‹ Oevres choisiesChapitre 208 sur 288 · Ses impalpables ailes. V. VIII, 3i (note · texte numérisé non relu

Ses impalpables ailes. V. VIII, 3i (note

117. Lamartine seul était capable de peindre d'une manière aussi pittoresque et aussi saisissante le vertige dé l'extase mystique. — Cf. Confidences, VI, IV : « J'ai peint dans Jocelyn, sous le nom d'un personnage imaginaire, ce que j'ai éprouvé moi-mêpie de chaleur d'àme contenue, d'enthousiasme pieux répandu en élancements de pensées, en épanchements et en larmes d'adoration devant Dieu, pendant ces brûlantes années d'adolescence, dans

une maison religieuse (le collège de Bclley) Je vivrais mille ans que je

n'oublierais pas certaines heures du soir où, m'échappant pendant la récréation des élèves jouant dans la cour, j'entrais par une petite porte secrète dans l'église déjà assombrie par la nuit, et à peine éclairée au (ond du chœur par la lampe suspendue du sanctuaire; je me cachais sous l'ombre plus épaisse d'un pilier; je m'enveloppais tout entier de mon manteau comme dans un linceul ; j'appuyais mon front contre le marbre froid d'une balustrade, et, plongé, pendant des minutes que je ne comptais plus, dans une muette mais int;arissab!e adoration, je ne sentais plus la terre sous mes genous ou sous mes pieds, et je m abîmais en Dieu, comme l'atome flottant dans la chaleur d'un jour d'été s'élève, se noie, se perd dans l'atmosphère, et, devenu transparent comme l'éther, paraît aussi aérien que l'air lui-même et aussi lumineux que la lumière I »

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