Selma. Bru de Phayr et mère de Daîdha
86. Un homme sans parole. Cédar, qui ignore la langue des mortels; Daîdha, bientôt, la lui enseignera.
212 LA CULTL: D l N ANf.E
Ils le firent loniber dans l'envieuse couche
Avant que mon doux lait lût tari sur ta bouche.
Oh! dis-moi, redis-moi, quoi lait bois-tu là-bas?
Quelle mère en clianlant le jjcrce sur los bra-^ ? i ' :>
De quel nom, mon Adda, plus doux t'appelle-t-elle ?
Dis-le-moi, pour qu'aussi de deux noms je l'appelle,
Pour qu'en venant la nuit parler à ton gazon,
Tu ne le trompes pas et réponde à ton nom 1
Enfant, as-lu grandi sons l'herbe où lu reposes? n5
Les enfants de la mort le tressent-ils des roses?
Des grains rouges des bois le font-ils un collier?
Il me semble parlois que je t'entends crier.
J'ouvre mes bras la nuit, ma fille, pour le prendre;
Car lépoux de mes nuits, hélas ! a beau suspendre l'o
Tes frères à mon cou pour m'y faire penser.
Des doux veux de mon àmc il ne peut l'ell'acer !
Je suis l'oiseau plaintif à l'aile bleue et blanche
Dont le courant du fleuve, en secouant la branche,
A fait tomber du nid et rouler dans les flots i25
Un polit, le ]M-emier de la couvée cclos :
11 a beau réchauller les autres sous sa plume,
Du seul qu'il a perdu le souci le consume,
El tout le jour il crie et regarde dans l'eau
Et porte sa becquée à son petit oiseau. » i3o
Ainsi parlaient aux morts les hommes et les femmes,
En couvrant leurs gazons de présents pour leurs âmes.
Leurs pas, se détachant lentement de ces lieux,
Semblaient s'incorporer à ce sol des aïeux ;
Tant peut sur les humains la mémoire chérie 1 iSô
C'est la cendre dos morts qui créa la patrie.
Après avoir ainsi versé l'eati de leurs cœurs,
Chacun tira ses dieux de leurs arches de fleurs,
Et, les plaçint au seuil de ces antres sauvages,
Les pria d'habiter et d'aimer ces rivages. l'io
112. De deux noms: de ton nom terrestre et, rie ton nom d'oulre-tombe. ii3. En venant: quand je vientlrai. Construction irréifnlière. ii4. Réponde. Licence, pour: répondes. V. X.V, 3i-33 (note).