‹ oevres walter scottChapitre 11 sur 42 · I. D'Edimbomg à Stirliof · texte numérisé non relu

I. D'Edimbomg à Stirliof

fonds et inébranlables des soldats de Wallace ; ils furent continuellement repousses, et ne purent pénétrer an travers de cette ^ /or/t de lances, comme l'appelle un historien anglais. Alors j Edouard donna ordre à ses archers d'avancer; ils obéirent, et lors qu'ils furent tout près des rangs écossais, ils firent pleuvoir sur eux une grêle siterriblede flèches, qu'il fut impossible de soutenir cette attaque. Au même instant sir John Stewart se tua en tombant de cheval, et les archers de la forêt d'Ettrick qu'il amenait pour les opposer à ceux d'Edouard tombèrent autour de lui. On reconnut leurs cadavres après la bataille, parce qu'ils étaient les plus grands et les plus beaux hommes de l'armée.

Les pertes nombreuses que les archers avaient fait éprouver à l'infanterie écossaise mirent un peu de désordre dans ses rangs affaiblis. Edouard, saisissant ce premier moment de confusion, ordonna une nouvelle charge de sa pesante cavalerie : cette fois elle parvint à se frayer un passage.

Sir John Grahame, l'ami et le compagnon de Wallace, fut tué à la tête de son corps , et les Ecossais , ayant perdu encore un grand nombre des leurs, furent enfin obligés de prendre la fuite.

Cette faule bataille eut lieu le 22 juillet 1298. Sir John Grahame fat, enterré dans le cimetière de Falkirk. On éleva sur sa tombe un monument que l'on a renouvelé trois fois depuis sa mort« et qui porte cette insicription : « Cî-git sir John Grahame, le fidèle ami de Wallace , aussi recommandable par sa prudence que par son courage, quifattuépar les Anglais les arme^ àlamain. a

On montra long-temps, dans la forêt voisine, un énorme chêne sous lequel on prétendait que Wallace avait dormi avant la bataille, ou dans lequel, suivant d'autres, il s'était caché après sa défaite.

Il y a près de quarante ans, votre grand-papa vit encore quelques racines de cet arbre , mais déjà le tronc était tombé , et aujourd'hui il n'en reste pas le moindre vestige.

Il paridt qu'après la terrible bataille de Falkirk, Wallace se démit de ses fonctions de gouverneur d'Ecosse. Plusieurs nobles furent nommés gardiens du royaume, et continuèrent de com^ battre les Anglais. Ils remportèrent sur eux plusieurs avantages^ entre autres près de Roslin, où John Comyn de Badenoch, Pua des gardienç de l'Ecosse , et un des chefs les plus distingués» nommé Simon Fraser, battirent trois divisions de l'armée anglaise en un seul jour.

Cependant le roi d'Angleterre avait tant d'argent et tant de moyens de lever des troupes , qu'à chaque instant de nouvelles armées étaient envoyées contre ia malheureuse Ecosse, et que les nqbles et les grands se virent forcés Tnn après l'autre de se souinettre de nooveau à son joug. Wallace seul, à la tête d'un petit nombre de soldats, refusa de reconnaître le pouvoir de l'usurpateur et de déposer les armes.

Sept ans encore après la défaite de Falkirk, lorsque, depuis plus d'an an, tous les autres défenseurs de la liberté nationale avaient mis bas les armes, il maintenait seul son indépendance au milieu des bois et des montagnes de son pays.

Les Anglais publièrent une foule de proclamations contre lui, et mirent sa tête à prix ; car Edouard pensait qu'il ne pourrait compter sur la tranquille possession du royaume qu'il avait usaq)é, tant que Wallace vivrait. Enfin il fut fait prisonnier, et, ilfaatledire en rougissant, ce fut un Ecos$ais, nommé sir John Menteith, qui le prit et le livra aux Anglais. On croit généralement que ce fat à Robroyston, près de Glascow, qu'il fut arrêté. C'est une ancienne tradition du pays que le signal convenu auquel on devait se jeter sur lui était de retourner un pain sur la table, de manière à ce que le c6té plat se trouvât par-dessus. Ce fut un de ses prétendus amis qui se chargea de le donner : aussi dans la suite était-ce regardé comme une impolitesse de placer un pain de cette manière, s'il se trouvait une personne du nom de Menteith parmi les convives, puisque c'était lui rappeler qu'un Menteith avait trahi William Wallace , le champion de l'Kcosse.

Il n'est pas bien certain que sir John Menteith soit €n effet celui qui donna le signal ; mais ce qui est prouvé, c'est que ce fut lui qui le fit prisonnier et qui le livra aux Anglais, flétrissure qui est toujours restée à son nom et à sa mémoire.

Edouard, ayant ainsi en son piouvoir celui qu'il considérait comme le plus grand obstacle à rentier assujettissement de l'Ecosse, résolut défaire un exemple qui effrayât ceux qui seraient tentés à l'avenir de s'opposer à ses projets ambitieux. Il fit amener Wallace à Westminster-Hall, et là il lé fit compftraître devant des juges anglais, couronné par dérision d'une guirlande verte *, puisque , disait-il , il avait été roi de proscrits et de bri-

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