‹ ŒuvresChapitre 37 sur 66 · CCCLXXVI · texte numérisé non relu

CCCLXXVI

DE M. DE VOLTAIRE

Qutnd un cordelier incendie Les ouTrages d'an capucin , On ient bien que c'est jalousie, Et VeSet de l'esprit malin.

Mais lorsque d'un grand souverain Les beaux écrits il associe Aux farces de saint Cucufin , Cest une énorme étourderie.

Le saint père est un pauyre saint ; Cest un sot moine qui t'oublie ; Au hasard il excommunie.

Qui trop embrasse mal étreint.

Voilà votre majesté bien payée de s'être vouée à saint Ignace; passe pour moi chétif, qui n'appartiens quà saint François.

Le malheur, sire, c'est qu'il n'y a rien à gagner à punir frère Ganganelli : plût à Dieu qu'il eût quelque bon domaine dans votre voisinage, et que vous ne fussiez pas û loin de Notre-Dame de Lorette!

Il est bea« de saroir railler Cm taéhqomê fesemv de bulles ; J*aime à les rendre ridicules ; J'aimerais mieux fcs dépouiller.

Que ne vous chargez-vous du vicaire de Simon Barjone, tandis que l'impératrice de Russie époussette le

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vicaire de Mahomet? Vous auriez à vous deux purgé la terre de deux étranges sottises. J'avais autrefois conçu ces grandes espérances de vous; mais vous vous êtes contenté de vous moquer de Rome et de moi, d'aller droit au solide, et d'être un héros très avisé.

Tavais dans ma petite bibliothèque Y Essai n^ les Préjugés f mais je ne l'avais jamais lu ; j avais essayé d'en parcourir quelques pages, et n'ayant vu qu'un verbiage sans esprit, j'avais jeté là le livre. Vous lui faites trop d'honneur de le critiquer ; mais béni soyez-vous d'avoir marché sur des cailloux et d'avoir taillé des diamans ! Les mauvais livres ont quelquefq^s celsi à^e bon, quili en produisent d'utiles^

De la fange la plus grossière On Toit touTcnt naître des fleurs , Quand le dieu brillant des neuf Sœurs, La firappe d'un trait de lumière.

Tâchez, je vous prie, sire, d'avoir pitié de mes vieux préjugés en faveur des Grecs contre les Turcs ; j'aime mieux la famille de Socrate que les descendans d'Orcan, malgré mon profond respect pour les Souverains.

Sire, vous savez bien que, si vous n'étiez p • roi, j'auraia voulu vivre et mourir auprès de vous.

Le vieux malade ermite^

P. S. Je vois que vous ne voulez point des trois Grâces de M. Hénin; celles qui vous inspirent quand vous écrivez sont beaucoup plus grâces.

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AVEC LE ROI DE PllUSSE. — 1770. 3^9

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