‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 11 sur 351 · XVI NOTICE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE

Immolé à trente-un ans, André Chénier s'était déjà distingué dans la carrière des lettres : ses productions en vers et en prose annonçaient un écrivain d'un goût pur, d'un esprit étendu et d'un rare talent. Sa mère, qui l'a pleuré quatorze ans, demeura, tant qu'elle vécut, avec Marie-Joseph Chénier; et c'était lui qui la consolait, si le charme de la douleur partagée doit s'appeler consolation ^..

Une femme célèbre , que Chénier comptait au nombre des écrivains dont la littérature française devait s'enorgueillir 2, l'a jugé lui-même avec beaucoup moins d'équité ^. Elle ne cite pourtant , de toute sa conduite politique , que deux faits fort honorables l'un et l'autre, savoir : ce qu'il fit pour M. de Talleyrand, gui lui dut son rappel, et pour Dupont de Nemours, qu'il parvint à sauver. Madame de Staël trouve ces deux actions assez belles pour s'y associer elle-même; et, sans doute, elle était fort digne de les suggérer; car on l'a vue, dans toutes les circonstances difficiles, empressée à rendre des services courageux; et les périls de tous les hommes de mérite, y compris Chénier ^, ont toujours vivement excité son zèle. Il était l'un de ceux dont elle recherchait le plus la société : on la rencontrait chez lui ; on le remarquait parmi les membres du Corps législatif et de l'Institut qu'elle se plaisait

1 . Voyez les vers 1 2 9 - 1 56 du Discours sur la Calomnie , tome IIl des CEUvres anciennes , présente édition.

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