‹ ŒuvresChapitre 54 sur 66 · DXVI · texte numérisé non relu

DXVI

Oui » TOUS Terrez cet empereur.

Qui voyage afin de s'iDStruire, Porter soo hommage à Tauteur Dt Henri Quatre et de ZoÎTê, Votre génie est un aimant Qui , tel que le soleil attire A soi les corps du firmament , Par sa force Tictorieuse Amène les esprits à soi ; Et Thérèse la scrupuleuse Ne peut renverser cette loi. .

Joseph a hien passé par Rome Sans qu*il fôt jamais introduit Chez le prêtre que Jurieu nomme Très civilement l'Antechriit.

Mais à Genève qu*on renomme , Joseph , plus fortement séduit , Révérera le plus grand homme Que tous les siècles aient produit.

ht 9 juillet

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6oO CORRESPONDAirCE

Cependant les Autrichiens ont Jusqu'à présent encore mal profité des leçons de tolérance que tous ayez don* nées à FEurope. Voilà en Moravie, dans le cercle de Préraw, quarante yillages qui se déclarent tous à la fois protestans. La cour, pour les ramener au giron de le? glise, a fait marcher des convertisseurs avec dès argumens à poudre et à balle, qui ont fusillé une douzaine de ces malheureux, en attendant qu'on brûle les autres. Ces faits , que nous vous communiquons , sont par malr heur peu consolans pour Fhumanité.

Je ne sais si je me trompe ; mais il me semble qu'il y «^ un levain de férocité dans le cœur de l'homme, qui reparaît souvent quand on croit l'avoir détruit. Ceux que les sciences et les arts ont décrassés sont comme ces ours que les conducteurs ont appris à danser sur les pâtes de derrière; les igiiorans sont comme les ours qui ne dansent point. Les Autrichiens ( j en excepte 1 empereur ) pourraient bien être de cette dernière classe.

Il est bien fâcheux que les Français , d'ailleurs si air mables, si polis, ne puissent pas dompter cette fougue barbare qui les porte si souvent à persécuter les innocens. En vérité , plus cm examine les fables absurdes sur lesquelles toutes les reUgions sont fondées, plus on prend en pitié ceux qui se passionnent pour ces balivernes.

Voici un rêve que je vpus envoie, qui peut-être vous amusera un moment. Vous donner de tels ouvrages d'une imagination tudesque, c'est jetpr wne goutte d'eau dans la mer.

Je vous remercie du beau projet de politique dont vous me faites louverture; ce serait une chose à exécuter si j'avais vingt ans. Le pape et les moines fini* jront sans doute ; leur chute ne sera pas l'ouvrage de la

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raison ; mais ils périront à mesure que les finances des grands potentats se dérangeront. En France, quand on aura épuisé tous les expédiens pour avoir des espèces, on sera forcé de séculariser des abbayes et des couTcns. Cet exemple sera imité , et le nombre des cucultaii ré» duit à peu de chose. En Autriche, le même besoin d'argent donnera Tidée d avoir recours à la conquête facile des états du saint siège pour avoir de quoi fournir a|ix dépenses extraordinaires , et Ton fora une grosse pension au saint-père.

Mais qu arrivera-t-il ? la France, FEspagne, la Pologne , en un mot toutes les puissances catholiques , ne voudront pas reconnaître un vicaire de Jésus subordonné à la main impériale. Chacun alors créera un patriarche chez soi. On assemblera des conciles nationaux. Petit à petit chacun s*écartera de luAité de leglise, et Ton finira par avoir dans son royaume sa religion, comme sa langue, à part.

Gomme je ne fixe aucune époque à cette prophétie , personne ne pourra me reprendre. Cependant il est très probable qu'avec le temps les choses prendront le tour ^ue je viens d'indiquer.

Je suis fort sensible aux marques de votre souvenir, et des vieux temps dont vous rappelez la mémoire. Hélas! que retrouveriez -vous à Sans -Souci, s'il était possible que je pusse espérer de vous y revoir?

Un vieillard glacé par les ans.

Froid , taciturne et flegmatique , Dont le propos soporifrque Fait bâiller tous les assistans.

Au lieu de mots assez plaisans.

Assaisonnés d'un sel attique Qu'il débitait dans son bon temps , Un radotage politique,

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Et <l*ob#ciire métaphytîqne,

Plot ennuyeux , plus réyolunt »

Que ne 8ont les nouycaux romans.

Ainsi quand le moelteux Zéphyre Dm airs cède Himnente empire Au fougueux ioulHe d'Aquilon , La nature aux abois expire.

Le champ qui portait la moisson A perdu ta belle parure , L'arfavte est dépoûiUé de yerdore »

Les jardins sont privés de fleurs ; L'homme ainsi ressent les rigueurs Du temps qui vient miner son être.

Si , jeune il se nourrit d'eÉreurs, Dès qa*il jirgt et qu*U sait coooaitre , L*âge, les maux et les langueurs Le font pour toujours disparaître.

Toutes «et Yariaiîon» 6ont pour le connut» de ï^ê^ pèœ, mais non pour* le dhin \oUakpe. Il est oonuoe madame Sara, qui £esait tourner la tête aux roitelets arabes à Tâge de cent soixante ans. Son esprit rajeunit au Heu de TÎeillir : pour lui le Temps n'a point d'ailes; mm il est à craindre que la nature n ait perdu le moule où elle l!a jeté. Qb bous conte que Jupiter prolongea la nuit quil coucha avec Alcmène, pour se donner le temps de fabriqua Hercule : je «uis persuadé que si 1 on examinait les phénomènes de Tannée 1 694 1 pareille mei^ Teille s'y trouverait. Enfin, jouissez long-temps des prodigalités de la nature; personne ne s'intéresse plus à votre conservation que le solitaire deSans-Souci. P^ale,

Fbderig.

Il fallait les charmes de l'enchanteur de Ferney pour tirer des vers de ma vieille et stérile cervelle.

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