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DXXIV

PE M. DE VOLTAIRE

25 novembre.

Grand homme en tont, ec sans riyal Depab Paris jusqu'à la Mecque , Vous fondez donc un hâpital Pour la langue latine et grecque !

Vous placez leur bibliothèque Vis-à-yis de yotre arsenal.

Vous avez passé votre vie Entre le dieu des grenadiers Et le dieu de la poésie.

Tous deux , épris de jalousie , Vous ont accablé de lauriers.

Vous les avez aîmés en sage ; Vous les caressez tour à tour »

Et Ton pourra douter un jour Qiu des deux vous plut davantage.

J'apprends, sire, que M. d'Âlembert vous a proposé un des martyrs de la philosophie pour un de vos bibliothécaires. C'est ce Delisle, dont Totre majesté a entendu parler, qui a été tout près d'être condamné comme Morival par un sanhédrin de barbares imbéciles. Ce

Googk

AVEC LE ROI DE PRUSSE. — 1777. 6l 7

Delisle est assez savant pour un bel esprit; il est très laborieux ; il a autant de véritable vertu que les bigots en affectent de fai^se. Je le crois très digne -de servir votre majesté dans toutes les parties de la littérature; votre vocation est de réparer nos sottises et nos injustices.

Jai mis aux chariots de poste des exemplaires du Prix de la justice et de F humanité^ pour lequel vous avez contribué si généreusement ; ils arriveront quand il plaira à Dieu.

J ai aujourd'hui quatre-vingt-quatre ans. Pai plus d'aversion que jamais pour Textrême-onction et pour ceux qui la donnent. En attendant Je suis à vos pieds, et je vous invoque conune mon consolateur dans cette vie et dans l'autre. Le vieux malade.

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