PREFACE
réputation de romancier me fasse tort. Je suis peut-être un homme du monde de la part de qui toute prétention d'écrire paraîtrait pédantesque. Je puis enfin être trop jeune pour prendre le titre d'écrivain, ou si avancé en âge qu'il serait convenable d'y renoncer. — J'ai entendu faire l'objection que dans le personnage de Callum Beg et dans le compte rendu par le baron de Bradwardine de ces petits attentats contre la propriété dont il accuse les Highlanders 1 , j'ai traité sévèrement et injustement leur caractère national. Rien ne pouvait être plus loin de mes intentions. Callum Beg est un personnage enclin naturellement au mal et poussé par les circonstances de sa position à un genre particulier de méfaits. Ceux qui ont lu les curieuses Lettres écrites des Highlands*1, publiées en 1726, y ont trouvé des exemples de ces caractères atroces observés aussi par moi-même ; il serait toutefois souverainement injuste de considérer de tels misérables comme les représentai de tous les Highlanders de cette époque, pas plus que les assassins de Marr et de Williamson 3 ne peuvent représenter les Anglais d'aujourd'hui : quant au pillage qu'exercent dans Waverley quelques-uns des insurgés de 1745, on doit se souvenir que bien que le passage de cette malheureuse armée ne fût marqué ni par le sang ni par la dévastation, et qu'on ne puisse au contraire qu'admirer le bon ordre de sa marche, cependant aucune armée ne traverse hostilement un pays sans quelques dégâts. Plusieurs des méfaits que le baron reproche en riant aux montagnards rebelles leur furent réellement imputés dans le temps. C'est ce dont on trouve la preuve dans plusieurs traditions, et surtout dans celle qui nous a été transmise sur le Chevalier du Miroir.
(r) Habilans des hautes-terres f nou3 emploierons quelquefois ce mot local au lieu de celui de montagn.irds écossais. — Éd.
(?.) Lettersfrom the Hlghlands. Ce titre n'est pas le titre exact de l'ouvrage dont parle ici l'auteur. Il s'agit des Lettres du capitaine Rurt, daUâ lesquelles il est fait mention du fameux chef Barasdale qu'on suppose avoir servi de modèle au portrait de Fergus Mac Ivor. — Éd.
(3) Tous les membres des familles de Marr et de Williamson furent assassinés à Londres peu avant l'époque où parut cette préface. — Éd.
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