Paupière. V. XIII, 54 (note
112. Ces lueurs. La voie lactée, ibrmée, selon la mythologie, des gouttes de lait quHercule fit jaillir du sein de Junon, qui le nourrissait.
Ji5. Des astres futurs. La voie lactée est en réalité une immense nébuleuse, constituée, ainsi que l'a prouvé Ilcrschel, par un amas d'étoiles innombrables, mais déjà formées. Le poète semble confondre avec la nébuleuse hypothétique d'où serait sorti, d après certains savants, tout le système solaire.
L'INFINI DANS LES CIEUX 13u
Et l'homme cependant, cet insecte invisible, laS
Rampant dans les sînorrs^7rïïîï~grobe imperceptible,
IMcsure de ces leux les grandeurs et les poids,
Leur assigne leur place, et leur route, et leurs lois,
Comme si, dans ses ptiains que le compas accable,
11 roulait ces soleils comme des grains de. sable! i3o
Chaque atome de leu que dans l'immense élher,
Dans l'abime des nuits, l'œil distrait voit flotter.
Chaque étincelle errante aux bords de l'empyrée,
Dont scintille en mourant la lueur azurée.
Chaque tache de lait cjui blanchit l'horizon, i35
Chaque teinte du ciel qui n'a pas même un nom,
Sont autant de soleils, rois d'autant de systèmes,
Qui, de seconds soleils se coux'onnant eux-mêmes.
Guident, en gravitant dans ces immensités.
Cent planclcs brûlant de leurs feux empruntés, i4o
Et tiennent dans l'éthcr chacun autant de place
Que le soleil de l'homme en tournant en embrasse.
Lui, sa lune et sa terre, et l'astre du matin.
Et Saturne obscurci de son anneau lointain !
. Oh! que tes cieux sont grands ! et que l'esprit de l'homme i45 1 Plie et tombai de haut, mon Dieu ! quand il te nomnie!
Quand, descendant du dôme où s'égaraient ses yeux, ' Atome, il se mesure à l'inlini des cieux, ' Et que, de ta grandeur soupçonnant le prodige, I Son regard s'éblouit, et cju'il se dit : Que suis je? i5o
i Oh ! que suis-je, Seigneur ! devant les cieux et toi?
De ton immensité le poids pèse sur moi, j 11 m'égale au néant, il m'elTace, il m'accable, / Et je m'estime moins qu'un de ces grains de sable;
l3i-i32. Elher, flotter. Rime normande. Cf. XLIII, 101-102 ; XLIV, io-Bo.
i33. Empyrée : ciel ; proprement région des feux éternels.
l34. kn mourant : en disparaissant h l'hori/.on.
1.13. .S'a tune et sa terre. La lune et la terre de notre système solaire, par opposition aux autres terres et aux autres lunes qui gravitent autour dc3, autres soleils. — l.'astre du malin est Vénus. La terre, Vénus et Saturne son S» mis ici, à titre d'exemples, pour toutes les planètes de notre système .solaire. De même, la lune et 1 anneau de Saturne représentent les satellites do ces planètes.
i54- Qcs, démonstratif et péjoratif. Il s'agit des grains de sable de la mer.
Car ce sable roule par les flots inconstants, i55
S'il a moins d'étendue, hélas! a plus de temps :
Il remplira toujours son vide dans l'espace
Lorsque je n'aurai plus ni nom, ni temps, ni place.
Son sort est devant toi moins triste que le mien :
L'insensible néant ne sent pas qu'il n'est rien, i6o
Il ne se ronge pas pour agrandir son être,
Il ne veut ni monter, ni juger, ni connaître;
D'un immense désir il n'est point agité ;
Mort, il ne rêve pas une immortalité !
Il n'a pas cette horreur de mon âme oppressée, i65
Car il ne porte pas le poids de ta pensée.
Hélas! pourquoi si haut mes yeux ont-ils monté?
J'étais heureux en bas dans mon obscurité;
Mon coin dans l'étendue et mon éclair de vie
Me paraissaient un sort presque digne d'envie; 170
Je regardais d'en haut cette herbe; en comparant,
Je méprisais l'insecte et je me trouvais grand.
Et maintenant, noyé dans l'abîme de l'être,
Je doute qu'un regard du Dieu qui nous fit naître
Puisse me démêler d'avec lui, vil, rampant, 175
Si bas, si loin de lui, si voisin du néant!
Et je me laisse aller à ma douleur profonde,
Comme une pierre au fond des abîmes de l'onde;
Et mon propre regard, comme honteux de soi.
Avec un vil dédain se détourne de moi. 180
Et je dis en moi-même a mon âme qui doute :
Vaj ton spxLJifi xaut pasJe coup d'oeil qu'il te coûte I
Et mes yeux desséchés retombent ici-bas.
Et je vois le gazon qui fleurit sous mes pas,
1D7. Son vide. Le vide qu'il ferait en disparaissant.
166. Ta pensée. Entendez : le poids dont la pensée de Dieu m'accable. Cf. V. 162.