Bois, pour bosquets
Seulement sept tilleuls par le soc oubliés,
Protégeant un peu ^T^ierbe éteri3ue à leurs pieds, loo
Y versent dans l'automne une ombre tiède et rare, ,
D'autant plus douce au front sous un ciel plus avai'c;
Arbres dont le sommeil et des songes si beaux 'W
Dans mon heureuse enfance habitaient les rameaux!
Dans le champêtre enclos qui soupire après l'onde, io5
Un puits dans le rocher cache son eau profonde.
Où le vieillard qui puise, après de longs efforts,
Dépose en gémissant son urne sur les bords ;
Une aire où le fléau sur l'argile étendue
Bat à coups cadencés la gerbe répandue, no
Où la blanche colombe et l'humble passereau
Se disputent l'épi qu'oublia le râteau;
Et sur la terre épars des instruments rustiques, " /
Des jougs" rompus, des chars dormant sous les portiques,
Des essieux dont l'ornière a brisé les rayons, j-^^^^-^*- hS
Et des socs émoussés qu'ont usés les sillons.
Rien n'y console l'œil de sa prison stérile.
Ni les dômes dorés d'une superbe ville.
Ni le chemin poudreux, ni le fleuve lointain,
Ni les toits blanchissants aux clartés du matin : 120
Seulement, répandus de distance en distance,
De sauvages abris qu'habite l'indigence.
Le Ions d'étroits sentiers en désordre semés,
Montrent leur toit de chaume et leurs murs enfumés.
io4. Entendez : sous les rameaux desquels j'ai souvent dormi et fait do beaux songes dans mon enfance.
106. Profonde. Équivaut à un adverbe : profondément. — Le poète embellit: ce puils était une simple citerne recueillant les eaux de ■pluie (Confié,., IV, y).