CHAPITRE V
Histoire de sir William Wallace.
Je vous ai dit, mon cher Hugh, qu'Edouard P' avait presque réduit l'Ecosse à la condition d'un pays conquis , bien qu'il l'eût 'soumise moins par sa bravoure que par son adressé à profiter des troubles et des divisions qui suivirent la mort d'Alexandre III.
Cependant les Anglais avaient en leur pouvoir le pays tout entier, et le gouvernaient avec une extrême rigueur. Le grand-juge Ormesby faisait comparaître à son tribunal tous ceux qui refusaient de prêter serment de fidélité au roi d'Angleterre. Un grand nombre d'Ecossais ne voulurent pas se souïnettre à cette formalité, soutenant que le roi d'Angleterre n'avait pas le droit de l'exiger. Ils furent cités en justice , condamnés à de fortes amendes , privés de leurs biens , ou frappés de quelque autre punition sévère. De son côté , Hughes Gressingham , le trésorier anglais^, persécutait le peuple en lui extorquant à chaque instant de l'argent sous quelque nouveau prétexte. Les Ecossais avaient toujours été pauvres, et leurs rois, qui les traitaient avec bonté, en exigeaient rarement des impôts. Ce fut donc avec indignation qu'ils se virent forcés de donner au trésorier anglais bien plus d'argent que leurs souverains ne leur en avaient jamais demandé , et leur mécontentement fut porté au comble.
Ces persécutions n'étaient point les seYiles auxquelles ils fussent exposés. Les soldats anglais qui, comme je vous l'ai dit, avaient été mis en garnison' dans les places fortes traitaient les Ecossais avec le plus profond mépris, s'emparaient de vive force de tout
ce qui leur conTenait; et si les propriétaires essayaient .de leur résister, ils les maltraitaient , les blessaient » les tuaient même quelquefois. Ces actes de violence , n'étant ni punis ni réprimés par les officiers anglais , se renouvelaient à chaqu^e instant. L'Ecosse était donc plongée dans la plus grande détresse , et le^ habitans y au comble de l'exaspération , n'attendaient qu'un chef pour se lever en masse contre les Anglais» ou les Hommes du Sud, comme ils les appelaient , et pour rétablir la liberté de leur pays qu'Edouard P*" avait si complètement détruite.
Ce chef se présenta dans la personne de William Wallace, dont le nom est encore si souvent prononcé en Ecosse. C'est grand dommage que nous ne connaissions pas exactement l'histoire d'un si brave guerrier ; mais à l'époque où il vivait , chacun était si occupé à se battre , que personne ne songeait à écrire ce qui se passait; et plus tard 9 lorsqu'on voulut le faire, la vérité se trouva mêlée de beaucoup d'erreurs. Ce que je vous dirai de lui est re^ gardé généralement comme authentique.
William Wallace n'était pas de la hante noblesse d'Ecosse; c'était le fils d*un simple gentilhomme , nommé Wallace d'EUersliei dans la province de Renfrew près dç Paisley . Il était grand et bien fait, et de grandes boucles de cheveux blonds ajoutaient encore aux grâces de sa figure. C'était l'un deà guerriers les plus forts et les plus braves qu'on ait jamais vus , et personne ne maniait plus adroitement que lui toutes les armes qui étaient alors en usage.
Comme tous les Ecossais d'une ame élevée, Wallace était transporté d'indignation à la vue des persécutions qu'on faisait endurer aux Ecossais, et de l'insolence de leurs oppresseurs. On raconte qu'étant extrêmement jeune encore, il était allé pécher dans la rivière d'Irvine près d' Ayr ; il avait pris une assez grande quantité détruites, qu'un enfant, dont il s'était fait accompagner, rapportait dans un de ces paniers à l'usage des pécheurs. Deux ou trois soldats anglais, de la garni^n d' Ayr, s'approchèrent de lui, et, avec leur insolence ordinaire, ils voulurent prendre les poissons. Wallace consentit à leur en donner une partie, m^is il refusa de leur abandonner le panier tout entier; les soldats insistèrent, et des paroles ils en vinrent aux coups. Wallace n'avait pour toute arme que le bout de sa ligne ; mais il en donna un coup si terrible sur l'oreille de celui de ses agresseurs qui était le plus près de lui, qu'il retendit mort à ses pieds; puis , s'emparant de son épée, il 8^en servit avec tant d'adresse et d'impétuosité, qu' jl mit les autres
m HISTOntB O'ECOMBf.
en ftiite, el retrîni ehez kii a^ee le produit de sa péehe, qu'il availi^ ai ▼ailiaminefit défendw. Le goitvemeur d'Ayr, qui était im An^ glaiS) le fit chePoteer pour panif de mort son audace ; mai» Wallaea se tint caehé dMs les bois et les montagties, jusqu'à ce que cette affaire fût oij^liée. Il reparut alors dans une autre partie de la cou-t?ée. On racoflie qu'il eut plusieurs aventures de ce genre dans" lesquelles il se défendit bravement, tantôt seul, tantôt à la tête Je quelques compagnons, contre les attaques des Anglais, lesrepous* sant toujours quoiqu'ils fussent plus nombreux; de sorte que son nom fut bientôt fkmèux, et devint un objet de terreur pour fes oppresseurs de l'Ecosse.
Mats révènement qui le 'détermina à secouer ouvertement le joug et à prendre les armes arriva, dit«on, à Lanark. Wallace avait épousé une dame de cette ville, et il y demeurait avec elle. Urt jour qu'il traversait la plaee du marché, vêtu d'un habit vert etr portant à son côté un riche poignard, un Anglais l'aborda, et se permit de lui reprocher la recherche de sa mise, disant qu'nit Ecossais n'avait pas besoin de porter des vêtemens et des armes de cette richesse^ Il s'ensuivit une querelle, et Wallacé, ayant tué .^on insolent agresseur, se réfugia dans sa maison, qui fut assaillie' h l'instant p»r tous les soldats anglais^ Pendant qu'ils ^'efforçaient d^y pénétrer par-devant, Wallace s'échappa par une porte de derrière, et gagna im glen ^ sauvage et rocailleux, appelé Cartland- Crags, et âtué près de Lanark. Ce glen était hérissé de rochers et de précipices, et tout couvert d'arbres et de broussailles ; Wallace savait qu'il y serait à l'abri des poursuites des soldats anglais. Pendant ce temps, Haaelrigg, gouverneur de Lanark, mit le fett à la maison de Wallace, et massacra sa femme et ses domestiques. Cet horrible attentat porta an dernier degré, comme vous pouvex' le croire, la haine que Wallace avait toujours nourrie contre les Anglais. Hazelrigg le déclara aifôsi hors la loi *, et promit une ré*oompenseà celui qui lé lui ramènerait mort ou vif;*
Waltace eut bientôt rassemblé une troupe (fhommes miscommcf
.J&r hors la kri, et qui aimaient mieux se voir proscrits que de sop-
piorter plus longHemps lé joug des Anglais. Une dé ses premières
expéditions ftft dirigée- contre Hazelrigg, dont la mort vengea celte-
de sa femme. Il avait de fréquentes escarmouches avec les soldats"
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Sk- Onthvr , proêtrit. Nao» «tous en I'inmmmmi A^wxgld^pM de>»lat.pte»<l* / f " »» — tiWW Um^ tqttla plus d*an rapport Atee WàaïuÊtto di» ftalieiu.
^bi étaient envoyés contre lui , et presque toujours il en sortit vainqueur. Enfin, son nom devint si célèbre et si redoutable, que chaque jour le nombre de ses partisans augmentait, et qu'il se vit bientôt à la tête d'une armée , avec laquelle il résolut de rendre son pays à l'indépendance.
Ce fut vers cette époqu,e qu'arriva , dit-on , Tévènement mémorable connn en Ecosse sous le nom des Gratfges (PJyr{ Barris of Ayr), Le gouverneur anglais de cette ville avait invité presque toute la noblesse des provinces de Touest à se rendre auprès de lui, pour se concerter ensemble sur les affaires de la nation. Le lieu du rendez- vous était de vastes bâtimeus appelés les Granges d'Ayr. Mais le gouverneur anglais avait formé Iç perfide projet de mettre à mort tous les gentilshommes écossais. On avait suspendu 4es cordes avec des nœuds coulans aux poutres du toit : les soldats anglais les tenaient toutes prêtes, et à niesure que leurs victimes étaient introduites deux à deux , ils leur jetaient le nœud coulant autoar du cou^ et les malheureux étaient à l'instant même pendus on étranglés sans miséricorde. Parmi ceux qui périrent dans cette lâche et infâme boucherie, était, dit-on^ sir Ranal Crawford, sheriff du comté d'Ayr, et oncle de William Wallace.
Lorsque celui-ci apprit ce qui était arrivé, sa fureur ne connut plus de bornes, et, rassemblant ses troupes dans un bois voisin de la ville, il résolut de tirer vengeance des auteurs de cette atrocité. Pendant ce temps, les Anglais faisaient grande chère, et lorsqu'ils avaient bien bu et bien mangé, ils se i étiraient pour dormir dans les mêmes granges où ils avaient fait pé ir tant de nA^les écossais. Wallace ayant appris que les Anglais sans défiance, ne soupçonnant pas des enâemis si près d'eux, n'avaient pas même de sentinelles , chargea une femme qui connaissait les lieux de marquer avec de la craie les portes des maisons où se trouvaient les Anglais. Alors il envoya un détachement de ses gens, ^ , avec de fortes cordes , attachèrent les portes en dehors, de manière que ceux qui étaient en dedans ne puisent les ouvrir. Les Ecossais placèrent tout autour de grosses bottes de paille, y mirent le feu, et les granges, qui étaient en bois, ftirent bientôt enflammées. Les Anglais s'éveillèrent en sursaut, et voulurent se précipiter dehors pour sauver letir vie ; mais les portes étaient barricadées , et en outre les maisons incendiées étaient entourées par lès Ecossais repoussant dans le ffeu< les malheureux qui parvenaient à s'échapper, ou les massacrant snr la place; Il en périt ainsi uii^
grand nombre; Plusieurs Anglais étaient logés dans on coayent>. mais ils n'eurent pas un sort plus heureux que les autres. Le prieur du couvent fit prendre les armes à tous ses moines, tomba sur ses *hètes àrimproviste, et les passa presque tous au fil de Tépée. Ce trait fut appelé la Bénédictioa du prieur d'Âyr. Nous ne pourrions répondre de l'exactitude de cette histoire ; mais il est probable que Je fond en est vrai , car il n'est personne qui n'y ajoute foi dans le pays.
Le parti de Wallace devenait de jo^r en jour plus considérable. Plusieurs nobles écossais se joignirent à lui, entre autres sir William Douglas^ lord de Douglasdale, et chef d'une grande famille dont il est souvent question dans l'histoire d'Ecosse, et sir John Grahame, qui devint l'ami^et le confident le plus intime de Wallace. Cependant plusieurs de ces grands seigneurs abandonnèrent la cause nationale à l'approche du gouverneur anglais, le comte de Surrey, qui s'avançait à la tête d'une armée nombreuse et bien disciplinée. Ils crurent que Wallace ne pourrait jamais résister à des forces si considérables, et ils se hâtèrent de se soumettre , de peur de perdre leurs possessions. Mais le courage de. Wallace n'en fut pas ébranlé, et il se trouva encore à la tête d'une nombreuse armée. Il avait établi son camp sur la rive septentrionale du Fortfa , près de la ville de Stirling. La rivière y était traversée par un long pont de bois, un mille environ au-dessus de l'endroit où a été construit celui qui existe aujourd'hui.
Le général anglais s'approcha des bords de la rivière du côté du sud. Il envoya deux ecclésiastiques offrir grâce à Wallace et à ses soldats, à condition qu'ils mettraient bas les armes. Mais^ae n'était pas l'intention du courageux champion de l'Ecosse.
— Retournez auprès du comte de Surrey, leur répondit-il ; dites- ' lui que nous ne faisons aucun cas du pardon du roi d'Angleterre;, nous ne sommes pas ici pour traiter de la paix, mais pour nous battre, et pour rendre notre pays à la liberté! Que les Anglais s'approchent, nous les défions; nous les bravons jusqu'à leur barbe.
Lorsque les Anglais apprirent cette fière réponse, ils demandèrent à grands cris qu'on les menât au combat. Le comte de Surrey hésitait; car c'était un général habile, et il voyait que, pour approcher de l'armée écossaise, il fallait traverser un pont long et étroit, en sorte que les troupes qui passeraient les premières pourraient être attaquées par }es forces réunies de Wallace avant
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que celles qui seraient derrière fussent à portée de l6B secourir^ Il penchait donc pour différer la bataille; mais Cressingham , le trésorier, qui était rempli d'ignorance et de présomption^ prétendit qu'il était du devoir du général de combattre et de terminer la guerre d'un seul coup ; et Surrey se rendit à son opinion, quoique Cressingbam, en sa qualité de prêtre, ne pût être un aussi bon juge de ce qu'il conyenait de faire, qu'un officier plein d^npérien'ce comme lui.
L'armée anglaise commença à traverser le pont, Cressingham. conduisant l'avant-garde ; car dans ces temps de guerres continuelles , les prêtres portaient l'armure et marchaient au combat». Ce que Surrey avait craint arriva. Wallace laissa passer sans obstacle une partie de l'armée ahglaise; maïs lorsque la moitié à peu près fut arrivée sur l'autre bord , et que le pont fut encombré par ceux qui suivaient , il attaqua les Anglais à la tête de toutes ses troupes, en tua un grand nombre, et repoussa le reste dans la rivière, où ils se noyèrent presque tous. Ceux qui étaient restés sur la rive opposée s'enfuirent en désordre , après avoir mis le feu au pont de bois , pour que leurs ennemis ne pussent les poursuivre» Cressingham fut tué au commencement de l'action ; et telle était la haine qu'il inspirait aux Ecossais, que ceux-ci enlevèrent la peau de son corps et s'en partagèrent les lambeaux, pou];les conserver en mémoire de la vengeance qu'ils avaient tirée du trésorier anglais. On prétend même que quelques-uns firent avec cette peau des sangles de cheval , nsage auquel je ne crois pas qu'elle pût être Êicilement employée. Il faut avouer que c'est une tache pour les Ecossais d'avoir insulté le corps mort de leur ennemi, et cela montre qu'ils étaient encore plongés dans la barbarie.
Les dâ>ris de la grande armée de Surrey abandonnèrent l'Ecosse après cette défaite; alors toute la population se leva en masse, attaqua les forteresses qui étaient encore au pouvoir des Anglais^ et les prit, les unes de vive force, les autres par adresse. On raconte à ce sujçt une foule d'histoires plus surprenantes les unes que les antres sur les exploits de Wallace; quelques-unes sont incontestables, d'autres sont inventées, ou du moins peuvent être taxées d'exagération. Ce qui paraît certain, c'est qu'il reprit toutes les forteresses, battit les Anglais à plusieurs reprises, et les chassa presque entièrement de l'Ecosse, qui recouvra momentanément son entière indépendance. Il pénétra même en Angleterre, et dé»
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Yftsta le Cmnberlaiid et le Northmnbertand. Le» soHatd éeessaisy^ comnirent de grandes craatités pour se venger de tout ce q«e les Anglais leur avaient fait souffrir. Wallaee n'approuvait pas qu'ils massacrassent les habitansqm n'avaient pas d'armes, et it s'effor» çatit de protéger les prêtres et tous ceux qui ne pouvaient se défendre eui^-mémes. — Restez près de moi, dit*il aux prêtres d'Hexham, ville considérable du Nôrthumberland , car je ne pourrais vous sauver de la fureur de mes soldats si vous n'étiez pas ^ mes cfttés. Wallaee n'avait pas d'argent à donner à ses troupes; elles ne recevaient aucune paie, et c'était une des grandes raisons pour les(}nelles il ne poflvait réprimer leurs excès, ni les empêcher de faire beaucoup de mal à ceux mêmes qui n'oppoâaientJlucune résistance. Us restèrent plus de trois semaines en An^terre, et j commirent de grands ravages»
Edouard P' était en Flandre lors de tims ces évènemensw Vous pouvez vous figurer de quelle fureur il fût transporté lorsqu'il apprit que les Ecossais, qu'it croyait avoir entièrement soumis, étaient en insurrection complète, qu'ils avaient battu ses armées, tué son trésorier, \;liassé ses soldats de toute la contrée, et envahi l'Angleterre avec des forcés nombreuses. Il revint de Flandre en toute hâte, déterminé à ne pas quitter l'Ecosse qu'ail ne l'eût com« plètement subJ4igttée; et ayant assemblé une très belle armée, il s^aranca contre les rebelles. Ceux-ci, de leur cftté, réunirent toutes leurs forces, et élurent Wallaee protecteur ou gouverneur de TE» cosse, parce qu'alors ife n^ avaient point de roi. Ce fut de ce moment qu'on lui donna le titre de sir William Wallaee. Mais quoiqu'il f(^t, comme nous Savons vu, le plus brave, le plus habile guerrier de toute TEcosse, et par conséquent le plus propre à commander l'armée dans ce moment de crise, lorsque le roi d'Angleterre s''avançait contre eux avec des forces si imposantes, les nobles éc^ossais se montrèrent mécontens de ce choix , parée que Walbce n^avàit pas une naissance illustre et qu'il ne possédait pas de vastes pro* priétés. Leur jalousie contre le nouveau gouverneur était si grande; qti'ils ne semblaient p^s trësr disposés a réunir leurs troupes et à nSarcher confire Edouard, parce qu'ils neToulaient pas de Wallaee pour letfr général. C'étatit une conduite vile et méprisaliie, et il en résulta de grands désastres pour l'Bcosse. Cependant, malgré les mauvaises dispositions de la haute noblesse, Wattaee ressembla une nombreuse armée; car le peuple kn était très attaché, fi
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marcha hardiment à la rencontre d^Kdonard, et il le joignit près la tiUe de Falkirk ^ . Presque tons ses soldats étaient à pied, parce que dan» ce temps , je Yons l'ai déjà dit, les nobles* senta combat* taient à eheval. (Edouard avait, an contraire, la pins belle cavalerie dtt monde, composée de cavaliers anglais et couverts d'armures complètes. Il était accompagné des célèbres archers d'Angleterre, qn'on disait porter la vie de douze Ecossais à leur ceintm*e, parce qne chacun d'eux portait douze flèches rangées dans son ceinturon, et qu'ils passaient pour ne Jamais manquer leur coup.
Les Ecossais avaient aussi quelques bons archers de la forêt d'Ettrick, qui combattaient sous les ordres de sir John Stewart de Bonkil; mais ils étaient loin d'égaler en nombre les archers anglais. La pins grande partie de Tarmée écossaise se composait de fantassins armés de longues piques. Ils marchaient serrés 4es uns contre les antres , et les pointes de leurs piques étaient si rapprochées entre elles, qu'elles formaient comme un rempart qu'il semblait impossible de rompre. Quand les deux armées forent en présence, Walface dit à ses soldats : — Je vous ai amenés au bal , montrezmoi comment vous dansez ; voulant dire : — Je vous ai amenés sur le champ de bataille, v/)yons si yons combattrez vaillamment.
Les Anglais commencèrent l'attaque sans se laisser intimider par la contenance fière et martiale des Ecossais , et par le redou* table mur hérissé de pointes. Edouard donna ordre à sa cavalerie de charger, et aussitôt elle avança à bride abattue. Ce dut être une diosc terrible que de voir ces beaux chevaux s'élancer an grand galop sur ces longues lances que leur opposaient les Ecossais ; et des cris afFreux s'élevèrent en même temps du champ de bataille. Les Ecossais soutinrent bravement le choc. La plupart de» che* vaux des Anglais qui se trouvaient au premier rang tombèrent morts , et leurs cavaliers, accablés sous le poids de leurs armure» (foi les empêchaient de se relever, ftirent massacrés. La cavalerie' écossaise, au, lieu de soutenir l'infanterie, abandonna lâchement' le: champ de bataille. On suppose, que ce fut une traihison de la part fc ta noblesse, qui haïssait WaUace. Cepenthnt il tant considérer î«e les cavaliers écossais étaient eii très petit nombre, qu'ils étaient' mai armés', . et que leurs chevaux étaient loin de valoir ceux dé* leurs ennemis. Les Anglais firent pbsieurs charges sans en obtenir' phis èe succès^ leurs efforts étiaiem impuissant sur les rangs pro-