‹ Oevres choisiesChapitre 242 sur 288 · Les eaux virginales. L'eau pure de la rosée · texte numérisé non relu

Les eaux virginales. L'eau pure de la rosée

toi JOCELYN

Sans toi que serait colle fange ?

Un monceau d'un impur limon,

Où l'homme après la brute maniée

Les herbes qu'ii tond du sillon.

Mills par toi son aile cassée ar,

Soulève encore sa pensée

Pour respirer au vrai séjour,

La désaltérer dans sa course,

Et lui faire boire à sa source

L'eau de la vie et de Taniour 1 3oo

Le cœur des mères te soupire,

L'air sonore roule la voix,

La lèvre d'enfant te respire,

L'oiseau t'éconte aux bords des bois;

Tu sors de toute la nature Slk-.-

Comme un mystérieux murmure

Dont les anges savent le sens ;

Et ce qui souffre, et ce qui crie,

Et ce qui chante, et ce qui prie,

N'est qu'un cantique aux mille accents. 3i«-

O saint murmure des prières.

Fais aus-<i dans mon cœur trop plein.

Comme des onde-^ sur des pierres, ,

Chanter mes peines dans mon sein ;

Que le faible bruit de ma vie SiS

En extase intime ravie

S'élève en aspirations ; •

El fais que ce cœur que tu brises.

Instrument des célestes brises,

Eclate en bénédictions I 330

ag^i. Par loi : grâce à toi. — Cassée : quoique cassée. Allusion h la cliule <ie I boni tue.

297. l-'our respirer : de manière à co qu'il (ou elle) respire. Peut-être iaut-il lire le fiésailérer (v. 2y8).

3or-3i>3. Soupire, respire. V. II, i35-i36 (nol«).

iolt. bords. V. IV, 6 (note).

3jû. Instrument. Le cœur liumain est comparé à une harpe.

Un travail est fini, l'autre aussitôt commence.

Voilà partout la terre ouverte à la semence :

Aux corbeilles de jonc puisant à pleine main,

En nuage poudreux la t'amine épand le grain ;

Les enfants, enfonçant les pas dans son ornière, 335^

Sur sa trace, en jouant, ramassent la. poussière

Que de leur main étroite ils laissent retomber.

Et que les passereaux viennent leur dérober.

Le l'roment répandu, l'homme attelle la herse, -

Le sillon raboteux la cahote et la berce : ^^^^^^'^'-'^^ > ,--''^^3o

En groupe sur ce char les enfants réunis

Effacent sous leur poids les sillons aplanis.

Le jour tombe, et le soir sur les herbes s'essuie ; ■

Et les vents chauds d'automne amèneront la pluie;

Et les neiges d'hiver, sous leur tiède ta|)is, 33!>

Couvriront d'un manteau de duvet les épis;

Et les soleils dorés en jauniront les herbes,

Et les filles des champs viendront nouer les gerbes, -

Et, tressant sur leurs fronts les bluets, les pavots, /!-.

Iront danser en chœur autour des tas nouveaux; 34f

Et. la meule broiera le froment sous les pierres ; 7;

Et, choisissant la fleur, la femme dos chaumièi'es,

Levée avant le jour pour battre le levain,

De ses petits enfants aura pétri le pain ;

Et les oiseaux du ciel, le chien, le misérable, 34&

Ramasseront en paix jes miellées de la lable;

Et tous béniront Dieu, dont les lécnndcs mains

Au festin de la terre appellent les humains 1

3j5. Ornière. Cf. XXX., g.

Sjti La /.'iiitif-f l.e firain, fin et léger comme une poussière.

S.^-H .^ f\su'r ilp|in>p son tiumidité.

3/j t Im tli""' i'" irouienl.

huu ■> ^ u pèlri. Elliptique: dc.nn'ra i se» (•nTint» Ip pain qu'elle aura pétr

Jin.LLYiN

C'est ainsi que la providonce

Sôiiie et ciie|lle l'IininaniliS 35o

Soiiriieiir, celle noble semence

Qui germe pour l'éternilé.

Ah ! sur les sillons'de la vie i

Que ce pur (roinent rructilie!

Dans les vallons de ses douleurs, 355

0 Dieu, verse-lui la rosée!

Que l'argile l'erlilisne

Germe des hommes el des fleurs!

La vie simple et pieuse de Jocelyn se poursuit sans inciflents ; il sert d'arbîlrc entre ses paroissiens, instruit les enfants du village. Un jour, il est appelé au hameau d(! \!al:avc.rne, sur la route d'Italie, auprès d'une jeune femm • mouranti^ Il y va : cette femme est Laurence. Elle se confesse à lui sans le r.'coimaître. Au dernier instant, il se nomme ; puis ii lui donne l'absolution, el elle meurt. Se conformant aux volontés de la di'funte, il monte l'ensevelir à la Grotte des .\igles, au[irè« de la loml)-' de son père.

Six mois plus tard, une épidémie ravajjçe la contrée. Jocelyn soigne les malades, assiste les mourai>ts. se di'voue sans réserve, jusqu'au jour oià il meurt lui-même, après une longue et douloureuse maladie.

355. Les valions de ses douleurs. C'est la « vallée de larmes » do l'Écriture.

358. Germe, tran^^ilil". Construction rare, appartenant au style biblique.

LA CilUTl^: D'UN ANGE

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