‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 267 sur 999 · BELA UN AT · texte numérisé non relu

BELA UN AT

Pourquoi?

TERESA

Pourquoi?... Vous ne pouvei quitter ainsi votre patrie, votre maison, votre famille...

BELAUlfAT.

N'as-tu pas quitté tout cela pour venir avec moi?

TERESA

Mais moi...

BELAUlfAT.

Hais toi... tu étais jeune, tu avais de longues et joyeuses années à passer au lieu de ta naissance...

Ferai-je moins pour toi , moi , vieux et près de la tombe?

TERESA

Mon ami!...

RELACHAT.

Non , Teresa : c'est à celui qui n'a rien à perdre de donner à l'autre. — En supposant que j'atteigne le terme ordinaire que la nature a marqué aux hommes , à peine s'il me reste huit ou dix ans à vivre : attendras-tu ces huit ou dix ans, au bout desquels tu seras libre, pour être heureuse?... Et si je vivais au delà de ce terme , si ce mal du pays devenait chaque jour plus insupportable... veux-tu que je craigne que tu me maudisses de ne pas mourir ?

TERESA

Oh! Delaunay!...

RELAUHAT.

Je quitte pour toi, dis-tu, patrie, famille Ma

patrie n'a plus besoin de mes services; c'est à de plus jeunes maintenant à la défendre : j'ai accompli ma tâche envers elle... Ma famille? je n'ai qu'une fille : je l'ai mariée à l'homme de son choix ; et elle est heureuse. — Mon but est donc atteint dans ce monde : Dieu pourrait n'envoyer la mort , et je n'aurais pas le droit de lui dire : attends ; car tout ce que doit faire un homme, je l'ai fait.— Eh bien ! loin de là , Dieu veut que je vive, que je vive heureux... puisque je vivrai avec toi : ion amour seul manquerait à mon bonheur... Cet amour, je l'ai, n'est-ce pas?... amour de fille... je n'en réclame pas d'autre.

TERESA , émue.

Oh! oui... oui!

DRLAUlfAT.

Eh bien! merci à Dieu , à toi merci ! car tous deux vous avex fait pour moi plus que je n'avais droit de demander : exiger plus encore , ce serait de l'ingratitude. — J'ai eu tort de te faire quitter Naples : j'aurais dû penser qu'en me suivant tu obéissais à ton père , qui te voulait voir noble, que tu sacrifiais ton bonheur à l'amour filial... Eh bien! en pensant que je t'ai rendu tout ce que tu chérissais, peut-être oublieras-tu que c'était moi qui un instant l'avais privée de tout cela... Allons, qu'as-tu?...

teresa , pleurant.

Oh ! vous êtes le meilleur, le plus généreux des hommes !... et vous aves raison : il faut que je parte!

BBLAUftAT.

Tu vois que j'avais deviné juste, mon enfant.

TERESA

Oui... oui!... Quand partons-nous?

BELAUlfAT.

Quand tu voudras.

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