‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 5)Chapitre 95 sur 180 · SUR LES CAMPAGNES D'ITALIE · texte numérisé non relu

SUR LES CAMPAGNES D'ITALIE

« Mes languissantes mains tenaient l'urne d'Emile... « IVJais j'ai de mon bonheur des présages certains; « Et les dieux adoucis m'accordent tes destins. « Regarde autour de toi : Cette terre est captive; cf Du Tibre sans honneur vois l'aigle fugitive « Abandonnant la foudre à l'aigle des Germains; « Au joug accoutumés, les enfans des Romains « Ne savent plus rougir au nom de leurs ancêtres; « L'Empire et ses soldats, la tiare et les prêtres, « De l'Italie en pleurs s'arrachent les lambeaux; « Rome, veuve et muette, erre au fond des tombeaux. « Qu'aux bords de l'Eridan, de l'Adige et du Tibre, « Le peuple roi s'éveille aux chants du peuple libre! « A l'auguste Vesta rends ses feux immortels! « Chez les enfans de Mars que Mars ait des autels ! « Que le Dieu qu'invoquaient Décius et Scévole « Rallume encor sa foudre, et veille au Capitole! » Elle dit : d'un coup d'œil elle implore les cieux , Et fuit dans l'épaisseur des bois silencieux.

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