnes intentions, exécutées
MONTAIGSE.
sans modération , nous pousaeot ordinairement à des actions coodamoaMes, Sli.
Ittlerpréiation. 11 y a phM à taire à interpréter les interprétations qu'à interpréter les cboses, 605.
InutiU. Rien ne l'est dans la nature, pas même Finuiilité, 439
Invraisemblance. C'est une sotte et téméraire preM)mpiioi que d'en toujours conclure impossibilité , 86.
Ivrognerie est un vice grossier et brutal , mais moin^^ condamnable que les autres, 181. — Son objet est d'avaler plutôt que de goûter , 183. — L'ivrognerie et la paillardise se nuisent mutuellement, ibid. — C'est le dernier plaisir que nous enlevé la vieille~><'. 184.
Jalousie est la plus vaine et tempestueuse maladie de l'âme, 482. — Est une passion terrible chez les femmes, 483.
Jeux et Exercices publics sont utiles, 84.
Jûie excessive peut tuer, 5. — Constante, est la plus expresse marque de la sagesse, 75.
Jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout, IfiS. — Croire qu'on en manque , ce serait prouver qu'on n'eu manque point; mais personne ne croit en onanquer, personne même ne croit en avoir moins que qui que ce soit,
Jugements humains consistent trop souvent à juger des autres d'après soi, 116.— Leur incertitude, 132.
Justice vénale est une monstruosité, 50. ^
Laideur, il y eu a deuK espèces, Sû6.
Langage. Pourquoi le langage commmi à tout le monde devient obscur et inintelligible dans les contrats et les testaments, 601.
Leçon. Ni une étuve ui une leçon n'est d'aucun fruit, si elle ne nettoie et ue décrasse, 556.
Lettres. Qui ne cherche dans leur élude qu'un profit pécuniaire n'en relire aucun profit intellectuel, 65.
Liaisons sociales. Il faut savoir s'en passer, 121.
Libércdité n'est pas bien en son lustre en main souveraine,
Liberté. Là vraie, c'est pouvoir toute chose sur soi, 589.
Livres sans science et s;ins art, muraille sans pierre, 44».— Avantages qu'on retire de leur commerce , 4ol ; inconvénients qui y sont attachés, 462.
Lois. Celles de Fhouneur, chez les Français , se trouvent sur plusieurs points en contradiction avec celles de la justice, 50. — Il est fort douteux qu'il y ail autant d'avantages à espérer que de dangers à craindre du changement d'une loi, quelle qu'elle soit, M. — Les lois sompluaires sont contraires au résultat qu'on s'en promet, 146. — Les pires lois nous soûl si nécessaires, que sans les lois les hommes s'enire-mangeraient les uns les auires , 307. — L'une des maximes qui semblent le plus raisonnables , c'est que chacun doit obéir aux lois de sou pays , et pourtant uoo-seulemeut d'un pays à Fautre, mais encore d'une époque à l'autre dans le même pays, le juste ainsi que l'injuste difTerent du tout au tout , 319,320. — 11 n'est point de lois naturelles et immuables, 520. —Les lois prennent leur autorité de la possession et de Fusage; il est dangereux de les ramener à leur naissance, 392. — Il y a autant de liberté et d'étendue à leur interprétation qu'à leur façon, 600. — Elles se maintiennent en crédit, non parce qu'elles sont justes , mais parce qu'elles sont lois , 605. — II n'est rien si lourdement et largement fttuUier que les lois, ui si ordinairement , ibid.
Louange, sorte de moquerie et d'injure quand elle porte sur des qualités déplacées dans la personne louée, ou qm' du moins ne doivent point constituer son principal mente, 126. — D est naturel de Faimer, mais nous Faimons trop, 346. — — Elle ne devrait nous Ûatter que quand nous reconnaissons qu'elle est juste, 541.
ol
TABLt ANALYTIQUE
Uai n'a le plus souvent entrée en nous que par noire jugement, 1^. — Les sages le gourraandentet comm;indent, (!t les autres l'ignorent, 168. — Les hommes ont en essence les maux, que les dieux onl eu intelligence, et en intelligence les biens, que les dieux onl en essence, 264. — Insensibilité au mal supposerait inseusibililé au bien , 267. — Le plus vieil et mieux connu mal est toujours plus supportable que mal récent et inexpérimenté, 538.
Maladies. Il n'y a que trois maladies, selon Pline, et un genre de maladie, selon Sénèque, auxquelles il soit permis de se soustraire par la mort, 189. — Sont plus redoutées que redoutables, 198. — Les États sont sujels aux mêmes maladies que le corps humain , 378. — Diversité d'opinions des anciens sur l'origine des maladies, 429.
Malice (uiéchancelé) doit être punie avec une sévérité que fle mérite point faiblesse, 3i.
Mari. S'il fournit de matière, nature même veut que la femme fournisse de forme, 547.
ilarioije est un marché qui n'a que l'entrée de libre, 89. — Pourquoi est rarement heureux, ibid. — Pourquoi défendu entre proches parents, 100. — Le plaisir qu'on eu lire doit être aucunement prudent et consciencieux , ibid. — Age propre au mariage, 208. — C'est un nœud qui se relâche d'autant plus qu'on l'a serré davantage, 541. — A pour objet rullle, et l'amour l'agréable, 476. — Un bon mariage serait c^ui d'une femme aveugle avec un mari sourd, 487.
Uarifs (nouveaux ) ne doivent ni presser ni tâter leur entreprise s'ils ne sont préls, 41.
Maiuriiô d'àije, dans un auteur, a ses défauts comme la verdeur, et pires, 596.
Uccliaucelc fabrique des tourments contre soi, 193.
tlédecine cfoil beaucoup de ses succès à la fortune , 55. — Diatribe contre la médecine, 424. — Instabilité de ses principes , 4-29. — Nous ne nous Dons pas plus à la médecine que nous comprcnous qu'à la drogue que nous cueillons, 430. — En médecine, la raison quille la place â l'expérience, 609.
Mrdecius. Pourquoi ils promettent toujours aux malades de les guérir, 42. — Leurs dangereuses erreurs et leur ridicule charlatanisme , 428. — Absurdité de leurs explicatious sur les prétendus effets de leurs médicaments, 451.
ilidiler. Il n'est point d'occupalion ni plus faible ni plus forte; les plus grandes âmes en font leur vacation ; il n'y a rien que nous puissions faire si long-temps, ni action à laquelle nous nous adonnions plus ordinairement et facilement,
Mélancolie. Il y a quelque ombre de friandise et délicatesse qui nous rit et qui nous flalte au giron même de la mélancolie, 574.
Membre viril. Son indocilité,*!; celle des autres membres n'est pas moindre, ibid.
Mémoire. Platon a raison de la nommer uufe grande et puissante déesse, 15. — Les Gascons la confondent avec l'enlendement, ibid. ; el pourtant les mémoires excellentes , au contraire, se joignent assez ordinairement aux jugements déb.les, ibid. -r- Défaut de mémoire peut passer dans l'esprit de nos amis pour défaut d'affection, ibid. ; est contraire à l'ambition , ibid. ; nous rend plus nécessaire l'exercice de nos facultés intellectuelles, ibid.; nous obligé à la concision; nous empêche d'être vindicatifs , 16 ; doit , dans notre intérêt , nous empêcher d'être menteurs , ibid. — La mémoire est le réceptacle et l'étui de la science, 361.
Ménage. Les soins du ménage sont serviles ; il faut n'y apporter ni trop de sollicitude ni trop de négligence, 12S; c'est une occupation plus empêchante que diflicile ; 531 ; c'est la plus ulile et la plus honorable à laquelle puisse se livrer une mère de famille, 547.
Mensonje est un vice odieux, 16. — On devrait en combattre sans relâche chez les enfants la naissance et le progrès, ib. — Quand une fols on en a pris l'habitude, il est impossible de s'en défaire , ibid. — A la différence de la vérité , qui
n'a qu'un visage , le mensonge en a cent mille, 17. — La vérilé et le mensonge ont leurs visages conformes, B7S.
Meilleurs. Il leur est diilicile dî toujours parler dans le même sens, 16.
Mérite des personnes ou des choses ne doii point être jugé sur l'événement , 523.
Métempsycose. Objections contre ce système , 282. — C'est la rêverie philosophique qui a obtenu le plus de succès , 504. —Pylhagore l'adopta , mais ne l'inventa point , ibid.
Modération est vertu bien plus afiaireuse que n'est la souffrance >4<t7.
Modes. Les nouvelles font aussitôt condamner les anciennes , 161. — Elles tombent en mépris et reviennent en crédit allernalivement , ibid.
Modestie est qualité très commode à la conversation ; et qui convient surtout aux jeunes gens , 71.
Monde était la- patrie de Socrate, 72. — Doit être le livre de la jeunesse, 73. — Est un animal, d'après Platon, 286. — Est probablement chose bien autre que nous ne jugeons, ibid. — Change de visage à tous sens, d'après Platon, 315.
— Opinions diverses sur sa nature et sur ses révolutions , 3t5.512.
Monstres. Ce que nous appelons ainsi ne l'est pas in Dieu ,
MONTAIGNE ( MicHEL-ÊYQi'EM, scigueur de ), né le 28 février 13», mort le 13 septembre 1592. — Quelle fin il s'est proposé en écrivant, 1. — Il est nalurellemenl porté à la commisération, 2; inaccessible à la tristesse, 3. — Sorte de pudeur qui lui est naturelle , 8. — Il u'a point de mémoire, 15, 560. — L'idée de la mort lui est plus pénible en santé que dans la maladie, 34. — Il a une grande activité d'imagination, 58. — Toute subtilité, toute feinte, toute finesse, toute tromperie lui répugnent, quelque profitables, quelque amusantes, quelque innocentes qu'elles puissent être d'ailleurs, 40, 45 ; il iiv peut même pas souffrir qu'on se trompe sur son compte , 439^ —
— Il est moins propre que qui que ce soit â écrire l'histoire, 43. — A son mépris pour la médecine viennent se jointlre , quand il est malade , la haine el la crainte , 55. — Il n'a reçu qu'une instruction superficielle, 65. — Les œuvres de Plutarque et celles de Sénèque sont les seuls ouvrages solides qui lui soient familiers; il y puise sans relâche, 60 ; en fait d'écrivains graves, ces deux philosophes sont ses^ auteurs favoris, bO, 221. — Quelle méthode inusitée adopta son père pour lui faire apprendre le latin ,82. — De qutlle manière son père le faisait éveiller dans son enfance, 83 — Enfant , sa paresse était telle, qu'elle résistait même à l'allralt du jeu, ibid. — Bien qu'il eut un jugement sain et des idées au-dessus de son âge , ses facultés intellectuelles ne se sont développées que lentement , ibid. — C est à la lecture des ilé'taniorplioses d'Ovide , qu'il comprenait dès 1 âge de sept ans, que commença son goût pour les livres , ibM. — Il n'a jamais lu aucun roman, ibid., 2t9. — Au collège , il jouait avec beaucoup de succès la tragédie latine, 84. — Origine de son amitié pour La Boétie, 87; combien cette amitié avait de force , 90. — Il ne partage \mul celte erreur commune de juger d'un autre d'après soi, U6. — Il n'aime que les livres agréables et JaCiles, ou ceux qui le consolent et lui apprennent à régler sa vie et sa mort, 124, 2i9. — Ses amis vantent son style épislolaire, 128; ce qu'il pense de son slyle en général, i^id.;. il ne s'entend ni ne se plaità feiredes lettres cérémonieu.>^es, ibid.; il écrit toutes ses lettres très rapidement , ibid. ; celles qui lui coûtent le plus sont celles qui valent le mom&, ibid. — Beaucoup de clioses qui sont des sujets d'affliction pour les autres hommes nen sont point pour lui, 136. — Quel est le premier geure de vie qu'il a mené , 137 ; quel est le second, ibid. ; quel est le iroisième auquel il a fini par se fixer , ibid. — Il éprouve une sorte de volupté à payer ce qu'il doit, ibid. — Il lui est très pénible de marchander, ibid. — Description de ses armoiries , 151. — Jugement qu'il porte sur ses Essais , 1 69 .—Les odeurs les plus simples et les plus naturelles sont celles qui lui plaisent davantage , 170 ; toute espèce d'odeur s'attache facilement à lui ; et ses moustaches en particulier les conservent longtemps, ibid.— Portrait de son père, 185. —Il n'étudie que lui-même ,201.-11 considère son livre couime
ET RÂlSOiNiNKË.
l'essai de»ps tncultés naturHI<>s. ol non do/i-sfartiU^t acquises, âlH.— Il ne compte p.-)sl<>s emprunts qu'il rni( aux autres ai'lcur-, il les ,H-c. inid^ pourquoi il u<; les indique |kis loujt'urMdKMii. I iiipiuiiis, f.'vti. — Ses Essais ne sont rxiropos^ que iJc M-î II- Viril -s, qu'il y entasse au linsard à mesure qu'ellt-s se presenteni , ibid. — Sou inlentitin «l de peteer douceuieiit, et non laborieusenjeut, tf qui lui reste de vte, HfkL — Il a un esprit prhnsaiillier , ce qu'il ne rtjuipn nd \ms d'abord , il le comprend encore moius en s'y ohstinant, at9.
— 1! l'ii'fc're les auteur^ de l'antiquité auv nwdernes, ll)fct; iiu'i- -■iitccux lies modeiiii's qui lui semblent Icptusagréa- M'~, ii/i^; Ovide ni l'Ario<te n'ont plus guère de dutnoe jMiur lui, ibid.; quels sont, parmi les ancicus, ses poètes de prédilection , ihtd. — 11 ne doit guère qu'au iiasard de sa complexion ce qu'il a pu montrer de sagesse ; il ue se seut point un srand empire sur lui-même, iiS*. — Il a naturelteujéut eu horreur la plupart des vices, iùkl.; et particulièrement la cruauté, 230. — H remarque , sur plusieurs points, plus de témérité dans ses idées que dans ses mœurs, et sa coDcupisceoce est moios débaucliee que sa raison , 3S9. — C'est pour sob père, et par son ordre, qu'il a traduit en franç;iis la Tlu'oiogie tiaturrUe de Raiinood SelKwd , 854. — Sa devise, 287. — Instabilité de ses idées, de ses sensations et de ses sentiments, 3ll. — ComiDcnt, dans les guerres cJvites, il a su faire respecter son Ijabitation, 541. — Suite de détails sur sa personne , considérée tant au nwral qu'au physique , Cluip. 17 du liv. 2.— L'antipathie pour la medecaie est héréditaire dans sa famille, 424. — Il n'a (Mjint l'ambition d'être jugé plus favorablement après sa mort quil ne l'aura été de sou vivant , 437. — Dans les affaires , il s'offre toujours par ses opinions les plus vives et par la forme la plus sienne, 440. — II n'a pour les grands ui haine ni affection passionnée , ibkt. — Les occupations publiques ne sont aucunement de sou goût , 442. — Il achète les imprimeurs en Guienne, aiUeurs ils l'achètent , 4». — Il entend mieux le latin que le français, 451. — 11 se conforme rarement aux conseils qu'on lui donne, et en donne plus rarenKMil encore, 453.
— Il a une faç»)n rêveuse qui le retire à lui , et d'auin.'f«irt une lourde et puérile ignorance de |)lusieurs choses communes, 4*>S. — Il est très ca|>able d'acquérir et conserver des amitiés rares et exquises ; peu proiire aux amitiés tuIgaires, 457. — Il n'est pas ennemi de lagitation des cours, 459. — Il recherche les hommes hoimêies et habiles, Ibki.; c'est aussi pour lui un doux commerce que celui des belles et honnêtes femmes , ibvi. ; lamour le fit lieancoup souffrir dans sa jeunesse, ibid.; il n'a jamais guère fréquenté les femmes publiques , 460; bien que faisant grand cas de l'esprit, il était, tn amour, moins sensible à ses «ffrements qu'aux cliarnies du corps, 461. — Ses pensées dorment s'il les assied, 462.— Il lui est arrivé d avoir recours à l'amour pour faire diversion à un violent chagrin causé |iar l'amitié, 466.
— Il a toujours été chatouilleux et sensible aux offenses , mais il le devient encore davantage en vieillissant, 470. — Il aime une sagesse douce et gaie , et fuit l'âpreté des mœurs, ibiU. — 11 s'est imposé la loi d'oser dire tout ce qu'il ose faire, 471. — Son mariage fut la suite de circonstances indépendantes de lui , 476. — Il n'a garde de s'immiscer dans la police féminine , 478. — 11 y a en lui une certaine prédisposition singeresse et imitatrice , 4M0. — H hait à peu près également une lourde oisiveté et un travail péuibie, 499. — 11 est inaccessible à la peur , 505. — Il ne peut supiwrter longtemps d'autre moyen de transport que le cheval , 504. ^ H aime à vivre dans la médiocrité ,514. — U ue perd point son temps à relever les sottises qu'on dit devant lui, 5*3. — 11 aime les conversations enjouées et vives, auxquelles sa gaité naturelle le rend assez propre, et il entend très bien raillerie, mais il déteste les jeux de main, ISXI. — Son procédé pour prendre la mesure exacte de ta capacité de telle ou telle personne en tel ou tel genre , ibid.
— Il aime les voyages, 532; pourquoi, i&ia.,545. — Il ne présume les vices qu'après les avoir vus , 554. — Sa négligeoce dans l'administration de sa fortune , ibia. — Il hait la pauvreté à l'égal de la douleur, i&M. — H n'entend rien & amasser , 535. — Il n'aime pas à se relire , et ce n'est qu'à coatre-cceur qu'il se corrige , 539. — Il se fait une loi de tenir
rrtigl»'u««m>til M»» mofndrci promesse^ , .'Mï. — Il lu! serait extTs»lvement pénible de tenir (|Uf!((ue < într de la Iil>éralite de quelqu'un , 543. — paris est sa vi" tion. im.
— IIO)n»ldère tousies hommes n i.atHotre,
«Ntf. — Il ni: ,, lii
et parmi i! — N
seconfonn' . , ...■ , , . ive,
BB4. — Il ainjc A érrire par sauts et ganil)ades , 559. — .Son admiration pour h vli|p tir- Rom'^ . nr/). — r.rUrf S la conduite qu'il a t< -de
procès et île qu' i lient
pas manqué, 67.". — ■,„.,.,...., „ ., „ ,..,- . - lot
à écrire, 'ioa. — Si l'un ne lui sait (Kjint mon i li-
berté de ses discours , c'e^t qu'en lui tout i ■ l'io-^
DOcence de ses intentions, 5!i9. — Jamais jiige n a eu avec lui aucune relation comme jug»; , pour qwlque eau»' que ce soit, «i05. — Malade, il ne changr: point son genn'de vie , 609. — Habitudes et manies quil a c«intractéa» , 612. — Il parle haut, 614. — Son père voulut que sa prentiér« enfance s'écoulât parmi des paysans, .et qu'il lut tenu sur les Ibnls de baptéuie par de |tauvres gens ; pourquoi , «23. •*: Il s'adonne volontiers aux petits, IMd.; et aux malhenrwix. ibid. — Les longs repas lui sont désagreabl«-s et nuislbh-s ; pourquoi , ibid. — Il craint plus les grandes chaleurs que les grands froids, 63S. — Il ne fait point usage de lunettes. iMd. — Il aime la vie, et la cultive telle qu'il a plu à IHeu nous roclroycr, 631. — IVs opinions de la philosopiiie, D embrasse plas voloutiers les plus solides , c'est-a-dire les plus conformes à la nature humaine , iVid.
Mort. Si elle nous acquitte de nos oMigations, 13. — Est le but de notre carrière, 31. — .X maintes f.içous de surprise, iWd. — Ce n'est point ennemi qui se puisoe éviter, 32; il faut apprendre à soutenir son choc de \nfd ferme, U>itL^' Les plus mortes morts^sont les plus saines, 3i. — La mort e*t origine d'une autre vie, 56. — J»on aspect nous semble nioi!i~ effrayant à la guerre qu'au logis, 38. — Les uns l'attendeht en tremblant , les autres la siip(>ortent plus aisément que là vie, ibid. — La mort de viei.lesse est la plus rare de toutes, ^ 176; et pourtant c'est la seule que nous ayons la sottise d'appeler naturelle, {i/d. — la mort est la recette à tous maux , 187- — Nous ne la pouvons essayer qu'une fois , 197. — On se persuade difficilement être arrivé à ce point, 335. — Quelle est la plus souiiaitable s^Ion César, 357.593. — Il y a plus de crève-cœur que de consolation à mourir au raî- Ueu des siens, 549. — La mort est bien le bout, non pourtant le but de la vie, ibid.
Mortifications. Nos médecins spirituels et corporels semblent s'être entendus pour les opposer, comme uniques remèdes, aux maladies de l'âmi- et du corps, lOI. — Religieuses oU philosophiques sont l'action d'une vertu excessive, 125.
Moyens. Par divers moyens on arrive à pareille fin, i. — Sfauvab moyens employés à bonne fin, 378 et suiv.
Muses. Pourquoi ce n'est point les avilir que de s'en servir setilemeot comme de jouet et de passe-temps, 462.
Kaissance. La naissance, nourrissement et augmentation de chaqtie chose est l'altération et corruption d'une autre, 44. .
nature. Ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur la nature, 104. — Toutes choses, dit Platon, sont produites ou par la nature, ou par la fortune, ou par l'art, ibki,. — U n'est aucune créature que nature n'ait bien pleinement hxirnie de tous moyens nécessaires à la conservation de son être, 2M. — II n'y a rien d'inutile en nature, pas même l'inutilité, 439.— Nature est un guide doux, prudent et juste, 6S1.
Nécessité est une violente maîtresse d'école, 153.
noblesse est une qualité dépendant d'autrui ; est en estimation b'ien loin au-dessous de la vertu, 474.
Noms. Chaque nation en a qutlqucs-uns qui se prennent eo mauvaise part, 149 — Il semble qu'il y ait, en la géoéalogie des princes, certains noms fatalement alTcciés, ibid. — il est avantageux d'avoir un nom beau et facile à prononcer
TABLE ANALYTIQUE
commo à retenir, 150. — C'est un tort de franciser les noms latins ou de latiniser les noms français , ibid. — Application des noms de terres aux personnes, usage vicieux ; cause de confusion dans les races, iSl. — Différence entre le nom et la chose, 342. — Dieu ne peut être agrandi, mais son nom peut l'être par la bénédiction et la louange, ibid.
Nonchalance est le vice contraire à la curiosité, t94.
Nourrices mercenaires. On voit en la plupart d'entre elles s'engendrer pour les enfants empruntés une affection bâtarde plus véhémente que la natunlle, 213.
Nouveaulés sont dangereuses en législation , SI ; dans les usages et les modes, 14S; en fait de doctrines, 314.
Obfissance, due également à tous rois, mais l'estime et l'affection à leur vertu seulement, 6.
Oisiveté de l'esprit y fait naître maintes chimères, 14, IS,
Omnipotence abîmerait l'homme, S15.
Opiniâtreté est sœur de la constance , au moins en vigueur et fermeté, 402.— Est signe exprès de bêtise, 526, 607.
Opinions. Il ne faut point adopter sans examen les opinions vulgaires, 102.— Les opinions que nous avons des choses nous tourmentent plus que les choses mêmes; 129. — La diversité des opinions prouve que les choses ne sont que ce que nous les faisons, ibid. — Toute opinion est assez forte pour se faire épouser au prix de la vie, 130.— Noire opinion donne prix aux choses, 130. — Non-seulement entre les différents hommes, mais chez le même homme, les opinions varient à l'infini, 309. — Toutes opinions politiques peuvent être également soutenues, 364.
Orgueil git en la pensée bien plus qu'en la langue . 902. — Est la perte et la corruption du genre humain, 270.
Parlementer. Si le chef d'une place assiégée doit sortir pour parlementer, 10 ; c'est pendant qu'il parlemente qu'il doit montrer le plus de vigilance , il ; l'heure où l'on parlemente est une heure dïingereuse, 12.
Varier. Ordinairement on aime mieux parler du métier d'un autre que du sien, 25.
Parler { le ) tardif convient mieux aux prédicateurs , le prompt aux avocats, 18. — Quel est le parler le plus agréable, st.
Paroles. Vanité des paroles , 165. — La parole la plus précise peut être interprétée de différentes manières , 167. — La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui l'écoute, 613.
Passions. Celles qui se laissent goûter et digérer ne sont que méd ocres. 5. — Elles déterminent nos jugements, 312. — Dénaturent les objets à nos yeux, 328.
rédants, mé]irisés de tous temps par les honnêtes gens, 59. — Ne logent la science qu'au bout de leurs lèvres ,61. — Empirent ce qu'on leur commet, et se font payer de l'avoir empiré, 02. — Ne s'entendent pas plus eux-mêmes qu'ils n'entendent autrui , ibid. — Ont la mémoire assez pleine , mais le jugement entièrement creux, ibid.
Peine. Quiconque attend la peine il la souffre , et quiconque l'a méritée l'attend, 193.
Pères. Leur affection pour leurs enfants plus grande que celle de leurs enfants pour eux , 206. — Ressemblances inexplicables de leurs enfants avec eux , tant au moral qu'au physique, 424.
Peitf^e. Le plus souvent on repaît ses yeux de ce de quoi il avait à paître son ventre, 506.
Peur engendre de terribles éblouissements, 26.
Philosopher, c'est apprendre à mourir, 29. — C'est douter, 18G.
Philosophes. Les philosophes anciens paraissaient ridicules au vulgaire, 59. — La plupart étaient plutôt pyrrhoniens que dogmalistes, 275. — Nous donnent souvent des conjectures
pour des vérités, 278. — Diversité de leurs opinions sur la Divinité, 280; sur la nature des choses, 286 ; sur le .soleil , 292 ; sur l'ûme, 296. — Us obscurcissent et falsifient parfois leurs véritables opinions, pour s'accommoder à l'usage public, 299. — Il n'est aucune de nos rêveries que nous ne mussions appuyer sur l'autorité d'un philosophe, ibid. Philosophie. On a grand tort de la peindre comme inaccessible aux enfants, 74,76; iln'est rien de plus gai, 74.— Elle a ce privilège de se mêler partout,77. — Elle ne devrait être refusée ni au^ festins ni aux jeux , ibid. —Son extrémité est dommageable, 99. — La philosophie est une poésie sophistiquée. — Nous avons dans la philosophie une très douce médecine, qui nous apporte à la fois plaisir et guérison, 382. — L admiration est le fondement de toute philosophie, l'inquisition le progrès, l'ignorance le bout, 580.
Pitié est passion vicieuse aux stoïques , 2.
Plaisir inespéré nous saisit , 5. — La plupart des plaisirs nous chatouillent et embrassent pour nous étrangler, 124.— Le travail et le plaisir, très dissemblables de nature , s'associent pourtant d'une certaine jointure naturelle, 374. — Plaisir vénérien excessif altère la semence, 474.
Pleurer. Comme nous pleurons et rions d'une même chose,
Poésie. Quand elle est excellente, elle est au-dessus des règles et de la rai.son, 117. — Offre aux femmes un genre de lecture qui leur convient, 458.— Est la vieille théologie, 560.
Police (gouvernement) est comme un bâtiment de diverses pièces jointes ensemble ; une seule ébranlée , tout le cori's s'en sent, 51. — l^a meilleure est pour chaque nation celle sous laquelle elle s'est maintenue, 536.
Possible. Il ne faut pas juger ce qui l'est et ce qui ne l'est pas selon ce qui est croyable et incroyable à notre .sens, 402.
Précellence (supériorité) messied à un homme d'honneur en choses frivoles, 164.
Prédicateur, comparé à l'avocat, 18; bien que son art présente moins de difficultés que celui de ce dernier, on voit moins de prédicateurs que d'avocats passables, ibid. ^
Présomption. Sa définition, 350.— A dtïux parties, 351. — Est la mère nourrice des plus fausses opinions, il)id.
Prières. Quelle est celle que les chrétiens devraient avoir continuellement à la bouche, 171. — Nous ne les lisons ou prononçons que par usage et par coutume, ibid. — Devraient être faites plus rarement ; pourquoi, 174. — Abus que nous en faisons , ibUl. — Pourquoi les pythagoriciens voulaient qu'elles fussent publiques et entendues de tout le monde,
Princes. C'est un usage d'une grande sagesse que celui d'examiner leurs actions après leur mort, 6. — Ils sont menés et ramenés en leurs mouvements par les mêmes ressorts que nous dans les nôtres, 256.— Ils veulent aussi légèrement que nous, mais ils peuvent plus, ibid. — Ils nous font assez de bien quand ils ne nous font point de mal , 543.— Voyez Empereurs, Rois.
Principes des choses naturelles, suivant Arîstote, 295.
Profit. 11 ne s'en fait aucun qu'au dommage d'autrui, 44.
Prognosiicadon , notable eisemple delà forcenée curiosité de notre nature, i9.— Amusement d'esprits aigus et oisifs. 21.
Promesses doivent être religieusement accomplies , 446, 542; seul cas où elles ne doivent point l'être, 446.
Prudence trop circonspecte est mortelle ennemie des hautes exécutions, 57.— Ce que c'est suivant Platon, 606.
Pudeur irrite les désirs, 340.
Pyrrhonisme. Sa définition, 272. — Contredit indifféremment toutes les opinions , ibid. — Idée fausse qu'on se forme de l'auteur de ce système, 274.— Est plus hardi, et, à quelques égards, plus vraisemblable que le système des académiciens, 309.
Qualités maladives. Notre être en est cimenté, 439. Querelles. Quelquefois les plus terribles ont de bien petite? causes, et les plus petites des effets bien terribles, 573.