‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 981 sur 999 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

STELLA, seule, à genoux au pied du lit et enveloppée d'un grand manteau rouge; elle écoute avec anxiété.

N'ai -je point entendu du bruit vers cette porte ?

Quelqu'un ne vient-il pas?.. mon Dieu, pure ou morte!

Non, pas encorî... Seigneur miséricordieux,

Seigueur, terez-vous moins que n'ont fait de faux dieux ?

Quand, fuyant d'Apollon la poursuite profane,

Daphné tomba mourante en invoquant Diane,

Diane l'entendit, et d'un laurier soudain

L'écorce, chaste armure, enveloppa son sein ;

De même, lorsque Pan, d'une course hardie,

Allait joindre Syrinx, la nymphe d'Arcadie;

Syrinx, pour échapper aux désirs ravisseurs,

A son aide appela les naïades ses sœurs;

Et l'on dit qu'aussitôt la nymphe fugitive

Sentit ses pieds lassés s'attacher à la rive,

Et, selon son désir, transformée en roseaux,

Mêla son dernier souffle au murmure des eaux.

En vous donc, Dieu paissant, je me fie et j'espère,

Car les faibles en vous trouvent un second père.

De Morse au berceau sur le Nil écumant

Vous avez entendu le sourd vagissement ;

Votre souffle sauva de la flamme grondante

Les trois enfants jetés dans la fournaise ardente,

Et votre esprit divin est descendu du ciel

Pour garder des lions le jeune Daniel :

Plus qu'eux, a mon secours ma terreur vous convie,

Car ceux-là ne tremblaient, Seigneur, que pour leur vie, Tandis... Oh! cette fois je ne me trompe pas,

J'entends du bruit

(Se relevant.) On vient.

(Se tordant les bras. Courant à la fenêtre.) Hélas, Seigneur, hélas !

J'échapperai du moins à son amour infâme :

Adieu, ma mère, adieu! Seigneur, sauvez mon Ame!

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