FRAGMENT DU LIVRE PRIMITIF
Vers cclni dont le monde est l'émanation
Tout l'univers créé n'est qu'aspiration !
L'élornel mouvement qui régit la nature
N'est rien que cet élan de toute créature
Pour conformer son être à l'éternel dessein, 6^
El s'abinKT toujours plus avant dans son sein !
Le murmure vivant de la nature entière
N'est que l'écho conl'us d'une immense prière:
De la mer qui mugit aux sources du vallon
Tout exhale un soupir, tout balbutie un nom ; bo
Ce cri, qui dans le ciel d'astre en astre circule,
Tout l'épelle ici-bas, l'honuue seul l'articule.
L'Océan a sa masse et l'astre a sa splendeur ;
L'homme est l'être qui pr.e, et c'est là sa grandeur I
« 11 est, parmi les fils les plus doux de la femme, S5
Des hommes dont les sens obscurcissent moins l'âme,
Dont le cœur est mobile et profond comme l'eau,
Dont le moindre contact (ait frissonner la peau,
Dont la pensée, en proie à de sacrés délires,
S'ébranle au doigt divin, chante comme des lyres, *•
Mélodieux échos semés dans l'univers
Pour comprendre sa langue et noter ses concerts :
4<^. Cf. l'ffymne da matin (ci-dessiis, XXIII). I 6o. Au doifjt ilivin Cf. XIV. v 85 et suivants. — Des lyres! Le pluriel, ■ jBattendu, se justifie loyic[ui,in(;nl.
2t). Acier : exprimer par des notes, traduire en musique, en poésie.