ACTE III, SCÈNE VIL
donnés pour vivre sans abri , sans pain , et pour tomber chaque jour successivement ou morts ou mutilés sur la route que je parcours, qui embrasse le cercle du monde , que je sème de tombeaux et qui conduit à l'immortalité — ou au néant. — (On entend battre la diane.) Le jour , déjà le jour ! — (Tout le monde s'est levé,) Eh bien, Duroc ? dukoc, suivi de plusieurs maréchaux.
L'ennemi a conservé sa même position.
NAPOLÉON
Battons -nous donc! Mes amis, voilà le soleil d*Austerlitz.
MURAT
Qu'ordonne Votre Majesté?
napoléon, au» maréchaux qui l'entourent.
Voici le plan général. — Pendant le combat mes aides de camp vous porteront mes ordres particuliers. Eugène sera le pivot. C'est la droite qui engagera la bataille. Dès qu'à la faveur du bois elle aura enlevé la redoute qui lui est opposée , elle fera un
à-gauche, marchera sur le flanc des Russes , ramassant et refoulant toute leur armée sur leur droite et dans la Kalougha.
Trois batteries de soixante canons chacune seront opposées aux redoutes russes, deux en face de leur gauche, la troisième dans leur centre. Poniatowski et son armée s'avanceront par la vieille route de Smolensk , vous attendrez ses premiers coups de canon pour donner : ce sera le signal. — Allez , messieurs.
Soldats! voilà la bataille que vous avez tant désirée. Désormais la victoire dépend de vous; elle nous est nécessaire, elle nous donnera l'abondance, de bons quartiers d'hiver, et un prompt retour dans la patrie. Conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, à Vitepsk et à Smolensk ; que la postérité la plus reculée cite votre conduite dans cette journée ; que l'on dise de vous : « Il était à cette grande bataille , sous les murs de Moscou. »
( Le théâtre change. )
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SEPTIÈME TABLEAU
Le Kremlin.