‹ Oevres choisiesChapitre 127 sur 288 · LA GRÈCE · texte numérisé non relu

LA GRÈCE

Ce morceau sur la Grèce peut être considéré comme la contreparlic du précédent. Le poète a t'ait honte à l'Ilalic de sa dégradation et de son apathie, en lui rappelant ce qu'elle était dans l'antiquité ; au contraire, lorsqu'il s'agit de cette Grèce en train de sortir d'un long abaissement et de se régénérer, il se plaît à rappeler dans une pensée sympathique les belles pages de son histoire d'autrefois.

Byron, parti de Livourne, a\ait abordé à Cépiialonie, où il avait passé quelques jours, puis à Missolonghi, sur la côle occidentale de la Morée.

Mais déjà le navire, aux lueurs de l'aurore.

Du sein brillant des mers voit une terre éclore ;

Terre dont l'Océan, avec un triste orgueil,

Semble encor murmurer le nom sur chaque écucil.

Et dont le souvenir, planant sur ses rivages, 5

Se répand sur les flots comme un parfum des âges.

C'est la Grèce ! A ce nom, à cet auguste aspect,

L'esprit anéanti de pitié, de respect,

Contemplant du destin le déclin et la cime,

De la gloire au néant a mesuré l'abime. lo

Par les pas des tyrans ses bords sont profanés,

Ses temples sont détruits, ses peuples enchaîne's.

Et sur l'autel du Christ, brisé par la conquête,

L'Ottoman fait baiser le turban du Prophète;

Mais, à travers ce deuil, le regard enchanté >5

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