RÉPONSE DE M. DE VOLTAIR
AU BAS DU PRÉGEDEITT BIJLLET.
Ah ! mon Dieu , sire, dans l'état où je suis ! Je vous jure encore sur ma vie , à laquelle je renonce sans peine , que c'est une calomnie affreuse. Je vous conjure de faire confronter tous mes gens. Quoi! vous méjugeriez sans entendre! Je demande justice , et la mort.
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aVEC le roi de PRUSSE. — lySB. 1 79
BILLET DU ROI DE PRUSSE
Il n'était pas nécessaire que vous prissiez le prétexte du besoin que vous me dites avoir des eaux de Plombières pour me demander votre congé. Vous pouvez quitter mon service quand vous voudrez ; mais avant de partir faites-moi remettre le contrat de votre engagement, la cIqF , la croix et le volume de poésies que je vous ai confié. Je souhaiterais que mes ouvrages eussent été seuls exposés à vos traits et à ceux de Kœnig. Je les sacrifie de bon cœur à ceux qui croient augmenter leur réputation en diminuant celle des autres. Je n*ai ni la folie ni la vanité de certains auteurs. Les cabales des gens de l<3ttres me paraissent Fopprobre de la littérature. Je n'en estime cependant pas moins les honnêtes gens qui les cultivent. Les chefis de cabales sont seuls avilis à mes yeux.
Sur ce y je prie Dieu qu il vous ait en sa sainte et digne garde. —
DE M. DE VOLTAIRE
Sire, ce nest sans doute que dans la crainte de ne pouvoir plus me montrer devant votre majesté que j'ai renùs à vos pieds des bienfaits qui n'étaient pas les liens dont j étais attaché à votre personne. Vous devez juger de ma situation affreuse, de celle de toute ma famille, n ne îhe reste qu'à m'aller cacher pour jamais, et déplorer mon malheur en silence. M. Fédersdoff , qui vient me consoler dans ma disgrâce, m'a fait espérer que votre majesté daignerait écouter envers moi la bonté de son
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1 8o CORRESPONDANCE
caractère, et quelle pourrait réparer par sa bienveillance, s'il est possible, l'opprobre dont elle m'a comble. Il est bien sûr que le malheur de vous avoir déplu n'est pas le moindre que j'éprouve. Mais conmient paraître? comment vivre .»^ Je n'en sais rien. Je devrais être mort de douleur. Dans cet état horrible, c'est à votre humanité à avoir pitié de moi. Que voulez-vous que je devienne et que je fasse ? Je n'en sais rien. Je sais seulement que vous m'avez attaché à vous depuis seize années. Ordonnez d'une vie que je vous ai consacrée , et dont vous avez rendu la fin si amère. Vous êtes bon , vous êtes indulgent, je suis le plus malheureux homme qui soit dans vos états; ordontiez de mon sort.