‹ Oevres choisiesChapitre 119 sur 288 · Où : sur laqpielle. V. I, 4i (note · texte numérisé non relu

Où : sur laqpielle. V. I, 4i (note

87. Recueillir sar ma bouche. Reprise expressive des termes de la première strophe. On peut du reste comparer, pour les expressions et les rimes, l'en-» semble de ces deux strophes (v. 81-86) aux strophes i (v. i-4) et 6 (v. ai» ai).

hasards de la pensée et du coeur^es sentiments, les .circonstances^ les bonheurs, les larmes de la vie, m'ont fait mentir souvent à ces adieux. « ÇCnmmenlaire ^cs Adieux à ta poésie.) D'après la Correspondance de Lamartine (t. II, p. id4), c'est en 1820, à ISaplcs, où il étciit attaché à la légation de France et trop absorbé par la confection des dépèches diplomatiques pour faire des vers, qu'il écrivit cette méditation ; il l'appelle « une odula, du style d'Horace ». Dans l'édition de i8a3, c'était la dernière pièce du recueil.

Il est une heure de silence

Où la solilude crt sans a'oIx,

Où tout dort, même l'espérance;

Où nul zéphyr ne se balance

Sous l'ombre immobile des bois. 5

Il est un âge où de la lyre

L'âme aussi semble s'endormir,

Où du poétique délire

Le souffle harmonieux expire

.Dans le sein qu'il faisait frémir. 10

L'oiseau qui charme le bocage,

Hélas ! ne chante pas toujours :

A midi caché sous l'ombrage,

Il n'enchante de son ramage

Que l'aulie et le déclin des jours. i5

Adieu donc, adieu, voici l'heure,

L)Te aux soupirs mélodieux !

En vain à la main qui t'effleure

Ta fibre encor répond et pleure :

Voici l'heure de nos adieux. so

Reçois cette larme rebelle

Que mes yeux ne peuvent cacher.

Combien sur ta corde fidèle

Mon âme, hélas! en versa-t-elle,

Que tes soupirs n'ont pu sécher ! «5

i2-i5. Tc>u.!ours, joars. V. II, 20-26 (note).

ADIEUX A LA POÉSIE i-"/

Sur celte terre infortunée,

Où tous les yeux versent des pleurs,

Toujours de cyprès couronnée,

La lyre ne nous fut donnée

Que pour endormir nos douleurs. Ho

Tout ce qui chante ne répète

Que des regrets ou des désirs ;

Du bonheur la corde est muette;

De Philomèle et du poète

Les plus doux chants sont des soupirs. 35

Dans l'ombre auprès d'un mausolée,

0 lyre, tu suivis mes pas ;

Et, des doux festins exilée.

Jamais ta voix ne s'est mêlée

Aux chants des heureux d'ici-bas. 4o

Pendue aux saules de la rive,

Libre comme l'oiseau des bois,

On n'a point vu ma main craintive

T'allaclier, comme une captive,

Aux portes des palais des rois. 45

Des partis l'haleine glacée

Ne t'inspira pas tour à tour;

Aussi chaste que la pensée.

Nul souffle ne l'a caressée.

Hormis le souffle de l'Amour. 5o

En quelque lieu qu'un sort sévère

Fit plier mon front sous ses lois,

Giàcc à toi, mon âme élrani^cre

A trouvé partout sur la terre

Un céleste écho de sa voix. ^ 55

33. Cf. Commentaire du C'ia"t d'amour (^Secondes Mcditations, XXIV) : « (La poésie) n'a j-itnais su esp.-^mcr le bonheur comme elle exprime la douleur, sans doute parce que le boniis'.ir est un secret que Dieu a réservé au ciel ; et que l'homme, au contraire, connaît la douleur dans toute son intensité. »

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