‹ ŒuvresChapitre 53 sur 66 · DXIV · texte numérisé non relu

DXIV

DE îf. DE VOLTAIRE.

Qaoi ! c*e«t donc cet heureux Taûupieiir Et de rAatrîcbe et de le France ; Cett ee grave législateur De qui la sublime éloquence Parut égale à sa valeur ; Cest ce généreux défenseur De la raison , qu'à toute outrance La fanatique extravagance Pertétute avec tant d'ardeur ; Cest ce héros, mon protecteur y Qui s*est fiit, dit-on, Timprimenr Des idylles de Deshoulière.

Seigneur, je ne m'attendais guère De voir César ou Cicéron Sortir de sa brillante sphère Pour devenir un Céladon.

Mais il faut que tous les goûts entrent dans votre ame universelle ; elle sent mieux que personne qu'il y a dans les ouvrages de madame Deshoulières , quoi- .qu'un peu faibles, des morceaux naturels et même philosophiques qui méritent d*être conservés; pour Choulieu, il a fait quatre ou cinq pièces dignes de Frédéric-le-Grand.

Puisque vous prot^z les philosophes après leur mort , votre majesté les protégera aussi pendant leur vie ; la rage des pédans fanatiques en robe longue vient, de condamner au bannissement perpétuel un jeune homme nommé Delisle, pour avoir fait un livre intitulé ta Philosophie de la nature. C est , dit -on , un savant plein d'imagination, beaucoup plus vertueux que hardi. M. d'Alembert est, je crois, instruit de son mérite et de son malheur.

Googk

Pour moi y «i ces ennemis des sages me persécutent à quatré-Tingt-trois ans , j*ai ma bière toute prête en Suisse à une Heue de la France; j*ai quelque ressemblance avec Morival ; je f us attaqué, il y a un mois, d'une espèce d'apoplexie, dont les suites me tourmentent plut que les fanatiques ne me tourmenteront. J emploierai , si je puis , m^s derniers momens à rendre exécrables les assassins juridiques de Morival d*ÉtaIlonde , du chevalier de La Barre, du général Lally, de la maréchale d*Ancre, et de tant d*autres.

Tout ce que votre majesté daigne me dire sur notre gouvernement et sur nos finances est bien vrai; oest à Newton à parler de mathématiques , e*est à Frédériole-6rand à parler de gouverner les homme# : je serais étonné si la France attaquait aujourd'hui les Anglais sur mer , comme je serais très surpris si notre puissance eu impuissance osais» attaquer votre majesté sans avoir discipliné ses troupes pendant vingt années. »

Daignez, sire , me conserver voft bontés jusqu'à mon dernier momenU

DXY.

A Pottdam, T7 jain.

i^e tolent est un don des dienx Qu'en nos jours leur main trop a^are Rend plus estimable et plus rare Qu'au temps des Quinault, des Chaulieux. Né sur les bords de la Baltique^ Sous un ciel chargé de frimas , Admirateur du chant lyrique.

Mon ame épaisse et flegmatique , En t*eC(brçant n'en produit pas.

# Que me restaiuil donc à faire ?

Ne pouvant être un bon auteur « Je me rendis riiumble éditeur D'Épicure et de Deshoulière.

Googk

598 COBBESPOlfDAÎÎCE

Si jetais Voltaire ou Apollon, j'aurais peut-être resserré le Yolufne en le réduisant à moins de pages ; mais m*aurait-il convenu d^étre aussi sévère censeur, ne pouyauit surpasser ceux (pie j'aurais ain|i mutilés ? 11 me sertuix arrivé comme à I^ Beaumelle et à Fréron» Us jujg;èrcQt la Henr(ade, ils voulurent y substituer des v^ers, et il ny eut k 7 oritiipi^r ^pe ce gails avaient ajo«jté à ce poème. •

i*en viens à vos cbagnns et a vos peines : souvenez* vous bien que l'intention de ceux qui vous persécutent jOSt d'abréger vos jours. Jouez-leur le toiir de vivre à l^ur dam y et de vous porter mieux qu eux*

Noms sommes ici tranquilles fit aussi pacifiques que \m qipakers. Nous entendons parlet du générid Howe dont chaque chien en aboyant prononce le nom. Nous Usoos dans les gazettes ce qu'09 xacome des hauu faiu des msut]gens d'Amérique. Les uns vanteni la Ibrce de la flotte anglaise; d'autres disent qiie la Franoeet V£s* pagne ont plus de vaisseaux que ces insulaires.

Actuellement la politique des gazetiers se repose : il n*est plus question que du séjour du comte de Falkenstein* k Paris. Ce jeune prince y jouit des suffrages publics; on applaudit à son affabilité ; et l'on est surpris de trouver tant de connaissances dans un des premiers souverains de l'Europe. Je vois avec quelque satisfaction que le jugement que j'avais porté de ce prince est ratifié par une nation aussi éclairée que la française. Ce soidisant comte retournera chez lui par la route de Lyon et de la Suisse. Je m'attends qu'il passera par Ferney, et qu'il voudra voir et entendre l'homme du siècle, le Virgile et le Cicéron de nos jours. Si cela arrive, vofis l'emporterez en tout sur Jésus. Il n'y eut que des rois,

f LViuperear Joseph II.

Googk

AVEC LE ROI DE PBtTSSE. — 1777- Sgg

OU je ne sab quels iDUgeSy qui Tinrent à son ëtable de Bethléem, et Ferney recevra le» hommages d'un empereur.

Pour rendre le parallèle parfait y je substitue à Fétoile qui guidait les mages les lumières de la raison qui conduit notme jeune monarque. Si cette visite a lieu, je m>e flatte que les nouvdles connaissances ne' vous feront pas oublier les anciennes , et que vous vous souviendrez que parmi la foule de vos admirateurs il existe un solitaire à Sans-Souci, qu'il faut séparer de la multitude. P^ale. FénÉRic.

rai lu cet ouvrage de Delisle; il y a sans doute de bonnes choses, mais peu de méthode, et sur la£n beau coup de ce que les Italiens appellent concettii

Page 1