DEL AU N AT
Oui'.... ouil.... Et quand, arrivés là-bas , nous parcourrons ensemble le beau pays où tu es née , s'il m'échappe un soupir en songeant à la France... alors , du rocher de Capri ou de la pointe de Muniscole , tu me diras en me montrant la ville qui surgit au milieu de son golfe comme une corbeille de fleurs : Là-bas, vois-tu? c'est Naples... Naples, loin de laquelle je serais morte... Naples, que je n'espérais plus revoir... et que j'ai revue avec délices... Tu me diras cela, n'est-ce pas? et au son de ta voix, à l'aspect de ton bonheur... j'oublierai la France, j'oublierai... j'oublierai tout... pour baiser tes mains, tes genoux , et te dire : oh ! Teresa, quelque chose que j'aie faite pour toi... oh toi, toi, en m'aimant tu as bien fait plus encore !
TERESA
Mon ami, je vous en supplie... Oh! laissez-moi, laissez-moi seule... j'ai besoin de pleurer.
DELAUlfAY.
Oh! oui, oui, pleure de joie... voilà les larmes que j'aime à le voir répandre ! — Au revoir : je vais donner les ordres nécessaires. — Je voudrais aujourd'hui profiter du temps qui me reste pour installer Arthur et Amélie à la campagne, où nous devions passer l'été avec eux. — Tu resteras ici, toi : ce petit voyage te fatiguerait inutilement... Ménage tes forces : tu en auras besoin. — Demain je serai de retour, débarrassé de tous les adieux dont je veux t'épargner le spectacle. — (7/ tonne : un domestique parait.) Attelez le cheval au cabriolet. (Le domestique sort.)
TERESA
Vous ne prenez pas la calèche ?
deiàunay. . • Je la garde pour notre voyage. — Amélie et moi irons dans le cabriolet; Arthur nous suivra à cheval, et demain je me servirai de ce même cheval pour revenir. — Allons, ma Teresa, tout est arrangé.... souris, pour que je pense à ce sourire en disant adieu à ma fille.
( II Vem brasse et sort. )