DXVII
DE M. DE VOLTAIRE
Monsieur le grand rêveur, personne n'a jamais hit un plus beau songe que vous. Si Nabuchodonosor avait rêve ainsi, il n'aurait jamais oublié un pareil songe, et n'anrait point propose à ses mages de les faire pen()re s'ils ne devinaient pas ce qu il avait ouUië. L'empereur JaUen, tout grand philosophe, tout homme «l'esprit, (St tout appstat qa*tl était, n'eut pas le bonheur de raisonner aussi bien étant éveillé que vous étant efndormi. Chi reproche à ce grand homme d'avoir fait enchérir les hCEKth et les Taches par ses fréquens sacrifices , dans le temps qu'il se moquait du saint sacrffice de la messe et desuutres facéties des chrkticoles. Pour voMs, monsieur, vous voa« moquez de toute là: terre, et vous avez grande raison. Il y a même quelque apparence que vous la cor^ figerez de ses ridicules avant qu'il soit trois ou quatre mille ans; et en vérité, vous méritez de vrvre jusqu'à cette heureuse révolution. Je ne désespère pas que vousne montriez ce nouveau prodige au monde. En efvfet, s'il y a <pielqoe secret pour Tc^érer, c'est le beiatf préce^ ipie vous rapportez i la fin de votre rêve : Réjouis^ toi , car tu n'es pas sûr d'en faire autant d<^nain.
Si vos productions de la nuit m'ont fait un si grand plaisir, celles du jour ne m'en font pas moins. Vos petiu vers sont délideux, mais vous n^avez jas prophétisé aussi juste sur moi que sur le reste de l'univers. Je n'ai point vu M. le comte de Falkemsteiti , et vous verrez pouripioi dans la lettre que j'eus l'honneur dé vous #criDe avfint celle<;i, «t que je «nets ji 1^ Hiite. Je vous
Googk
6o4 CORRESPONDAHGE
y demande une grâce singulière, mais qui me paraît nécessaire, et dont il peut résulter un très grand bien. Je me jette à vos pieds, etc.