Les ailes da venl. V. VIII, 3i (noteV
37. L'insliitcl seul. L'in^[inct qui vous fail, avant l'aube, pressentir le lever du jour.
nli HARMONIES POÉTIQUES ET RELIGIEUSES
Attendez que l'ombre meure,
Oiseaux, ne chantez qu'à l'heure
Où l'aube naissante ellleure dS
Les neiges du mont lointain.
Dans l'hymne de la nature,
Seigneur, chaque créature
Forme à son heure en mesure
Un son du concert divin ; 5o
Oiseaux, voix céleste et pure,
So^'ez le premier murmure
Que Dieu reçoit du matin !
Et moi sur qui la nuit verse un divin dictame, Qui sous le poids des jours courbe un front abattu, 5>
Quel instinct de bonheur me réveille? 0 mon âme, Pourquoi me réjouis-tu ?
C est que le ciel s'enfr'ouvre, ainsi qu'une paupière Quand des vapeurs des nuits les regards sont couverts; Dans les sentiers de pourpre aux pas du jour ouverts 6©
Les monts, les flots, les déserts
Ont pressenti la lumière ; Et son axe de flamme aux bords de sa carrière Tourne, et creuse déjà son éclatante ornière
S.ur l'horizon roulant des mers. GS
Chaque être s'écrie :
C'est lui, c'est le jour !
C'est lui, c'est la vie !
58. Cette stroptie comprend trois temps successifs : i» crépuscule précé- 4ant rauh>e (v. BS-Sg); a" premières lueurs de l'anljo, avant-coureuses de la vraie lumiine (v. 60-62) ; 3" apparition tlu spleil (v. 03-05).
5c|. Entendez : quand le regard est encore voilé comme d'une brume par les tonùbres de la nuit. C'est 1 impression qu'on éprouve quand on se réveille av.nnt le jour et qu'on ouvre les ycui en j)leine obscurité.
60. Dans les sentiers de pourpre... dépend directement de ont pressenti. A la vue du ciel empourpré, toute la nature a senti que la lumière va paraître.
63. Axe: essieu ; pour char, par métonymie. Cf. VIII, 2. — Bords. V. IV, 6 (note).