Enlever, lever. V. II, 25-26 (note
•28G ÉPITULS liT i'uKSlES DIVERSES
Roule libre et splendide à travers nos ruines, L
Fleuve d'Arminius, du Gaulois, du Germain ! Cliarlcmai^ric et César, campés sur tes collines, T'ont bu sans t'épuiser dans le creux de leur main.
El povu-quni nous haïr, et mettre entre les racés Ces bornes ou ces eaux qu'abliorre l'œil de Dieu? 4j
De frontières au ciel voyons-nous quelques traces ? Sa voûte a-t-elle un mur, une borne, un milieu? Nations, mot pompeux pour dire barbarie, L'amour s'arréte-t-il où s'arrêtent vos pas? Déchirez ces drapeaux ; une autre voix vous crie : 5o
« L'éi;oïsme et la haine ont seuls une patrie ; La fraternité n'en a pas ! »
Roule libre et royal entre nous tous, ô fleuve !
El ne t'informe pas, dans ton cours fécondant.
Si ceux que ton flot porte ou que ton urne abreuve 55
Regardent sur tes bords l'auiore ou l'occident.
Ge ne sont plus des mers, des degrés, des rivières,
Qui bornent l'héritage entre l'iiumanité :
Les bornes des esprits sont leurs seules frontières ;
Le monde en s'éclairant s'élève à l'unité. 60
Ma patrie est partout où rayonne la France,
Où son génie éclate aux regards éblouis !
Chacun est du climat de son intelligence;
Je suis concitoyen de tout homme qui pense :
La vérité, c'est mon pays ! 65
Roule libre et paisible entre ces fortes races Dont ton flot frémissant trempa l'âme et l'acier, El que leur vieux courroux, dans le lit que tu traces, Fonde au soleil du siècle avec l'eau du glacier !
'iT. Arminias (on IT"rm-"in). Célèbre chef germain, qui massacra les lé- ; i ^ ri \iij;i'stp flans la luret de 'i'eutberg (9 ap. J.-C).
i.h. L'aiiKiif <.r. l, 22.
[)(i. hnir& l liumanité La correctioa exigerait : entre les hommes.
61. Où rayonne la France. La France crut luissidiiiH'iiienl, de 1789 * iS-'lS, qu'elle avait pour mission d éclairer le monde et de gagner à la liberté tous les peuples.