‹ Oevres choisiesChapitre 111 sur 288 · Déserts. V. I, 34 (note · texte numérisé non relu

Déserts. V. I, 34 (note

33g-24o. Rassemble, ensemble. V. II, i35-i36 (note).

a44. Intervalle. Au singulier pour la rime. Cf. IX, 64 (note).

S'éloignent par degrés, et sur l'aile des vents aij

Nous jettent leurs accords et les cris des mourants I...

De leurs brillants éclats les coteaux retentissent ;

Le cœur glacé s'arrête, et tous les sens frémissent,'

Et dans les airs pesants, que le son vient froisser,

On dirait qu'on entend l'âme des morts passer I aoo

Tout à coup le soleil, dissipant le nuage.

Éclaire avec horreur la scène du carnage ;

Et son pâle rayon, sur la terre glissant, ,

Découvre à nos regards de longs ruisseaux de sang,

Des coursiers et des chars brisés dans la carrière, " " a55r

Des membres mutilés épars sur la poussière.

Lès débris confondus des armes et des corps.

Et les drapeaux jetés sur des monceaux de morts.

Accourez maintenant, amis, épouses, mères!

Venez compter vos fils, vos amants et vos frères; 260

Venez sur ces débris disputer aux vautours

L'espoir de vos vieux ans, le fruit de vos amours...

Que de larmes sans fin sur eux vont se répandre !

Dans vos cités en deuil que de cris vont s'entendre,

Avant qu'avec douleur la terre ait reproduit, a65^

Misérables morUsls, ce qu'un jour a détruit!

Mais au sort des humains la nature insensible

Sur leurs débris épars suivra son cours paisible :

Demain, la douce aurore, en se levant sur eux,

Dans leur acier sanglant réfléchira ses feux ; 370

Le fleuve lavera sa rive ensanglantée.

Les vents balayeront leur poussière infectée.

Et le sol, engraissé de leurs restes fumants.

Cachera sous des fleurs leurs pâles ossements 1

a45. L'aile des vents. Cf. VIII, 3i et la note. 346. El les cris: avec les cris, mêlés aux cris.

255. Carrière : champ de bataille, comme au v. ao3. Ici, « coursiers » et « chars » amènent assez naturellement « carrière »,

Silence, Esprit de feu ! Mon âme épouvantée 275

Suit le frémissement de ta corde irritée,

Et court en frissonnant sur tes pas belliqueux,

Comme un char emporté par des coursiers fougueux;

Mais mon œil, attristé de ces sombres images, -

Se détourne en pleurant vers de plus doux rivages. aS..

TS'as-tu point sur ta lyre un chant consolateur ?

]N'as-tu pas entendu la flûte du pasteur.

Quand seul, assis en paix sous le pampre qui plie,

Il charme par ses airs les heures qu'il oublie,

Et que l'écho des bois, ou le fleuve en coulant, , 285

Porte de saule en saule un son plaintif et lent ?

Souvent pourj'écouter, le soir, sur la colline,

Du côté de ses chants mon oreille s'incline; \

Mon cœur, par un soupir soulagé de son, poids, î

Dans un monde étranger se perd avec la voix ; ago -

Et je sens par moments, sur luon âme calmée, '

Passer avec le son une brise embaumée, :

Plus douce qu'à mes sens l'ombre des arbrisseaux, 1

Ou que l'air rafraîchi qui sort du lit des eaux. j

Un vent caresse ma lyre : a 95

Est-ce l'aile d'un oiseau ?

Sa voix dans le cœur expire, Et l'humble corde soupire Comme un flexible roseau.

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