‹ Oevres choisiesChapitre 158 sur 288 · CANTIQUE · texte numérisé non relu

CANTIQUE

Roulez dans vos sentiers de llamnnie,

Astres, rois de l'immensilé !

Insultez, écrasez mon âme

Par votre presque éternité !

Et vous, comètes vagabondes, &

Du divin océan des mondes

Débordement prodigieux,

Sortez des limites tracées,

Et révélez d'autres pensées

De Celui qui pensa les cieux 1 lo

Triomphe, immortelle nature,

A qui la main pleine de jours

Prête des forces sans mesure.

Des temps qui renaissent toujours I

La mort retrempe ta puissance ; iS

Donne, ravis, rends l'existence

A tout ce qui la puise en toi !

Insecte éclos de ton sourire.

Je nais, je regarde et j'expire :

Marche, et ne pense plus à moi 1 ao

Vieil Océan, dans tes rivages Flotte comme un ciel écumant,

Que hoîrall le bec d'un oiseau, Pour c[ue ses ondes toujours pleines, Se multipliant dans nos veines, En désaltèrent le réseau 1

Pour que cette source éternelle Dans tous les ruisseaux renouvelle Ce torrent que rien n'interrompt.

Et de la crête à la racine Verdisse l'immense colline Qui végète dans un seul tronc 1

g. D'aalres pensées: des pensées aouvelles, étrangères au plan primitif du Créateur, l'apparition des comètes rompant, pour ainsi dire, l'ordre général des phénomènes célestes.

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