‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 980 sur 999 · ME8SALI1II · texte numérisé non relu

ME8SALI1II

Oui; mais, hélas! ce soir ta déesse fidèle, Ami, ne conduis pas les plaisirs avec elle; ' Toute nuit n'est point calme et sereine en son cours ! Et la terreur parfois en chassé les amours !

CHEREA.

Cette sédition n'esl-elle point calmée, Et ma reine pour elle en est-elle alarmée?

MESSALINE

Oh ! non... La liberté n'a pas de si longs eris ; La révolte est muette et ses deux chers sont pris, Et comme celle des dieux la colère amortie A permis aux vaisseaux d'entrer au port d'Ostie ; Mais ces dangers passés d'un autre sont suivis, Et j'accours, Cherea, pour l'en donner avis.

A l'heure où tout était prêt pour notre vengeance, Où tout avec nos cœurs semblait d'intelligence, Où le complot pouvait, au résultat conduit, Après tant de retards, éclater celte nuit...

Par une circonstance imprévue et soudaine, H se peut que César échappe à notre haine.

CHEREA.

César nous échapper!... Soupçonnerait-il...

MESSALINE

Non.

César, j'en suis certaine, est encor sans soupçon !

CHEREA.

Eh bien! s'il est ainsi, qu'avons-nous donc à craindre?

Cet amour que tu dis si fatigant à feindre

N'ouvre-t-il pas toujours à nos desseins secrets

Un facile chemin pour entrer au palais?

Et lorsque Messaline aux gardes s'est nommée,

Son nom n'ouvre-t-il pas toute porte fermée?

MESSALINE

Oui, hier encor ce nom était un talisman ; Mais, depuis ce matin, il en est autrement, Et c'est un autre nom que, dès ce soir peut-être, Les gardes du palais apprendront à connaître.

CHERRA

Que dis-tu?

MESSALINE

Que César, changé dans un seul jour, S'est tourné tout entier vers un nouvel amour, El que ce sentiment a déjà sur son âme Un pouvoir absolu.

CHEREA.

Quelle est donc cette femme Qui mêle à nos projets son amour ravisseur?

MESSALINE

Une enfant de seize ans, qu'il appelle sa sœur,

Depuis deux ou trois jours à Baïa revenue,

De moi comme de tous jusqu'alors inconnue,

Qui restait à Narbonne, en Gaule, et que de là

A ramenée à Rome un certain Aquila ;

Vois- tu... c'est contre nous quelque complot infâme

Qu'il nous faut déjouer.

aquila, à la porte du cabinet.

Que dil donc cette femme?

MESSALINE

Enlevée à sa mère, elle fut ce matin, Malgré ses cris, ses pleurs, conduite au Palatin, Où César près de lui l'a cachée, et, peut-être Dès ce soir...

aquila , Balançant en scène.

Par le Styx ! un homme, as-tu dit, maître, Pour frapper l'empereur te manquait aujourd'hui, Cet homme, le voilà ; veux-tu toujours de lui?

MESSALINE

On nous écoutait?

aquila.

Oui.

CHERRA

Tu consens donc ?

aquila.

Sur l'heure, Frappé... mais par moi seul! que César tombe et meure; Tribun, donne-moi donc, à l'instant, sans retard, Voyons! une arme, un fer, une épée, un poignard !

CBRREA.

Mais enfin d'où te vient cette haine empressée?

AQUILA

Tu ne comprends donc pas ? C'était ma fiancée, Celte sœur de César, cette jeune Stella, Et moi, moi !... moi, qui suis son amant Aquila !... Moi, dont l'aveuglement l'a ramenée à Rome, Pour la livrer en proie aux désirs de cet homme ;

CALIGULA

Moi, qui pour la sauver n'ai que quelques instants; Vite donc... un poignard, dépèche- toi... j'attends!

R8SALINB.

Non pas, Gaulois... Crois-tu ta maîtresse fidèle ?

AQCILA.

Oh! si le je crois...

■IMALIRB.

Bien ! alors veux-tu près d'elle, Moi, que je t'introduise, et, comblant tous tes vaux, La remette en tes bras ?

AQOILA.

Le peux-tu?

■BMAinre.

Je le peux.

aovila, tombant ê gênons.

Oh! fais ce que tu dis... et moi! moi qui dans Pane ITai ni culte ni dieu... je t'adorerai... femme >

MEMU.IIÏX.

Viens donc alors.

AQOTtA.

Allons.

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