‹ Oevres choisiesChapitre 129 sur 288 · HAROLD MOURANT · texte numérisé non relu

HAROLD MOURANT

Ilarold, sur le point de mourir, invoque la nature en ces vers s

« Triomphe, disait-il, immortelle Nature,

Tandis que devant toi ta frêle créature,

Élevant ses regards de ta beauté ravis,

Va passer et mourir ; triomphe ! tu survis!

Qu'importe ? Dans ton sein, que tant de vie inonde,

L'être succède à l'être, et la mort est féconde !

Le temps s'épuise en vain à te compter des jours,

Le siècle meurt et meurt, et tu renais toujours !

Un astre dans le ciel s'éteint ? tu le rallumes !

Un volcan dans ton sein frémit ? tu le consumes I

L'Océan de ses flots t'inonde? tu les bois !

Ln peuple entier périt dans les luttes des rois ?

La terre, de icui's os engraissant ses entrailles,

Sème l'or des moissons sur le champ des batailles !

Le brin d'iierbe foulé se flétrit sous mes pas.

Le gland meurt, l'homme tombe, et tu ne les vois pasi

Plus riante et plus jeune au moment qu'il expire,

Hélas ! comme à présent^ tu semblés lui sourire,

Et, t'épanouissant dans toute ta beauté,

Opposer à sa mort ton immortalité !

7-8. Jours, toujours. '\. II, 25-26 (note). i3. Leurs os. Syllepse. .

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