‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 122 sur 999 · F A CL A · texte numérisé non relu

F A CL A

Eh bien ! Monaldeschi, puisque Christine tente D'y remonter, ton âme est, j'espère, contente ?

MONALDESCHI

Deux choses adviendront : ou Gustave saura

Qu'on conspire, et dès lors le complot échoûra - t

Ou, conduit avec l'art que Christine possède,

Il la replacera sur le trône de Suède.

Si Gustave est vainqueur, comme j'ai conspiré,

D'un exil éternel je puis être assuré ;

Si Christine triomphe, à me perdre enhardie,

Je devine pour moi le sort de La Gardie ;

J'ai tout prévu ; Magnus ne doit point à demi

De qui l'humilia s'être fait l'ennemi.

Une lettre par moi lui vient d'être adressée ;

J'y dénonce en détail l'espérance insensée

Que Christine a conçue, et j'y demande au roi,

A la cour de Stockholm un refuge pour moi.

Pour tant de dévouaient, le moins qu'il puisse faire

Est de me replacer dans mon ancienne sphère ;

La Gardie est chargé de régler avec lui

Ce que nous demandons tous les deux ; aujourd'hui

Ou demain je reçois sa réponse peut-être.

PAULA

Tous avez oublié qu'on lit dans une lettre Sans la décacheter. — Vous disiez vrai, l'enjeu Est important, — marquis, — votre tète est au jeu.

MONALDESCHI

Mes mesures, je crois, ont été trop bien prises Pour que je me fatigue à craindre des surprises. Adressée à Christine, une lettre viendra ; Mais c'est Sentinelli qu'elle dénoncera.

Lors de Fontainebleau je m'éloigne sur l'heure ; Puis, une fois parti, que Sentinelli meure Ou vive, peu m'importe.

PAULA

Et dans quel intérêt Me mettez-vous, marquis, d'un aussi grand secret ?

MONALDESCHI

J'ai besoin de quelqu'un qui d'un mot me comprenne, Lorsqu'il en sera temps, qui sorte et qui m'amène Les chevaux qui d'ici me doivent emporter, Sans que sa longue absence ait droit d'inquiéter. Alors nous partirons, et hors de sa présence Une fois, mon amour et ma reconnaissance, Ma Paula, te feront oublier tes tourments.

Tu me retrouveras tel qu'autrefois.

paula, le regardant.

Tu mens!...

N'importe, l'on ne peut trahir sa destinée; La mienne est à la tienne à jamais enchaînée, Compte sur moi.

MONALDESCHI, OVeC J0Î6.

Paula, de mes biens la moitié Est à toi, ma Paula.

paula r le repoussant.

Vous me faites pitié!

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