‹ Oevres complètes de J.J. Rousseau, Volume 4Chapitre 62 sur 160 · DU VICAIRE -SAVOYARD · texte numérisé non relu

DU VICAIRE -SAVOYARD

Mon enfant, n'attendez de moi ni des discours savants ni de profonds raisonnements. Je ne suis pas un grand philosophe, et je me soucie peu de l'être. Mais j'ai quelquefois du bon sens, et j'aime toujours la vérité. Je ne veux pas argumenter avec vous, ni même tenter de vous convaincre; il me suffit de vous exposer ceque je pense dans la simplicité de mon cœur. Consultez le vôtre durant mon discours; c'est tout ce que je vous demande. Si je me trompe, c'est de bonne foi ; cela suffit pour que mon erreur ne me soit point imputée à crime : quand vous vous tromperiez de même, il y auroit peu de mal à cela. Si je pense bien, la raison nous est commune, et nous avons le même intérêt à l'écouter : pourquoi ne penseriez-vous pas comme moi?

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