‹ Oevres choisiesChapitre 243 sur 288 · ÉPISODE · texte numérisé non relu

ÉPISODE

La Chute d'un Ange nous est présentée par le po-He comme un autre fragment de l'énorme épopée inachevée dont Jorelyn faisait partie. Ce nouvel « épisode » — qui n'a pas moins de douze mille vers - aurait pris placo presque en tête du poème entier ; il lui aurait servi d' « introduction ».

La Chute d'un Ange nous fait en effet remonter aux temps fabuleux des premi'res générations humaines, telles que les représentent les légendes re!it;ieuses. L'auteur a voulu y peindre « l'état de dégradation et d'avilissement où l'humanité était tombée après cet état primitif, presque parfait, que toutes les traditions sacrées lui attribuent à son origine ». Aux brutes impies et sanguinaires de Babel il a opposé Cédar, l'ange déchu, qui leur résiste longtemps et périt enfin leur victime : « Les angoisses d'un esprit céleste incarné par sa faute au milieu de cette société brutale et perverse où l'idée de Dieu s'était éclipsée, et où le sensualisme le plus abject s'était substitué à toute spirituaiisation et à toute adoration », voilà, déclare-t-il, son sujet. Il l'a traité avec une ampleur qui va justju'à la surabondance, dans des proport'ons colossales. Le style de celte immense improvisation est, d'ailleurs, souvent négligé.

Nous sommes mal renseitrnés sur les sources de la Chute d'un Ange. Le sujet, de. pure imagination, paraît avoir été en très grande partie forgé par Lamartine — L'ouvrage est divisé en quinze « visions », précédées d'un « récit » qui sert de prologue et suivies d'un court « épilogue ».

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