Privés. V. XXXIV, 4i; XL
LA TUir.U NOMADE "39
Ils relrouvaient prôs d'eux, aux termes des voyaires,
Les mêmes voix dans l'air et les mêmes plumages : ,3
Tant ces doux animaux, pleins de l'inslinct d'amour,
Se souvenaient encor des lois du premier jour !
Trouvant partout des fruits et partout leurs demeures,
Chaque jour, en chantant, ils marchaient quelques heures;
Confiant, pour la rout'e, au dos des éléphants 25
Les images des dieux, les femmes, les enfants.
Et chargeant des fardeaux les chameaux et les ânes,
Ils serpentaient, à l'ombre, en longues caravanes :
Et les gorges de l'onde, et les domcs des bois.
De leur silence émus, tressaillaient à leurs voix. 3o
Cédar, chargé du poids de ses lourdes entraves,
Suivait, mêlé lui-même au troupeau des esclaves.
Et, cherchant Daidha de l'œil parmi ses sœurs,
Arrosait, sur ses pas, l'herbe de ses sueurs.
Us marchèrent ainsi pendant neuf fois deux lunes, 35
Tantôt sur ces sillons que l'onde élève en dunes
Aux bords grondants des mers, dont les flots à leurs yeux
Dans un lointain confus semblaient s'unir aux cieux ;
Tantôt danj des vallons aux falaises profondes.
Que des fleuves sans nom rem|)lissaient de leurs ondes. 4a
Ne sachant pas encor l'art de les traverser.
Us remontaient au loin leurs ilols pour les passer.
Enfin des monts boisés les pentes descendirent.
Sur un libre horizon leurs regards s'étendirent,
Et rOronle, aussi bleu qu'un firmament du soir, Ito
Épancha sous leurs pieds son radieux miroir.