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XLVIII LAMARTINE : OEUVRES CHOISIES

lisalions, les sociétés, les législations imparfaites ou altérées par les erreurs et les ignorances des âges ténébreux qu'elles ont traversés ; elle veut reposer, en religion, Dieu un et parfait pour dogme, la morale éternelle pour symbole, ladoration et la charité pour culte; — en politique, l'humanité au-dessus des nationalités ; — en législation, l'homme égal à l'homme, l'homme frère de l'homme ; la société comme un fraternel échange de services et de devoirs réciproques, régularisés et garantis par la loi, le christianisme législaté ! * »

11 est aisé de voir quelle place reste, dans une politique ainsi comprise, à la poésie, et quelle inspiration la poésie peut, à son tour, recevoir de cette politique. Le Résumé politique du Voyage en Orienta, pour complément le Discours des Destinées de la poésie (1834) que Lamartine adjoignit en guise de préface aux Méditations, vaste manifeste philosophico-poétique, sorte de prophétie littéraire que l'avenirneréalisaqu'en partie etquetout dans le présent semblait démentir. Aulendemain de l'immense effusion lyrique du romantisme, à l'heure où Hugo poursuiténergiquement ses essais dramatiques, Lamartine écrit avec assurance : (c Elle (la poésie) ne sera plus lyrique dans le sens où nous prenons ce mot; elle n'a plus assez de jeunesse, de fraîcheur, de spontanéité d'impression, pour chanter comme au premier réveil de la pensée humaine. Elle ne sera plus épique.... Elle ne sera plus dramatique.... La poésie sera de la raison chantée, voilà sa destinée pour longtemps ; elle sera philosophique, religieuse, politique, sociale, comme les époques que le genre humain va traverser. » Et à cette première mission de la poésie Lamartine en ajou-te une autre : « A côté de cette destinée philosophique, rationnelle, politique, sociale, de la poésie à venir, elle a une destinée nouvelle à accomplir:... elle doit se faire peuple, et devenir populaire comme la religion, la raison et la philosophie. »

On verra dans quelle mesure Jocelyn, la Chiite d'un Ange, certaines parties des Recueillements devaient répondre à ces hauts pressentiments, puis quelles raisons engagèrent Lamax'tine à ne plus poursuivre qu'en prose, par le roman ou la critique, cette œuvre de vulgarisation poétique dont il avait tracé le programme si hardiment.

La dernière période de la carrière poétique de Lamartine

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