‹ ŒuvresChapitre 38 sur 66 · CCCLXXVIL DU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

CCCLXXVIL DU ROI DE PRUSSE

A Sans-Soad , U 7 juillet.

Qae le taint père ait fait brMer Un gros tas de mes rapsodies , Je saurai , pour m'en consoler, Me chanflier k leurs incendies.

Et mettre aux pieds de Jésus-Christ, En bon en&nt de saint Ignace, Tout ce que j*ai jamais écrit Sans l'assistance de la grâce.

Suffisante comme efficace.

Mais ce suisse du paradis Était ÎTre, ou du moins bien gris, Lorsqull osa traiter de même Les ouvrages de mon bon saint , Nouveau patron de Cucufin.

rappelle de cet anathème An corps du concile prochain.

Il parait même très plausible , Et , malgré Loyola » je crois Que le saint père en tels exploits Ne fut jamais moins infaillible.

Ce bon cordelier du Vatican n'est pas, après tout, aussi hargneux qu'on se Fimagine. S'il fait brûler quelques liyres , c'est seulement pour que l'usage ne s'en perde pas, et d'ailleurs les nez romains aiment à flairer Todenr de cette fumée.

Mais n*admirez-Yous pas arec quelle patience digne de lagneau sans tache il s'est laissé enlerer le comtat <l*ATignon ? combien peu il y pense , et dans qudie concorde il vit avec le Très-Chrétien? Pour moi, j'aurais tort de me plaindre de lui : il me laisse mes chers jésuites que l'on persécute partout. J'en conserverai la

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graine précieuse , pour en fournir un jour à ceux qui voudraient cultiver chez eux cette plante si rare. Il n'en est pas de même du sultan turc.

Si monsieur le mamamouchi Ne t*était point mêlé des troubles de Pologne,

Il n'aurait point ayec yergogne

Vu ses spahis mis en hachi ,

Et de certaine impératrice

( Qui vaut seule deux empereurs )

Reçu , pour prix de son caprice.

Des leçons qui devraient rabaisser ses hauteurs.

Vous voyez comme elle s'acquitte

De tant de devoirs importans.

J'admire, avec le vieil ermite, Ses immenses projets,8es exploits éclatans:

Quand on possède son mérite.

On peut se passer d'assistans.

C'est pourquoi il me suffit de contempler ses grands succès, de faire une guerre de bourse très philosophique, et de profi:ter de ce temps de tranquillité' pour guérir entièrement les plaies que la dernière guerre nous a faites, et qui saignent encore.

Et quant à monsieur le vicaire ( Je dis vicaire du bon Dieu ) , Je le laisse en paix en son lieu S'amuser avec son bréviaire.

Hélas ! il n'est que trop puni En vivant de cette manière :

Du sage en tout pays honni , Payé pour tromper le vulgaire , Et tiremblant qu'un jour en son nid Il n^entre un rayon de lumière.

Lorette serait à côté de ma vigne, que certainement je n'y toucherais pas. Ses trésors pourraient séduire des

Mandrins, des Conflans, des Turpins, des Rich et

leurs pareils. Ce n'est pas que je respecte des dons que

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l'abrutissanent a consacrés , mais il feut épargna ce que le public vénère; il ne faut point donner de scandale : et supposé qu'on se croie plus sage que les autres , il fout, par complaisance, par commisération pour leurs foiblessesy ne point choquer leurs préjugés. Il serait à souhaiter que les prétendus philosophes de nos jours pensassent de même.

Un ouvrage de leur boutique m*est tombé entre les mains : il m*a paru si téméraire, que je n*ai pu m'empêcher de faire quelques remarques sur le système de là nature , que Fauteur arrange à sa façon. Je vous communique ces remarques; et si je me suis rencontré avec votre façon de penser, je m*en applaudirai. J*y joins une élégie sur la mort d'une dame dlionneur de ma sœur Amélie, dont la perte lui fut très sensible. Je sais que j*envoie ces balivernes au plus grand poète du siècle, qui le dispute à tout ce que l'antiquité a produit de pUis parfait; mais vous vous souviendrez qu'il était d'usage, dans les temps reculés , que les poètes portassent leurs tributs au temple d'Apollon. Il y avait même, du temps d'Auguste, une bibliothèque consacrée à ce dieu, où les Virgile, les Ovide, les Horace, lisaient publiquement leurs écrits. Dans ce siècle où Femey s'élève sur les ruines de Delphes , il est bien juste que l'on y envoie ses offrandes : il ne manque au génie qui occupe ces Jieux que l'immortalité. <

Vous en jouir» bien par tos diyint ëciitt ;

Ht sont faits pour plaire à tout Age :

Us sayent éclairer le sage»

Et répandre des fleiurs sur les Jeux et les Rît. Quel illustre destin , quel sort pour un poème D'aller toujours de pair ayee l'éternité !

Ah ! qu'à celte félicité

Votre corps ait sa part de même !

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Ce 8ont de» vœux auxquels tous les hommes de lettres doivent se joindre ; ils doivent vous considérer eonune une colonne qui soutient seule par sa force un bâtiment prêt à s'écrouler, et don^ les barbares sapent déjà le$ fondemens. Un essaim de géomètres mirmidons persécute déjà les belles lettres , en leur prescrivant des lois pour les dégrader. Que n'arrivera-t-il pas lorsqu'elles manqueront de leur unique appui, et lorsque de froids imitateurs de votre beau génie s'efforceront en vain de vous remplacer? Dieu me garde de n'avoir pour amusement que de courtes et arides solutions de problèmes plus ennuyeux encore qu'inutiles! Mais ne prévenons point un avenir aussi fâcheux, et contentons-nous de jouir de ce que nous possédons.

O compagnes d'une déesse ,

Vous que par des soins assidus

Voltaire sut en sa jeunesse

Débaucher des pas de Vénus ,

Grâces, veillez sur ses années :

Vous lui devez tous vos secours ; Apollon pour jamais unit vos destinées, Obtenez d'Alecto d'en prolonger le cours,

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