‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 5)Chapitre 96 sur 180 · POÈME EN QUATRE CHANTS · texte numérisé non relu

POÈME EN QUATRE CHANTS

FRAGMENS

J E dirai l'art des plans , et des mœurs et du style , Et la scène française en obstacles fertile.

Vous tous , qui recherchez les palmes de la scène , Soit que vous courtisiez Thalie ou Melpo-mène , Cependant qu'à mes yeux les couleurs du printems A peine encor vingt fois ont embelli nos champs, Excusez de mes vers la généreuse audace; Pardonnez si, nourri dans l'école d'Horace, J'ose vous ramener aux principes sacrés Des Jodelles nouveaux sottement abjurés!

Et toi , de l'Hélicon législateur sévère ! Lorsque je vois tes pas écrits dans ma carrière,

I. Chénier n'avait pas vingt ans lorsqu'il entreprit ce poëme.

Mon génie étonné, dépouillant sa vigueur, S'abandonne aux conseils d'une oisive langueur. Mais quel espoir soudain me luit et me ranime! Si j'en crois cet espoir, de ta raison sublime Le céleste flambeau va marcher devant moi; Et tu viendras m'aider à lutter contre toi. Allons, amis! surtout, si vous aimez la gloire. De mes saintes leçons gardez bien la mémoire. Aux champs élysiens , sous ces berceaux fleuris D'où se dessine au loin le fastueux Paris , Venez, je vous attends ^ Des plus nobles mystères Venez tous écouter mes chants dépositaires. Du Louvre, ô mes amis! le faîte couronné Réfléchit les regards de l'amant de Daphné; La splendeur du matin perce nos doux ombrages; Ils ont des longs frimas oublié les outrages; Le fleuve, qui s'avance à pas majestueux, Ralentit à ma voix ses flots respectueux; Tout m'inspire et m'écoute, et je vois sur ces rives Doucement s'approcher les nymphes attentives.

Que le sujet d'abord énoncé clairement S'enflamme d'acte en acte, et vole au dénoûment; Qu'entre elles avec art les scènes enchaînées. Sans peine et sans effort, du sujet semblent nées; Qu'un seul fait, jusqu'au bout sachant m'intéresser,

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