‹ Oevres complètes de J.J. Rousseau, Volume 4Chapitre 142 sur 160 · LIVRE IV. 3n · texte numérisé non relu

LIVRE IV. 3n

«Non, monsieur; ce froût baisse, ce regard ti- «mide, cette démarche incertaine, ne m'ailnen- « cent que l'esclave titré d un électeur, n

Je ne sais si ce jugement montre une grande connoissance du vrai rapport qui est entre le caractère dun homme et «on extérieur.- Poujr moi, qui n'ai pas l'honneur d'être maître à damer, j'aurois pensé tout le contraire. ' J'aurois dit: «' Cet « Anglois n^est pas courtisan ; je n'ai jamais ouï dire « que les courtisans eussent le .front baissé et la « démarche incertaine : un homme timide cbez.un « danseur pourrait bien ne l'être pasdans la cham- « bre des communes. » Assurément ce M. Marcet là doit grendre ses compatriotes pour autant de Romains.

Quand ouraime o^ veut être aimé. Éflpûle aime * les homiftès , il veut donc leur plaire. A plus forte > raison il veut plaife aux femmes.; son âge, ses mœurs, son projet, tout concourt à nourrir en lui ce désir. Je dis ses moeurs , car elles y font beaucoup*; les hommes qui en ont sont les vrais adorateurs des femmes. Ils n'ont pas comme les autres je ne sai» quel jargon moqueur de galanterie; mais ils ont un empressement plus vrai, plus tendre,

turc l'idée, au point qu'on n'y conçoit plus rien. Un homme qui vient de m'écrire beaucoup de bêtises contre la Nouvelle Hélo\se f a orné sa signature du titre de citoyen de Paimboiuf, et a rru me faire une excellente plaisanterie.

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et qui part du cœur. Je cotinoîtrois près d une jeune femme un homme qui a des mœurs et qui commande à la. nature, entre* cjent mille débauchés. Jugez de ce que doit être,Émile avecun tempérament tout^neuf, et tant de raisons d Y résister ! Pour auprès d'elles, je ci#is qull sera quelquefois timide et embarrassé; mais sûrement cet embarras ne leur déplaira pas, et les moins friponnes nauront encore que trop souvent l'art d'en jouir et de l'augmenter. Au reste , son empressement changera sensiblement de forme selon les états. Il sera plus modeste et plus respectueux pour les femmes, plus vif et plus tendre auprès des filles à marier. Il ne perd point de vue l'objet de ses recherches, et c'est toujours à ce qui les lui rappelle qu'il marque le plus d'attention. ,

Personne ne sera plus exact à tous les égards fondés surl'ordredela nature, et même sur le bon ordre de la société; mais les premiers seront toujours préférés, aux autres; et il respectera davantage un particulier plus vieux que lui, qu'un magistrat de son âge, Ltant dpnc pour l'ordinaire un des plus jeunes des sociétés* où il se trouvera, il sera toujours un des plus modestes, non par la vanité deparoîtpe*humble, mais par un sentiment naturel et fondé sur la raison, tl n'aura point l'imper tinent savoir-vivre dïmj eune fa t, qui, pour amuser la compagnie , parle plus haut c|ue les sages et

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