DEUX HOMMES DE JU8TICB
da stlva, entrant précipitamment.
Le docteur Grey?
LB DOCTBUB.
C'est moi , monsieur.
DA SYLVA
Vous me répondrez d'eux, car ils sont chez vous.
LB DOCTECB.
Holà ! ne me touchez point, vous êtes chez moi , monsieur; ne me forcez pas de vous en faire souvenir.
DA SYLVA
Répondez donc alors !
LB DOCTBUB.
Prouvez-moi d'abord que vous avez le droit de m'interroger.
DA SYLVA
Ces messieurs sont porteurs d'un mandat.
LB DOCTBUB.
Eh bien ! je répondrai à ces messieurs s'ils m'en
justifient, et non à vous qu'à votre accent je ne reconnais même pas pour Anglais.
DA SYLVA
Soit; nuis prenez-y garde, nous savons qu'ils sont ici ; nous les suivions de plus près qu'ils ne croyaient ; ils ont relayé à la dernière poste , on ne les a point vus à celle-ci , et en passant j'ai cm reconnaître , j'ai reconnu la voiture devant votre porte : ainsi, songez -y bien, il serait inutile et peut-être dangereux de mentir.
LB DOCTBUB.
Je ne mens jamais , monsieur.
da sylva , se jetant sur une chaise.
Monsieur le constable , faites votre devoir.
LB COIISTABLB.
Docteur Grey, vous avez reçu chez vous, ce soir, un homme masqué?
LE BOCTBUB.
Oui , monsieur.
LB COIISTABLB.
Il était accompagné d'une jeune dame?
LB DOCTBUB.
C'est vrai.
da sylva , se levant.
Où sont-ils ? — ( Le docteur se tait. ) Où sont-ils ? vous dis-je.
lb doctbub , froidement.
Monsieur le constable , j'attends que vous m'interrogiez.
LB COIISTABLB.
Je ne puis que répéter la question de monsieur : où sont-ils?
LB DOCTBUB.
Ici cesse pour moi l'obligation de répondre jusqu'à ce que je sache de quel droit vous me faites cette question.
DA SYLVA
De quel droit ! cette jeune femme, c'est ma fille; cet homme masqué , son séducteur.
LB DOCTBUB.
Votre mandat?
LB COIISTABLB.
Le voici, lisez.
LB DOCTBUB.
u Ordre d'arrêter, partout où on la retrouvera , une jeune fille dont le signalement suit. » Son nom n'y est pas.
DA SYLVA
Lisez.
LB DOCTBUB.
« Le porteur du mandat désignera lui-même la personne contre laquelle il devra être mis à exécution. » Vous êtes puissant, monsieur, pour obtenir un tel ordre contre une femme, dans un pays libre.