SCENE III
JUN1A, CALIGULA, AFRANTUS.
juiiiA, de la porte du fond.
Jupiter m'est propice, César dans ma maison !
CALIGULA
Oui, moi-même, nourrice.
Je venais à Pouzzolle, et, si près de Bala, J'ai voulu saluer ma mère Junia; Depuis plus de six mois je ne Pavais pas vue.
| JUHIA.
C'est un dieu qui me fait cette joie imprévue. Mais oserai-je encore appeler mon enfant Celui que je revols vainqueur et triomphant?
calioula, t' appuyant sur le lit de repos.
Tu sais donc mes combats chez ces peuples farouches?
César, la renommée a-t-elle pas cent bouches?
CALIOULA.
Tu me flattes aussi.
JUHIA.
Je dis la vérité.
calioula , ë'étendant $ur le Ut.
Tiens, nourrice , tais-toi, tu m'as toujours gâté.
JUHIA.
Nous avons eu grand'peur, le maître du tonnerre, Jaloux, dit-on, du dieu qui règne sur la terre, L'a voulu détrôner... juge de nos transports
CALIGULA
Oui, comme Thésée, oui, j'ai vu les sombres bords, Et déjà le nocher de l'Achéron avide M'appelait à grands cris... mais voilà mon Altide; Aux portes du Téuare, il m'est venu chercher! Tu sais son vœu ?
JUHIA.
Je sais qu'il est un nom bien cher...
Que Rome, avec un cri de piété proronde, A dit à la Province et la Province au monde; Un nom qui fait pâlir celui de Curtius , Et ce nom, c'est celui du noble Afranius; Du salut de son fils la mère te rend grâce.
ATEAHIU8.
J'ai fait ce que tout autre aurait fait à ma place. Je n'avais pas d'ailleurs un grand risque à courir, César est dieu! César ne pouvait pas mourir !
N'importe, tant de dieux ont visité Cerbère, Du divin Romulus jusqu'au divin Tibère , Qu'avant de prononcer un vœu si hasardé, Tout autre eût à deux rois peut-être regardé !