‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 968 sur 999 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MESSALINE, senie.

Bien! écarte avec soin la fille de la mère,

Commande à chaque porte une garde sévère,

Malgré l'éloignement,etles soldats et toi,

Je les rapprocherai, s'il me convient à moi.

Par Vénus ! contre lui César même conspire,

Et le peuple est tout prêt pour un autre. Oh! l'empire,

L'empire à qui le monde apporte ses tributs,

Avec un empereur pareil à Claudius,

C'est-à-dire un manteau pour voiler notre épaule,

C'est-à-dire un acteur chargé d'un mauvais rôle,

Qui nous laisse rouiller, selon notre vouloir,

Dans cette mine d'or qu'on nomme le pouvoir.

Oh ! malheur au dragon qui de mes mains avides

Défend seul ce nouveau jardin des Hespérides,

Qui du seuil me permet d'entrevoir ses fruits d'or,

Et qui veut m'empêcher d'atteindre à mon trésor.

Vainement par instinct contre moi tu te dresses !

Serpent des voluptés, un jour de mes caresses

Je n'aurai qu'à serrer les liens assouplis,

Et je t'étoufiferai dans mes mille replis !

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