Lettre de sept. 1815, au marquis de Clermont
Le retour de l'île d'Elbe rappelle une dernière fois sous les drapeaux legénéral-major et lecapitainedes chevaliers-gardes; une lettre du 6/18 avril 181 5 nous les montre « partant pour cette infernale guerre, que le soldat russe va faire cependant en dansant. » On sait que tout fut fini à Waterloo, avant l'arrivée des Russes.
La chute définitive de Napoléon rendit la paix à l'Europe, à Xavier de Maistre les douceurs du foyer. Il eût été parfaitement heureux si la mort n'était venue, coup sur coup, lui prendre deux enfants.Pour sauver les deux autres, il se décida,. en 1825, à chercher un climat moins rigoureux. Il se fixa d'abord à Livourne, où il perdit, en i829,sa petite Catinka; puis à Rome; et enfin à Naples. La mort d'Arthur, son dernier enfant, enlevé, en 1837, à l'âge de 15 ans, acheva de lui briser le cœur. Il vivra désormais en proie « à des regrets, sans présent « et sans avenir, car les jouissances sont toutes empoisonnées « par une pensée toujours présente et que l'avenir n'effacera « pas I. »
Leur séjour en Italie n'avait plus d'objet, M. et M'"^ de Maistre rentrèrent à Saint-Pétersbourg en passant par Paris, que Xavier vit alors pour la première fois.
C'était enfin le repos, après trois quarts de siècles de vie nomade ; et ces dernières années ne furent pas sans douceur, malgré tant de tombes ouvertes sur les chemins parcourus ; Joseph, Nicolas, Victor, l'évêque d'Aoste, les sœurs, les enfants ! Mais si la famille avait disparu, les amis restaient, nombreux, dévoués, fidèles, amis présents, amis absents, amis de France surtout, et parmi ceux-ci les Marcellus, dont les lettres hebdomadaires rendaient aux vieux époux l'illusion du bon voisinage d'autrefois en Toscane, aux jours encore