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I.NTRODUCTION XXXVll

Les Harmonies poétiques et religieuses sont vraiment le chefd'œuvre de cette période, et peut-être le chef d'œuvre de Lamartine. 11 les écrivit presque toutes durant son secondséjour en Italie (octobre 1825-août 18'28). 11 était alors dans un de ces moments de renaissance poétique qui succédaient en lui aux périodes de silence ou de dépression. On le voit dans le même temps écrire ou projeter d'écrire quelques chants de son vaste poème' ; mais seules ies Harmonies devaient s'achever. F-Ues parurent en juin 1830, précédées d'un court Avertissement; Lamartine y ajouta parla suite, comme il avait fait pour les Méditations, une longue préface, des Commentaires, et diverses poésies de remplissage.

L'âme ramenée à Dieu par tous les spectacles de l'univers, comme par tous les événements de l'existence, voilà d'un mot l'idée fondamentale du livre. Le matin, le soir et la nuit; les paysages sublimes de l'Italie ou les humbles horizons du pays natal; la douleur même, le regret et la mort ne servant que d'un détour pour atteindre l'immortelîe espérance: tels sont les grands thèmes entre lesquels se répartissent les hymnes, les méditations et les cantiques dont l'ensemble constitue les Harmonies. Elles ne demandent ni aux troubles de la passion, ni aux luttes du doute et de la foi cette espèce d'intérêt dramatique ou romanesque qu'offraient les Méditations. Lamartine en a écarté — ou peu s'en faut — tout cç^qui, dans sa vie

j réelle, était deuil, ennui, désenchantement philosophique, pour n'y laisser paraître qu'un invincible optimisme, qu'une

I soumission zélée et pleine de sécurité à l'ordre éternel. C'est le poème d'une âme apaisée, parvenue aux sereines régions où les choses humaines, même les plus douloureuses, n'ins-

■ pirent plus qu'une confiante et enthousiaste résignation. Le sentiment religieux, non plus contenu dans les limites d'un dogme ou d'un système, mais libre, vaste, infini, dégagé de toute discussion et de toute démonstration, purement et vrai ment' sentiment, déborde désormais dans l'âme du poète : auprès de VHymne du matin, de Vlnfini dans les cieiix, de Jchovah, laj:eH^[oiLJ:aisormée^et raisonneuse de Dieu, de la Foi, parait singulièrement sèche et étriquée. Nous avons essayé de montrer, chemin faisant, comment Lamartine était passé de la docile orthodoxie de son enfance à cette foi nouvelle, pétrie de déisme et poétisée par le platonisme, dont les Harmonies sont le triomphe et la glorification ; il nous reste à

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