‹ ŒuvresChapitre 56 sur 66 · DXVIII · texte numérisé non relu

DXVIII

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Je recois tos deux jolies lettres la veille de mon départ pour la Silésie, de sorte que je me hâte de vous tépondre. J*avais cru que les oracles étant, dans leur origine, rendus en vers, Apollon inspirait tous les poètes; mais il n'inspire que les Voltaire et les Virgile, et les poètes obotrites prédisent de travers^ comme il m'est quelquefois iirrivé. Je dis tant pis pour l'empereur s'il ne tous a pas TU : des ports de mer, des vaisseaux, des arsenaux, se trouvent partout; mais il n'y a qu'un Voltaire que notre siècle ait produit; et quiconque a pu l'entendre et ne la pas fait en aura des regrets étemels; mais j'ai apprit de bonne part de Vienne, que l'impératrice a défendu à son fils de voir le vieux patriarche de la tolérance.

Les Suisses font sagement de réformer leurs lois, si elles sont trop sévères; cela est déjà fait chez nous : j*ai aussi médité sur cette matière pour ma propre direction; j'ai même barbouillé quelque bagatelle sur le gouvernement, que je vous enverrai à mon retour, sous le sceau du secret. S'il s'agit de contribuer au bien public, aux progrès de la raison, je m'y prêterai avec plaisir. La banque vous fera passer par Neufchâtel l'argent nécessaire pour le prix proposé par messieurs les Suisses. Tout homme doit s'intéresser au bien de l'humanité.

Vous savex que je ne me suis jamais rendu garant du

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AVEC LE ROI DE PRUSSE. — 1777, 6o5

duc de Virtemberg ; je le connais pour ce qu'il est. Si TOUS croyez que mon intercession puisse tous être utile, j'écrirai volontiers à ce prince quoique vous sachiez tout comme moi, qu'à l'exemple des grandes puissances, il a embrouille le système de ses finances de telle sorte, que peut-être ses arrière-héritiers seront occupés à payer ses dettes. J'attends votre réponse sur cet article.

Je pars pour la Silésie, où je m'occuperai de la justice , qui veut être veillée et surveillée ; j'aurai des arrangemens de finance à prendre, des défrichemens à examiner, des affaires de commerce à décider, des troupes à voir, et des malheureux à soulager : je ne pourrai finir ma tournée que vers le 4 ou le 5 du mois prochain, vers lequel temps je me flatte d'avoir votre réponse. Si ma lettre est courte , ne l'attribuez qu'au voyageque je dois fiiire. Il faudrait avoir le cerveau bien desséché et bien stérile pour manquer de matière quand on écrit à Voltaire, surtout quand on chérit ses ouvrages, et l'estime autant que le fait le philosophe de Sans-Souci. Fale.

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