CHAPITRE XXVIII
Vingt et neuf sonnets d'Eslienne de La Boëtie.
A MADAME DE GRAMMO?iT, COMTESSE DE GUI88EN3.
Madame, je ne vouS oflre rien du mien, ou
(1) Le Irailé de la Servitude volontaire, imprimé pour la première fois en 1578, dans le troisième tome des Mémoires de féiat de la France sous Charles IX. ( Voy. à la fio de ce volume.) Comme cet ouvrage de La Boélie a pour second titre le Comr'un (traduit par De Thou, Anl-Henoticon), Vernier, dans sa Wotice sur les Essais de Montaigne, 1. 1, p. 176, l'app^e, sans doute par méprise, les Quatre contre un. J. V. h.
(2) Les vingt-neuf sonnets de La Boëtie qui se trouvent dans le chapitre suivant.
(5) Diane, vicomtesse de Louvigny, dite la belle Corisande
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-parce qu'il est desjà vostrç, ou pd^r «e que Je n'y treuve rien digne de vous*, mais j'ay voulu que ces vers, en quelque lieaqu'ils se veissent, portassent vostre nom en' teste, poftr l'honneur que ce leur sera d'avoir pour guide ceste grande Corisande d'Andoins. Ce présent m'a semblé vous estre propre, d'autant qu'il est peu de dames en France qui jugent mieulx et se servent plus à propos que vous de la poésie ; et puis, qu'il n'en est point qui la puissent rendre vifve et animée comme vous ïaicles par vos beaux et riches accords, de quoy, parmy un million d'aultres beautés, nature vous a es trenée. Madame, ces vers méritent que vou les chérissiez ; car vous serez de mt)n ad qu'il n'en est point sorty de Gascoigne qui sent plus d'invention et de gentillesse, et qui tesmoignent estre sortis d'une plus riche main. Et n'entrez pas en jalousie de quoy vous n"avez que le reste de ce que pieça j'en ay fai< t imprimer* soubs le nom de monsieur de Foix, vostre bon parent :. car, certes, ceulx cy ont je ne sçay quoy de plus vif et de plus bouillant; comme il les feit en sa plus verte jeunesse, et eschauffé d'ime belle et noble ardeur que je vous diray, madame, un jour à l'aureille. Les aultres furent faicts depuis, comme il estoit à îa poursuitte de son mariage, en fa veur de sa femme, et sentant desjà je ne sçay quelle froideur maritale. Et moy je suis ceulx qui tiennent que la poésie ne rid point ailleurs comme elle faict en un subject folastre et desreglé.
d'Andouins, mariée en 1567 à Pliilibert, comte de GrammonI et de Guiche, qui mourut au siège de la Fèrc un 1580. Aiidoi» ou Andouius était une baroniiie du Béarn, à trois lieue» de Pau. Le roi de Navarre, depuis Henri IV, aima cette belle veuve el eut même l'intention de l'épouser. Ilaraillon, dans son épltrt: au comte de Grammont, dont il a écrit les Mémoires, lui r4|l pelle son illustre aïeule :
Honneur des rires éloignées
Où Corisande TÎt le jour, etc. J. V. I.
(1) En 1571 et 1372, à Paris.